Spacesynth
Disco · 1983 · 120 à 135 BPM · aussi appelé Space Disco, Space Rock, Cosmo Rock
Branche instrumentale et cosmique de l'italo disco, portée par l'imagerie spatiale et les pochettes de science-fiction. Les mélodies sont jouées comme des thèmes de film, lasers et arpèges en cascade, sans chanteur ou presque. Laserdance et Koto en ont fixé la grammaire au milieu des années 1980, et une scène de fidèles la maintient vivante depuis.
16 morceaux de référence
- Zanov : Moebius 256 (1977)
- Space : Magic Fly (1977)
- Electronic System : Cosmos Trip (1977)
- Koto : Visitors (1985)
- Laserdance : Humanoid Invasion (1986)
- Koto : Jabdah (1986)
- Laserdance : Goody's Return (1987)
- Proxyon : Space Hopper (1988)
- Hypnosis : Pulstar (1983)
- Cyber People : Void Vision (1985)
- Laserdance : Power Run
- Sally Shapiro : Time to Let Go
- Space : Symphony
- Laserdance : Endless Dream
- Laserdance : Space Dance
- Proxyon : Space Travellers
Fiche technique
- Tempo : 120 à 135 BPM
- Apparition : 1983
- Machines : Roland JX-8P, Yamaha DX7, Roland TR-707
- Le son : Arpégiateurs, Effets laser et bruitages spatiaux
- Labels : ZYX Records, Hotsound, Analog Language, Spacesynth.net, Beat Box, Rams Horn Records
- Artistes clés : Laserdance, Koto, Proxyon, Rygar, Cyber People
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Le spacesynth va un peu plus vite que l'italo qui l'a engendré : 122 à 130 BPM, souvent 125 à 128. Tout est sur la grille, sans swing, avec une pulsation de doubles croches permanente dans les arpèges de basse. Le feel est celui d'un générique de film de science-fiction joué par une boîte à rythmes. Règle 126 BPM, quantification totale. La signature est mélodique : un thème principal qui se chante, joué comme un lead héroïque, et une basse arpégée qui ne s'arrête jamais. Là où l'italo a un chanteur, le spacesynth a un thème instrumental de 8 mesures qui revient comme un refrain.
La rythmique
La Roland TR-707 est la machine : kick numérique sec, caisse claire courte qui claque, charleys en doubles croches avec un ouvert sur les contretemps. Le clap 707 double la caisse claire sur 2 et 4. Des toms électroniques de type Simmons font des fills descendants toutes les 8 mesures, et un crash marque chaque section. Un rimshot ou un cowbell peut tenir les croches dans les couplets. Dans ton DAW, des samples de 707 ou un kit 909 très sec ; pour les toms, un Operator avec une sinusoïde dont le pitch tombe de 12 demi-tons en 200 ms. Ajoute une gated reverb courte sur la caisse claire et les toms, c'est le son de 1986.
La basse
La basse est un arpège d'octaves en doubles croches, plus mécanique et plus continu que dans l'italo. Un motif typique sur une mesure : fondamentale grave, octave, fondamentale, quinte, et retour, seize notes par mesure. Le son vient d'un Roland JX-8P ou d'un Juno, dent de scie avec un peu de carré, enveloppe très courte, release 30 ms, filtre à 500 Hz avec de l'enveloppe. Utilise l'Arpeggiator d'Ableton en mode up-down sur une octave avec un accord de deux notes, ou écris les doubles croches à la main. La basse suit l'accord à chaque mesure et ne s'arrête que dans le break cosmique. Le kick et la première note tombent ensemble ; entre, l'arpège fait le moteur.
Les sons
Le JX-8P donne les leads brillants et les cuivres de synthé qui portent le thème principal. Le Yamaha DX7 apporte les basses FM claquantes, les cloches et les pianos électriques scintillants. Les effets laser sont la signature : une sinusoïde ou une dent de scie dont le pitch descend de 36 demi-tons en 100 à 300 ms, avec un delay derrière. Les bruitages spatiaux sont du bruit blanc filtré en montée et en descente, des sweeps de résonance, des explosions de réverbération. Des nappes en cascade jouent des arpèges d'accords sur deux octaves. Des vocodeurs ou des voix robot passent parfois. Aujourd'hui : Dexed pour le DX7, un Juno virtuel pour le JX, Operator pour les lasers.
L’arrangement
Un morceau de spacesynth est instrumental et se construit comme un thème de film : 5 à 7 minutes. Intro cosmique de 16 mesures avec nappes, lasers et bruitages sans kick, puis l'arpège de basse entre, puis la batterie 707. Thème A de 16 mesures au lead brillant, thème B de 16 mesures plus haut ou plus grave, retour du thème A. Break cosmique au milieu : la batterie s'arrête, restent les nappes, une cascade d'arpèges et des lasers, sur 16 mesures. Reprise du thème A transposé d'un ton vers le haut. Outro instrumentale de 32 mesures pour le DJ. Chaque nouvelle section arrive avec un crash et un fill de toms.
Le mix
Le mix spacesynth est brillant et large. Les leads et les lasers prennent une réverbération longue de 3 à 4 secondes et un delay synchronisé à la croche pointée. La basse arpégée reste sèche, en mono, compressée à 3:1 pour que chaque double croche ait le même poids. Les charleys sont forts et clairs vers 10 kHz. La caisse claire et les toms ont une gated reverb de 250 ms. Panoramise les nappes très largement avec le chorus, et les arpèges d'accords en stéréo croisée. Coupe le bas des nappes à 250 Hz. Sur le master, un compresseur de bus léger et une EQ qui monte doucement au-dessus de 8 kHz pour le scintillement. Vise -11 LUFS.
Les plugins et machines
- Roland JX-8P (machine) : Les leads brillants et les cuivres de synthé qui portent le thème principal ; Laserdance utilisait son grand frère Super JX-10. Roland Cloud propose l'émulation.
- Yamaha DX7 (machine) : Les basses FM claquantes, les cloches et les pianos électriques scintillants qui tapissent les couplets.
- Dexed (plugin) : L'émulation gratuite du DX7 qui charge les banques d'origine : cloches, basses FM et pianos, sans rien à programmer.
- Roland TR-707 (machine) : Le kick numérique sec, la caisse claire courte et le clap qui la double sur 2 et 4, avec une gated reverb de 250 ms.
- Simmons SDS-V (machine) : Les toms électroniques des fills descendants toutes les 8 mesures ; recrée-les avec Operator, sinusoïde et pitch qui tombe de 12 demi-tons en 200 ms.
- Ableton Operator (plugin) : Les lasers de la signature : une sinusoïde ou une dent de scie dont le pitch descend de 36 demi-tons en 200 ms, avec un delay derrière.
- Roland Juno-60 (machine) : La basse arpégée en doubles croches à l'octave, moteur continu du morceau, dent de scie et release de 30 ms ; TAL-U-NO-LX le remplace.
- Korg DVP-1 (machine) : Le vocodeur des voix robot de Laserdance ; aujourd'hui le Vocoder d'Ableton avec un porteur en dent de scie.
Pour commencer
- Règle 126 BPM sans swing, charge des samples de TR-707 : kick, caisse claire, clap, charleys, toms.
- Programme kick sur les temps, caisse claire et clap sur 2 et 4, charleys en doubles croches, fills de toms descendants toutes les 8 mesures.
- Crée l'arpège de basse en doubles croches sur un synthé de type JX ou Juno, fondamentale, octave, quinte, sur une progression de quatre accords en mineur.
- Écris un thème principal de 8 mesures au lead brillant, puis un thème B, avec des nappes en cascade derrière.
- Fabrique des lasers avec Operator : sinusoïde, pitch qui tombe de 36 demi-tons en 150 ms, delay et réverbération longue.
- Assemble intro cosmique, thème A, thème B, break sans batterie avec lasers, reprise transposée, outro de 32 mesures.
À écouter en travaillant
- Laserdance : Humanoid Invasion (1986) : l'arpège de basse en doubles croches, les lasers et le thème héroïque.
- Koto : Visitors (1985) : les nappes en cascade et le lead brillant qui joue un thème de film.
- Koto : Jabdah (1986) : la rythmique 707 très sèche et la mélodie transposée au dernier tiers.
- Space : Magic Fly (1977) : l'ancêtre, le thème instrumental spatial avant les boîtes à rythmes.
Sources : connaissances générales · Melodigging, fiche Spacesynth (melodigging.com) · Studio.se (entretien avec Laserdance) · Wikipedia (Laserdance) · KVR Audio (Laserdance lead sound)
La filiation
Vient de
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Spacesynth ?
Branche instrumentale et cosmique de l'italo disco, portée par l'imagerie spatiale et les pochettes de science-fiction. Les mélodies sont jouées comme des thèmes de film, lasers et arpèges en cascade, sans chanteur ou presque. Laserdance et Koto en ont fixé la grammaire au milieu des années 1980,…
À quel tempo joue-t-on le Spacesynth ?
Entre 120 et 135 BPM. Le spacesynth va un peu plus vite que l'italo qui l'a engendré : 122 à 130 BPM, souvent 125 à 128. Tout est sur la grille, sans swing, avec une pulsation de doubles croches permanente dans les arpèges de basse. Le feel est celui d'un…
Quels sont les artistes clés du Spacesynth ?
Laserdance, Koto, Proxyon, Rygar, Cyber People.
Avec quoi produit-on du Spacesynth ?
Roland JX-8P, Yamaha DX7, Roland TR-707, Dexed, Simmons SDS-V, Ableton Operator, Roland Juno-60, Korg DVP-1.