Bristol Sound

Downtempo · 1988 · 80 à 95 BPM · aussi appelé Bristol Trip Hop, Wild Bunch Sound

La racine locale du trip-hop : le collectif Wild Bunch dans les années 1980, sound systems, dub, punk et soul dans la même ville portuaire. Smith & Mighty en posent les premières traductions discographiques, Massive Attack en sortira. Ce noeud documente la scène-mère, celle d'avant le mot trip-hop, quand Bristol inventait sa lenteur.

16 morceaux de référence

  1. Fresh 4 : Wishing on a Star (1989)
  2. Massive Attack : Daydreaming (1990)
  3. Portishead : Sour Times (1994)
  4. Massive Attack : Teardrop (1998)
  5. Smith and Mighty : Walk On By (1988)
  6. Smith & Mighty : Anyone (Who Had A Heart) (1988)
  7. Massive Attack : Unfinished Sympathy (1991)
  8. Tricky : Aftermath (1994)
  9. Portishead : Glory Box (1994)
  10. Roni Size & Reprazent : Brown Paper Bag (1997)
  11. Smith & Mighty : B-Line Fi Blow
  12. Massive Attack : Rush Minute
  13. Massive Attack : Saturday Come Slow
  14. Portishead : Western Eyes
  15. Portishead : Elysium
  16. Portishead : Seven Months

Fiche technique

Produire ce style

Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.

Tempo et groove

Le Bristol des années 1980 est plus rapide et plus lumineux que le trip-hop qui en sortira : 90 à 105 BPM, un tempo de breakbeat hip-hop ou de lovers rock, pas encore le demi-temps traînant. Le swing vient des breaks samplés, pas d'un réglage : les premiers sampleurs n'avaient pas de swing, on jouait les boucles telles quelles et on posait dessus. Programme donc à la grille, 50 %, et laisse le break apporter son feel. Le kick est droit, souvent sur chaque temps comme en reggae digital, avec une snare sur le 2 et le 4. Le ressenti est celui d'un sound system : régulier, dansant, la lenteur viendra après.

La rythmique

Deux couches coexistent : un break de batterie funk samplé, joué en boucle sur un Akai S1000 ou une MPC60 avec des sorties fixes, et par-dessus un kick de boîte à rythmes bien sec sur chaque temps. C'est ce mélange break plus reggae digital qui définit le son : les charleys du break, la snare de boîte à rythmes qui claque sur le 2 et le 4 avec une réverbération à ressort. Ajoute un rimshot en contretemps, comme un skank de reggae, sur le « et » de chaque temps. Les percussions viennent du dub : un bloc de bois ou une cloche en delay à la croche pointée, qui tourne 4 mesures puis disparaît. Reste simple : deux mesures qui bouclent, et les effets font la variation.

La basse

La basse est celle du sound system : profonde, jouée sur une basse électrique ou un synthé, en lignes de reggae qui laissent des trous. Le modèle est la ligne de lovers rock : tonique sur le 1, saut vers la quinte sur le 3, silence sur le 4. Elle est mixée très fort, plus que dans tout le reste de la famille, parce qu'elle est faite pour un mur d'enceintes. Passe-bas à 150 Hz, presque pas d'harmoniques, compression lourde ratio 6:1 pour un niveau constant. Sur les reprises de Smith & Mighty, la basse remplace carrément l'accompagnement orchestral d'origine : c'est elle qui porte l'harmonie, la voix chante par-dessus, et le reste est du décor.

Les sons

Le matériel est celui d'un home studio de 1988 : un sampleur, un quatre pistes à cassette, des platines. Les samples sont soul et pop : Smith & Mighty ont repris Burt Bacharach, avec des chanteuses reggae. Le son est donc une voix claire et douce, chantée comme du lovers rock, sur un lit de samples courts : un accord de cordes, un stab de piano coupé sec. Les effets sont ceux du dub : spring reverb, delay à bande, filtre passe-haut qui balaie. La cassette apporte un léger souffle et une compression naturelle : dans Ableton, un Saturator doux et un bruit rose à moins 50 dB imitent cela. Les scratches sont présents mais discrets. Le tout est brut, pas encore cinématographique.

L’arrangement

Les morceaux font 4 à 5 minutes et suivent une forme de chanson simple : intro de 4 à 8 mesures de break seul, entrée de la basse et de la voix, refrain avec les cordes samplées. Ce qui vient du sound system, c'est la version dub : après 2 minutes, la voix disparaît, le delay prend la snare et la basse continue seule 16 mesures. Les transitions sont brusques : on coupe, on remet, pas de montée filtrée. Pense à deux versions du même morceau, la vocale et la dub, comme sur un maxi 12 pouces de l'époque. Le rap, s'il y en a, est posé bas, sans crier, et laisse la place à la chanteuse.

Le mix

Le mix est fait pour un sound system : la basse en avant, la voix au centre, tout le reste derrière. Coupe le bas de tout ce qui n'est pas la basse à 120 Hz. Le break est compressé fort pour tenir le niveau, ratio 4:1, mais sans saturation moderne : le grain vient du sampleur et de la cassette. La spring reverb sur la snare est courte, moins d'une seconde. La voix est nette, un peu de compression 3:1 et une plate courte. Pas de sidechain, pas de limiteur : le master est simplement fort et sans effets. Si ton mix sonne trop propre, passe la piste entière dans une simulation de cassette et coupe à 12 kHz : le Bristol de 1988 n'a jamais eu d'aigus brillants.

Les plugins et machines

Pour commencer

  1. Choisis un tempo de 95 BPM et boucle un break funk de 2 mesures, sans swing ajouté, tel quel.
  2. Pose un kick de boîte à rythmes sur chaque temps et une snare avec spring reverb sur le 2 et le 4, plus un rimshot en contretemps.
  3. Écris une basse de reggae, tonique sur le 1 et quinte sur le 3, silence sur le 4, très forte et compressée.
  4. Ajoute un stab de cordes ou de piano samplé, un accord par mesure, et une voix douce chantée façon lovers rock.
  5. Crée une version dub : coupe la voix après 2 minutes, envoie la snare dans un delay à bande et laisse tourner la basse.
  6. Mixe basse en avant, voix au centre, passe le tout dans une simulation cassette et coupe au-dessus de 12 kHz.

À écouter en travaillant

Sources : connaissances générales · The Vinyl Factory (Life Has A Way: The Smith & Mighty story) · The Wire (Smith & Mighty, Ashley Road Sessions) · Bristol Archive Records

La filiation

Vient de

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Bristol Sound ?

La racine locale du trip-hop : le collectif Wild Bunch dans les années 1980, sound systems, dub, punk et soul dans la même ville portuaire. Smith & Mighty en posent les premières traductions discographiques, Massive Attack en sortira. Ce noeud documente la scène-mère, celle d'avant le mot…

À quel tempo joue-t-on le Bristol Sound ?

Entre 80 et 95 BPM. Le Bristol des années 1980 est plus rapide et plus lumineux que le trip-hop qui en sortira : 90 à 105 BPM, un tempo de breakbeat hip-hop ou de lovers rock, pas encore le demi-temps traînant. Le swing vient des breaks samplés, pas d'un…

Quels sont les artistes clés du Bristol Sound ?

The Wild Bunch, Smith & Mighty, Fresh 4, Carlton.

Avec quoi produit-on du Bristol Sound ?

Sound system, Akai S1000, Platines vinyle, Magnétophone quatre pistes, Akai S900 et S950, Akai MPC60, Tascam Portastudio 4 pistes, Roland RE-201 Space Echo, Technics SL-1200, Ableton Saturator.

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