Chill-Out

Downtempo · 1990 · 90 à 115 BPM · aussi appelé Chillout, Chill Out, Ambient Chill

Né dans la back room des raves anglaises vers 1990, quand le KLF publie Chill Out et que les clubs ouvrent des salles pour souffler : nappes, samples de radio, battements au ralenti. Devenu ensuite une industrie de compilations sous parasol, le chill-out originel reste un art de la décompression, l'ambient avec un sourire.

8 morceaux de référence

  1. The KLF : Madrugada Eterna (1990)
  2. Jose Padilla : Agua (1998)
  3. Zero 7 : In The Waiting Line (2001)
  4. Lemon Jelly : Nice Weather For Ducks (2002)
  5. Bonobo : Kiara (2006)
  6. Air : La Femme d'Argent (1998)
  7. Lane 8 feat. POLIÇA : Brightest Lights (2020)
  8. Jon Hopkins feat. Ram Dass & East Forest : Sit Around the Fire (2021)

Fiche technique

Produire ce style

Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.

Tempo et groove

Ici, le tempo compte moins que le temps : 80 à 100 BPM quand il y a un beat, et souvent aucun beat pendant des minutes. Ce qui distingue le chill-out du downtempo, c'est cette liberté : le rythme peut apparaître, s'effacer, revenir plus lent. Le KLF a enregistré Chill Out comme un voyage en continu, sans grille fixe. Dans ton DAW, choisis 92 BPM comme repère pour caler les delays, mais laisse les nappes et les samples flotter sans quantification. Quand un beat arrive, il est simple, droit, sans swing marqué, comme une boîte à rythmes qu'on aurait laissée tourner dans la pièce d'à côté.

La rythmique

La batterie est une boîte à rythmes adoucie : une TR-808 ou une 707 avec le kick filtré à 2 kHz, la snare remplacée par un rimshot ou un clap noyé dans la réverbération, les charleys en croches à vélocité basse. Pas de break samplé : c'est propre, régulier, presque naïf. Mets le tout dans un passe-bas qui s'ouvre lentement sur 32 mesures pour que le beat semble arriver de loin. Ajoute des percussions naturelles : un shaker, une conga jouée doucement, des bâtons de pluie. La plupart des morceaux gagnent à ce que le beat entre après 2 minutes et disparaisse avant la fin. Sur les morceaux plus tardifs comme ceux de Zero 7, une batterie jouée avec des balais fait le même travail.

La basse

La basse est douce et mélodique, souvent une basse électrique jouée avec les doigts ou un Moog en sinus avec release long. Elle joue peu : des notes tenues sur 2 mesures, tonique puis quarte, parfois une petite ligne descendante qui rappelle la soul. Sur La Femme d'Argent d'Air, la basse électrique porte le morceau entier avec une ligne funky jouée doucement. Coupe-la à 200 Hz, ajoute un chorus léger pour l'élargir, et laisse-la un peu moins forte que dans le downtempo : ici elle accompagne, elle ne conduit pas. Sur les passages sans beat, elle peut disparaître entièrement et laisser les nappes tenir le bas avec une octave basse.

Les sons

Les nappes larges sont le matériau principal : un Juno ou un Wavetable avec deux oscillateurs désaccordés de 10 cents, attaque de 2 secondes, release de 4, chorus, coupure à 3 kHz qui bouge très lentement. Par-dessus, les samples de radio et de field recordings : voix d'annonceurs, bruit de train, mouettes, extraits de chansons anciennes, comme le KLF avec sa guitare pedal steel et ses samples d'Elvis. Enregistre tes propres sons de ville ou de nature avec un téléphone. Une guitare électrique propre avec un delay en noire pointée et une réverbération de 6 secondes remplace la pedal steel. Ajoute un piano ou un Rhodes en accords tenus. Tout doit être doux, sans transient dur.

L’arrangement

Le chill-out est un voyage plus qu'une chanson : 6 à 12 minutes, ou un album entier en continu. Commence par 1 à 2 minutes de nappes et de field recordings sans pulsation. Introduis le beat avec un filtre qui s'ouvre sur 32 mesures. Laisse-le vivre 3 à 4 minutes, avec un sample de voix ou de radio qui entre et sort, puis retire le kick et laisse les nappes finir seules 1 à 2 minutes. Les transitions sont des fondus longs, jamais des coupures : automatise le volume sur 16 mesures. Pense à l'enchaînement : le morceau doit pouvoir commencer là où le précédent finit, comme dans une back room à 5 heures du matin.

Le mix

Le mix est ouvert et large, tout le contraire du trip-hop. Les nappes prennent tout le champ stéréo, le beat reste au centre et petit. Une réverbération longue de 6 à 10 secondes en envoi, avec un passe-haut à 300 Hz pour ne pas noyer le bas. Compression très légère, ratio 1.5:1, ou aucune : la dynamique fait partie du voyage. Coupe les nappes à 100 Hz, laisse la basse seule en bas. Les field recordings sont filtrés en passe-bande, 300 Hz à 5 kHz, pour qu'ils sonnent comme une radio lointaine. Master à moins 14 ou moins 16 LUFS, avec de vrais silences : un morceau de chill-out qui sonne fort a raté son sujet.

Les plugins et machines

Pour commencer

  1. Enregistre ou récupère 5 minutes de field recordings, voix de radio, ville ou nature, et coupe-les en passe-bande 300 Hz à 5 kHz.
  2. Crée une nappe large sur un Juno ou Wavetable, oscillateurs désaccordés de 10 cents, attaque 2 secondes, et joue deux accords sur 8 mesures.
  3. Programme une boîte à rythmes douce à 92 BPM, kick filtré à 2 kHz, rimshot et charleys légers, dans un passe-bas fermé.
  4. Ajoute une basse électrique ou Moog en notes tenues, tonique et quarte, et une guitare en delay de noire pointée.
  5. Arrange sur 8 minutes : 2 minutes sans beat, ouverture du filtre sur 32 mesures, beat pendant 4 minutes, fin sur les nappes.
  6. Mixe large, réverbération de 8 secondes en envoi, presque pas de compression, master à moins 14 LUFS.

À écouter en travaillant

Sources : connaissances générales · KLF Online (Chill Out) · Classic Album Sundays (The KLF Chill Out) · 12edit (KLF Chill Out, the story behind)

La filiation

Vient de

A donné

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Chill-Out ?

Né dans la back room des raves anglaises vers 1990, quand le KLF publie Chill Out et que les clubs ouvrent des salles pour souffler : nappes, samples de radio, battements au ralenti. Devenu ensuite une industrie de compilations sous parasol, le chill-out originel reste un art de la décompression,…

À quel tempo joue-t-on le Chill-Out ?

Entre 90 et 115 BPM. Ici, le tempo compte moins que le temps : 80 à 100 BPM quand il y a un beat, et souvent aucun beat pendant des minutes. Ce qui distingue le chill-out du downtempo, c'est cette liberté : le rythme peut apparaître, s'effacer, revenir plus…

Quels sont les artistes clés du Chill-Out ?

The KLF, The Orb (frange), Mixmaster Morris, Global Communication (charnière).

Avec quoi produit-on du Chill-Out ?

Boîte à rythmes, Guitare électrique, Roland TR-808 et TR-707, Roland Juno-106, Ableton Wavetable, Enregistreur de terrain Zoom H1n, Magnétophones DAT et cassette, Guitare électrique et delay en noire pointée, Valhalla Supermassive.

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