Progressive Trance
Trance · 1994 · 128 à 138 BPM · aussi appelé Prog Trance, Progtrance
La trance qui apprend la patience du progressive : moins de refrains hurlés, plus de trajectoires, des basses roulantes et des couches qui s'assemblent sur dix minutes. Années 1990 chez Platipus, âge d'or au tournant 2000, puis renaissance mélodique portée par Anjunabeats. C'est le versant de la trance que les puristes du club ont toujours préféré à ses hymnes.
16 morceaux de référence
- F2 : Dominica (1994)
- The Aloof : Agent O (Life's A Gas mix) (1994)
- Paul van Dyk : Emergency (1994)
- Sasha & John Digweed : Northern Exposure (1996)
- Gabriel And Dresden : Tracking Treasure Down (2006)
- Tinlicker & Helsloot : Because You Move Me (2021)
- Grum : Afterglow (2019)
- Ilan Bluestone Feat. Giuseppe De Luca : What Do You Want From Me? (2021)
- Paul van Dyk & Weekend Heroes Ft. Christian Schottstaedt* : Venture X (2023)
- Armin van Buuren & Omnia : Love (2025)
- Above & Beyond : Tri-State
- Armin van Buuren : Orbion
- Ferry Corsten : Beautiful
- Above & Beyond : Hope
- Gouryella : Tenshi
- Armin van Buuren : Mirage
Fiche technique
- Tempo : 128 à 138 BPM
- Apparition : vers 1994
- Machines : Access Virus, Roland JP-8000, Akai S3000, Steinberg Cubase
- Le son : Basse roulante en croches, Arpèges superposés, Nappes évolutives, Percussions discrètes
- Labels : Anjunabeats, Hooj Choons, Platipus, Colorize, Bonzai, Zerothree
- Artistes clés : Way Out West, Quivver, Above & Beyond, Jaytech, Genix
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
128 à 134 BPM, à peine plus rapide que la progressive house dont elle emprunte la patience. Grille droite, mais le groove vient de la basse roulante en croches et en doubles croches, pas des drums. Une piste se pense sur 10 minutes et en blocs de 32 mesures : chaque bloc change une seule chose. Le feel est fluide, jamais saccadé, et les transitions se font par fondus de filtres plutôt que par coupures. Above & Beyond et Jaytech sont vers 130-132, Way Out West et Quivver un peu plus bas dans les années 1990. Si la piste semble statique, ajoute une couche de doubles croches, pas de tempo.
La rythmique
Le kick est moins dominant que dans l'uplifting : un 909 court ou un kick échantillonné plus sec, decay 200 ms. La caisse claire est remplacée par un clap fin ou un rimshot, à bas volume. Les charleys sont en doubles croches avec des vélocités variées, 100 puis 60, pour créer le roulement. Percussions discrètes : shakers, un conga filtré, un tick métallique décalé sur la double croche. Pas de roulement de caisse claire de 8 mesures : les montées se font avec du bruit blanc filtré et des cymbales inversées. Un bloc de 4 mesures de drums doit sembler rouler tout seul.
La basse
La basse roulante est la signature. Une dent de scie Virus ou JP-8000, cutoff autour de 350 Hz, notes en croches sur la tonique avec des doubles croches ajoutées sur les temps 2 et 4, ou l'alternance tonique et octave en doubles croches continues. Sidechain net depuis le kick, ratio 6:1, release 120 ms : c'est le pompage qui fait rouler. La basse suit la progression d'accords, tonique, sixte, quarte, quinte sur 8 mesures. Une deuxième couche de sub sinus tient les rondes sous 60 Hz. Coupe la basse principale en passe-haut à 80 Hz et laisse le sub seul en bas.
Les sons
Les arpèges sont superposés : un premier en croches, un second en doubles croches, un troisième en croches pointées, chacun avec un timbre et un filtre différents. Le livre d'Attack conseille des sons courts et pincés pour les arpèges, attaque instantanée et decay bref, et de convertir l'arpégiateur en MIDI pour déplacer quelques notes d'une octave : c'est exactement la technique ici. Les nappes évoluent lentement avec un LFO sur le cutoff, période de 8 mesures. Plucks Virus avec delay ping-pong. Pas de supersaw énorme, ou alors bas dans le mix. Les mélodies sont courtes et répétées, jamais un hymne.
L’arrangement
Dix minutes qui ne dramatisent rien. Intro de 64 mesures pour le DJ avec drums et basse filtrée. Une couche toutes les 16 mesures : arpège 1, nappe, arpège 2, pluck. Le premier break enlève le kick mais garde la basse filtrée et les arpèges. Contrairement à l'uplifting, le break ajoute un élément au lieu de tout retirer. Le drop est un retour du kick sans crash, sans roulement, presque discret. Un second break plus long au milieu, avec un changement d'accord. Puis retrait des couches dans l'ordre inverse. Le morceau est une trajectoire : à tout moment, quelque chose est en train d'apparaître ou de disparaître.
Le mix
Le mix progressive est propre et profond. Kick vers -9 dB crête, basse sidechainée juste sous lui. Tout ce qui n'est pas kick ni basse est coupé en passe-haut à 150 Hz minimum. Sidechain léger sur les nappes et les arpèges aussi, ratio 2:1, pour que le kick respire. Arpèges placés à des positions stéréo différentes : un à gauche, un à droite, un au centre. Reverb longue sur un seul retour, decay 4 secondes, prédelay 40 ms, et delay ping-pong sur un autre. Peu de saturation. Master vers -9 LUFS, sans écrasement : la profondeur exige de la dynamique.
Les plugins et machines
- Access Virus TI (machine) : Plucks et nappes évolutives, LFO lent sur le cutoff, delay ping-pong intégré. Le Virus reste sur le rack de nombreux producteurs progressive, sans émulation officielle.
- LennarDigital Sylenth1 (plugin) : Le synthé virtuel des sessions Anjunabeats : plucks courts pour les arpèges superposés, unisson modéré, pas de supersaw énorme.
- Ableton Arpeggiator (plugin) : Génère les trois couches d'arpège en croches, doubles croches et croches pointées, puis convertis en MIDI pour déplacer quelques notes d'une octave, méthode du livre d'Attack.
- u-he Diva (plugin) : Arpège pincé, preset de basse courte, deux oscillateurs désaccordés, automation du cutoff et du decay : le patch d'arpège mélodique détaillé par Attack Magazine.
- Xfer LFO Tool (plugin) : Ducking dessiné sur chaque temps pour les arpèges et les nappes, plus précis qu'un compresseur sidechain. Nicky Romero Kickstart fait la même chose.
- Roland JP-8000 (machine) : Arpèges et nappes sur les disques Platipus et Hooj Choons des années 1990. Arturia Jup-8000 V le remplace dans le DAW.
- Steinberg Cubase (daw) : Le séquenceur historique de la trance britannique et néerlandaise, toujours utilisé par Above & Beyond pour ses trajectoires de dix minutes.
- Valhalla Room (plugin) : La réverbe longue sur un seul retour, decay 4 secondes, prédelay 40 ms, qui donne la profondeur sans noyer les arpèges.
Pour commencer
- Projet à 131 BPM, kick court sur chaque temps, clap fin sur 2 et 4, charleys en doubles croches avec vélocités 100/60.
- Écris la basse roulante : croches sur la tonique avec doubles croches ajoutées, sidechain 6:1 depuis le kick, sub sinus en dessous.
- Programme trois arpèges sur la même progression d'accords, en croches, doubles croches et croches pointées, sons courts et pincés, chacun à sa position stéréo.
- Ajoute une nappe avec LFO lent sur le cutoff et un pluck avec delay ping-pong.
- Étale sur 10 minutes : une couche toutes les 16 mesures, deux breaks qui gardent la basse, un retrait symétrique.
- Coupe tout en passe-haut sauf kick et sub, puis vérifie que le morceau bouge en permanence.
À écouter en travaillant
- F2 : Dominica (1994) : la basse qui roule et les arpèges filtrés, le progressive des débuts chez Platipus
- Sasha & John Digweed : Northern Exposure (1996) : comment un mix construit dix minutes sans jamais casser le flux
- Gabriel And Dresden : Tracking Treasure Down (2006) : le break qui ajoute au lieu d'enlever, et le drop discret
- Tinlicker & Helsloot : Because You Move Me (2021) : la version moderne, plus mélodique, avec la basse toujours en croches
Sources : Connaissances générales · Attack Magazine, The Secrets of Techno Production, chapitre 39 (arpèges) · Attack Magazine, The Secrets of Techno Production · Equipboard · ProducerBox · Myloops
La filiation
Vient de
A donné
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Progressive Trance ?
La trance qui apprend la patience du progressive : moins de refrains hurlés, plus de trajectoires, des basses roulantes et des couches qui s'assemblent sur dix minutes. Années 1990 chez Platipus, âge d'or au tournant 2000, puis renaissance mélodique portée par Anjunabeats. C'est le versant de la…
À quel tempo joue-t-on le Progressive Trance ?
Entre 128 et 138 BPM. 128 à 134 BPM, à peine plus rapide que la progressive house dont elle emprunte la patience. Grille droite, mais le groove vient de la basse roulante en croches et en doubles croches, pas des drums. Une piste se pense sur 10 minutes et en…
Quels sont les artistes clés du Progressive Trance ?
Way Out West, Quivver, Above & Beyond, Jaytech, Genix.
Avec quoi produit-on du Progressive Trance ?
Access Virus, Roland JP-8000, Akai S3000, Steinberg Cubase, Access Virus TI, LennarDigital Sylenth1, Ableton Arpeggiator, u-he Diva, Xfer LFO Tool, Valhalla Room.
Dans la même famille
- Trance
- Acid Trance
- Balearic Trance
- Dream Trance
- Ibiza Trance
- Tech Trance
- Uplifting Trance
- Vocal Trance
- Euro Trance
- Anthem Trance
- Orchestral Trance
- German Trance
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