Italo Disco
Disco · 1982 · 115 à 130 BPM · aussi appelé Italo, Italo Pop
L'Italie des années 1980 fabrique un disco entièrement synthétique, mélodique et sentimental, souvent chanté dans un anglais rêvé. Les arpèges de synthétiseurs brillants et les boîtes à rythmes sèches remplacent tout ce que le disco américain avait d'organique. Méprisé à l'époque, il est devenu l'une des sources les plus pillées de la dance music, de la house de Chicago au revival synthwave.
30 morceaux de référence
- Easy Going : Fear (1979)
- Candido : Jingo (1979)
- The Immortals : The Ultimate Warlord (1979)
- Mr. Flagio : Take a Chance (1983)
- Charlie : Spacer Woman (1983)
- My Mine : Hypnotic Tango (1983)
- Righeira : Vamos A La Playa (1983)
- Ryan Paris : Dolce Vita (1983)
- Gazebo : I Like Chopin (1983)
- P. Lion : Happy Children (1983)
- Ken Laszlo : Hey Hey Guy (1984)
- Raf : Self Control (1984)
- Baltimora : Tarzan Boy (1985)
- Krystal Klear : Euphoric Dreams (2019)
- Sally Shapiro : Forget About You (2021)
- Savage : Eternity (2026)
- Ken Laszlo : Put Your Hands Up (2026)
- Jenny Dee, Nathalie Aarts : Living On A High (2026)
- Savage : Don't Cry Tonight (1983)
- Den Harrow : Future Brain (1985)
- Valerie Dore : The Night (1984)
- Kano : Another Life (1983)
- Gazebo : Masterpiece (1983)
- The Flirts : Passion (1982)
- Valerie Dore : Get Closer
- Sally Shapiro : Hold Me So Tight
- Sandy Marton : People from Ibiza
- Kano : I'm Ready
- Sandy Marton : Camel By Camel
- Sally Shapiro : Find My Soul
Fiche technique
- Tempo : 115 à 130 BPM
- Apparition : 1982
- Machines : Roland Juno-106, Korg Poly-61, LinnDrum, Roland TR-808, Vocodeur
- Le son : Vocoder
- Labels : ZYX Records, Discomagic Records, American Disco, Dark Entries, Bordello A Parigi, Il Discotto
- Artistes clés : Alexander Robotnick, Gazebo, Ryan Paris, Ken Laszlo, Sandy Marton, P. Lion
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
L'italo disco est plus posé que le Hi-NRG : 115 à 125 BPM, souvent 118 à 120. Le feel est celui d'une boîte à rythmes : quantification totale, croches et doubles croches droites, aucun swing. Ce qui donne le mouvement, ce sont les arpèges de synthé en doubles croches et la basse séquencée. Règle 120 BPM et laisse la grille faire le travail. La signature est mélodique et sentimentale : des progressions de quatre accords en mineur, souvent i, VI, III, VII, qui tournent sur toute la piste. La machine est sèche, la mélodie est romantique : c'est ce contraste qui fait le style.
La rythmique
LinnDrum ou TR-808, jamais de batterie jouée. Kick sur les quatre temps, sec. Le clap est l'élément central : sur les temps 2 et 4, souvent doublé d'une caisse claire, et surtout passé dans une réverbération gated de 200 à 300 ms qui claque. Les charleys sont fermés en doubles croches, avec un charley ouvert sur le contretemps du quatrième temps. Un cowbell 808 discret en croches sur le refrain. Les fills sont des toms 808 ou Linn qui descendent sur les deux derniers temps toutes les 8 mesures. Dans ton DAW, un Drum Rack avec des samples de LinnDrum et de 808, et une réverbération courte avec un gate sur le clap uniquement.
La basse
La basse est un Juno-106 en dent de scie, séquencée en doubles croches ou en croches, avec des sauts d'octave qui suivent l'accord. Un motif typique : fondamentale sur les trois premières doubles croches, octave sur la quatrième, répété, puis la note change avec l'accord. Enveloppe très courte, release à 40 ms, filtre passe-bas vers 400 Hz avec un peu d'enveloppe qui ouvre chaque note. Pas de glide. Le kick et la basse tombent ensemble sur les temps ; entre les temps, la basse trace la grille. Elle reste dans le médium grave, entre 60 et 250 Hz, avec peu de sub : les disques de l'époque n'en avaient pas.
Les sons
Le Juno-106 avec son chorus fait les nappes, la basse et les leads. Le Korg Poly-61 donne les arpèges brillants en doubles croches. Le vocodeur est la voix robot qui répond au chanteur. Les leads sont souvent un son cuivré, dent de scie avec un filtre qui s'ouvre, joué en mélodie simple et chantante. Des bells et des cloches de type DX7 apparaissent après 1983. Le chant, masculin ou féminin, est doublé et souvent dans un anglais approximatif. Aujourd'hui : TAL-U-NO-LX ou Diva pour le Juno, un arpégiateur MIDI d'Ableton en mode up sur un accord de trois notes pour le Poly-61, le Vocoder d'Ableton avec un synthé porteur en dent de scie.
L’arrangement
Le format est celui d'une chanson étirée pour le club, 5 à 7 minutes. Intro instrumentale de 32 mesures avec la boîte à rythmes, la basse et l'arpège, souvent un hook de synthé qui deviendra le refrain. Couplet de 16 mesures avec le chant, refrain de 16 avec le hook et les nappes. Un break au milieu avec le vocodeur ou un solo de synthé lead sur 16 mesures, sans kick ou avec kick seul. Dernier refrain doublé. Outro instrumentale de 32 mesures. Les changements d'accords tournent sur 4 ou 8 mesures et ne varient pas : la structure vit par ce qui entre et sort, pas par l'harmonie.
Le mix
Le mix italo est sec, brillant et centré. La réverbération gated sur le clap est le seul gros effet spatial : le reste est plutôt sec avec un delay court de 120 à 250 ms. Le chorus du Juno donne la largeur des nappes, laisse la basse en mono. Compresse la basse à 3:1 pour l'égaliser, mais sans pompage. Le kick est court, coupé sous 45 Hz. Les arpèges sont panoramisés légèrement à droite, les contre-chants à gauche. La voix est en avant avec un delay à la croche et une plate courte. Vise une loudness modeste, -12 LUFS : le style n'a jamais été fort, il est net. Coupe le bas des nappes à 200 Hz pour laisser la basse seule en bas.
Les plugins et machines
- Roland Juno-106 (machine) : Nappes, basse et leads avec le chorus intégré : la basse en dent de scie, release à 40 ms, filtre vers 400 Hz, séquencée en doubles croches.
- LinnDrum (machine) : La rythmique sèche avec la caisse claire poussée, kick sur les quatre temps, toms qui descendent en fill ; l'Oberheim DMX fait le même office.
- Roland TR-808 (machine) : Le clap, le cowbell en croches sur le refrain et les toms de fill, samplés dans un Drum Rack à côté des sons Linn.
- Korg Poly-61 (machine) : Les arpèges brillants en doubles croches ; aujourd'hui l'Arpeggiator d'Ableton en mode up sur un accord de trois notes donne le même résultat.
- TAL-U-NO-LX (plugin) : L'émulation Juno courante pour toutes les parties de synthé, avec le chorus activé sur les nappes et coupé sur la basse.
- u-he Diva (plugin) : L'alternative plus lourde en processeur pour un Juno virtuel plus dense, utile sur la basse et les leads cuivrés au filtre qui s'ouvre.
- AMS RMX-16 (materiel) : La réverbération numérique qui donne la gated reverb de 200 à 300 ms sur le clap ; Universal Audio en vend une émulation, sinon une reverb courte avec gate.
- Ableton Vocoder (plugin) : La voix robot qui répond au chanteur : un synthé porteur en dent de scie, la voix en modulateur, comme le Roland VP-330 de l'époque.
Pour commencer
- Règle 120 BPM sans swing, charge des samples de LinnDrum et de TR-808 dans un Drum Rack.
- Programme kick sur les temps, clap sur 2 et 4 avec une réverbération gated de 250 ms, charleys en doubles croches, un fill de toms toutes les 8 mesures.
- Écris une basse Juno en doubles croches avec un saut d'octave sur la quatrième, sur une progression i, VI, III, VII en mineur.
- Ajoute un arpège en doubles croches sur un synthé brillant, une nappe Juno avec chorus, puis un lead cuivré qui chante le hook.
- Enregistre ou programme un chant doublé, et une réponse au vocodeur pour le break.
- Structure en 6 minutes avec 32 mesures d'intro et d'outro, puis mixe sec et brillant avec un delay court sur la voix.
À écouter en travaillant
- Charlie : Spacer Woman (1983) : le clap gated, la basse Juno en doubles croches et le vocodeur, tout le manuel en un disque.
- My Mine : Hypnotic Tango (1983) : l'arpège brillant qui ne s'arrête jamais et la progression mineure sentimentale.
- Mr. Flagio : Take a Chance (1983) : la basse séquencée avec sauts d'octave et le lead cuivré.
- Easy Going : Fear (1979) : le moment où le disco italien passe entièrement aux machines.
Sources : connaissances générales · Gearspace (Synths popular with Italo Disco) · Radio ITALOPOWER! (The Machines Behind Italo Disco) · Discogs (groupes sur le matériel italo)
La filiation
Vient de
A donné
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Italo Disco ?
L'Italie des années 1980 fabrique un disco entièrement synthétique, mélodique et sentimental, souvent chanté dans un anglais rêvé. Les arpèges de synthétiseurs brillants et les boîtes à rythmes sèches remplacent tout ce que le disco américain avait d'organique. Méprisé à l'époque, il est devenu…
À quel tempo joue-t-on le Italo Disco ?
Entre 115 et 130 BPM. L'italo disco est plus posé que le Hi-NRG : 115 à 125 BPM, souvent 118 à 120. Le feel est celui d'une boîte à rythmes : quantification totale, croches et doubles croches droites, aucun swing. Ce qui donne le mouvement, ce sont les arpèges…
Quels sont les artistes clés du Italo Disco ?
Alexander Robotnick, Gazebo, Ryan Paris, Ken Laszlo, Sandy Marton, P. Lion.
Avec quoi produit-on du Italo Disco ?
Roland Juno-106, Korg Poly-61, LinnDrum, Roland TR-808, Vocodeur, TAL-U-NO-LX, u-he Diva, AMS RMX-16, Ableton Vocoder.