Braindance
Ambient · 1997 · 100 à 160 BPM · aussi appelé Rephlex Sound
Le contre-nom inventé par Rephlex, le label d'Aphex Twin et Grant Wilson-Claridge, pour rire de l'étiquette IDM : la musique qui fait danser le cerveau. Acid tordu, electro farceuse, mélodies naïves et breaks savants, l'esprit maison plus qu'un style strict. Le terme a survécu au label et désigne aujourd'hui toute la lignée acid-IDM joueuse.
13 morceaux de référence
- µ-Ziq : Hasty Boom Alert (1997)
- Squarepusher : Come On My Selector (1997)
- Aphex Twin : Windowlicker (1999)
- Cylob : Cut the Midrange Drop the Bass (1998)
- Luke Vibert : I Love Acid (2003)
- Aphex Twin : Come To Daddy (1997)
- µ-Ziq : Lunatic Harness (1997)
- Bogdan Raczynski : Death To The Natives (1998)
- Squarepusher : My Red Hot Car (2001)
- Squarepusher : Chin Hippy
- µ-Ziq : Swan Vesta
- Aphex Twin : Meltphace 6
- Aphex Twin : Bucephalus Bouncing Ball
Fiche technique
- Tempo : 100 à 160 BPM
- Apparition : vers 1997
- Machines : Roland TB-303, Roland SH-101
- Le son : Roland TB-303 hors des clous, Breaks édités joueurs, Mélodies détunées
- Labels : Rephlex, Analogical Force, Balkan Vinyl, WeMe, Warp Records
- Artistes clés : Aphex Twin (AFX), Luke Vibert, Bogdan Raczynski, DMX Krew, Ceephax Acid Crew
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Plus dansant que l'IDM générique, c'est le sens du nom. Deux tempos dominent : 130 à 150 BPM pour l'acid tordu, et 100 à 115 BPM pour l'electro farceuse de DMX Krew, avec des sorties jungle à 165 chez Squarepusher. La grille est droite, en 4/4, mais elle se fait piéger : un pattern de 7 pas sur une grille de 16, un changement de tempo brutal, un break qui double la vitesse pendant 2 mesures. Le swing vient des slides de la TB-303, pas de la quantification. Chez Aphex Twin, un morceau peut passer d'une ballade à 90 BPM à un assaut à 160 en une mesure : la surprise est une règle. Garde toujours un tempo lisible pour danser entre les blagues.
La rythmique
Le kick reste souvent en 4/4, ce qui distingue le braindance de l'IDM cassé : on peut danser, mais on est bousculé. Base 808 electro (kick, snare 808, charleys en doubles croches, cowbell) ou 909 acid, puis des breaks édités par-dessus, joueurs plutôt que savants : une tranche répétée 8 fois, un roulement de snare pitché qui monte, une frappe manquante sur le temps fort. Fills tous les 4 mesures, jamais les mêmes. Cylob et Vibert gardent le rythme lisible ; µ-Ziq empile les breaks ; Bogdan Raczynski les massacre. Programme d'abord un pattern droit et solide, puis casse-le en 2 ou 3 endroits par mesure. Pas plus, sinon on retombe dans l'IDM.
La basse
La TB-303 du brief, jouée hors des clous. Séquence en doubles croches avec slides et accents, résonance haute, cutoff automatisé, mais avec des notes hors gamme, des sauts d'octave, un pattern de 7 ou de 11 pas qui tourne sur 16, une note tenue trop longtemps. Sur une émulation (ABL3, TAL-BassLine-101, D16 Phoscyon, ou l'Operator réglé en dent de scie avec Auto Filter en résonance), mets le drive assez fort pour que ça crie. La SH-101 du brief sert de basse ronde sous les mélodies, avec un léger désaccord. Contrairement à l'acid techno, la basse braindance change de pattern toutes les 4 mesures et se permet des mélodies. I Love Acid est la référence : la 303 comme voix comique et sérieuse à la fois.
Les sons
Le brief donne la TB-303 et la SH-101. Autour : la TR-808 pour l'electro, la 909 pour l'acid, un Juno pour les nappes, des claviers cheap de type Casio SK-1 et des cloches FM de DX7 pour les mélodies naïves. Les mélodies sont détunées volontairement : deux voix à 15 ou 20 cents d'écart, ou un pitch bend qui ne revient pas tout à fait. Les samples sont de l'humour : voix de dessins animés, jingles, bruits de bouche, un enfant qui parle. Effets : Redux pour le côté jouet, Erosion, Chorus large, une reverb courte. Le son doit être joyeux et légèrement faux, comme un jouet cassé qui joue quand même juste. Rien de propre, rien de sérieux, mais tout précis.
L’arrangement
Un format de tune de 3 à 5 minutes, plus court que l'IDM : intro, mélodie exposée, section acid où la 303 prend le dessus, break, retour avec les deux ensemble, fin. Ce qui fait le genre, ce sont les virages : un changement de tempo, un passage de 8 mesures dans un autre style, une mélodie enfantine qui surgit au milieu de l'acid. Hasty Boom Alert enchaîne les breaks comme des gags ; Come To Daddy bascule entre agression et berceuse. Prévois une surprise toutes les 32 mesures, mais garde un fil : la mélodie principale doit revenir. L'auditeur doit sourire au moins une fois et danser tout le long.
Le mix
Sale et joyeux. La 303 passe par Overdrive ou Saturator avec un drive fort, puis un EQ qui coupe sous 80 Hz pour laisser la place au kick. Batterie compressée franchement (ratio 4:1, attaque 5 ms, release 50 ms) pour que ça claque, un Drum Buss avec transients poussés. Les mélodies détunées vont larges en stéréo avec chorus, la 303 au centre. Niveau final vers -10 à -12 LUFS, c'est de la musique de club même si elle rigole. Un passe-bas à 14 kHz sur le master donne la patine Rephlex des années 90. Pas de reverb longue, tout reste sec et près. Vérifie que la 303 et le kick ne se battent pas : sidechain léger, 2 dB, suffit.
Les plugins et machines
- Roland TB-303 (machine) : L'acid tordu de Rephlex : 7 notes sur 16 pas, slides, accents, une note hors gamme. Roland TB-03, Arturia Acid V ou D16 Phoscyon 2 en émulation.
- Roland SH-101 (machine) : Séquenceur interne pour les lignes qui bégaient et les basses en dents de scie ; la version logicielle courante est TAL-BassLine-101.
- Roland TR-808 (machine) : Pattern electro droit à 110 BPM, snare sur 2 et 4, cowbell sur le contretemps ; D16 Nepheton 2 ou Roland Cloud TR-808 pour le studio logiciel.
- Casio SK-1 (machine) : Clavier-sampler jouet à 8 bits pour les mélodies naïves et les voix de dessins animés, le côté faux et joyeux du genre. Redux le simule à peu près.
- Yamaha DX7 (machine) : Cloches FM en deux voix désaccordées de 15 cents pour les thèmes en majeur ; Dexed, gratuit, charge les cartouches d'origine, Arturia DX7 V aussi.
- D16 Phoscyon 2 (plugin) : Émulation de 303 avec séquenceur, slides et distorsion intégrée ; pousse le drive et coupe sous 80 Hz pour laisser le kick, sidechain léger de 2 dB.
- Ableton Drum Buss (plugin) : Transients poussés et drive moyen sur la batterie compressée fort, ratio 4:1, attaque 5 ms, pour que l'electro claque sous les mélodies détunées.
- Ableton Redux (plugin) : Bitcrush et downsample pour le son de jouet sur les mélodies et les samples d'humour ; Erosion ajoute l'aliasing sifflant, Chorus élargit le tout.
Pour commencer
- Programme un pattern 808 electro droit à 110 BPM : kick, snare 808 sur 2 et 4, charleys en doubles croches, cowbell sur le contretemps.
- Écris une ligne de 303 sur une émulation (ou Operator avec Auto Filter en résonance) : 7 notes sur une grille de 16 doubles croches, avec slides, accents, une note hors gamme.
- Compose une mélodie naïve sur un son de cloche FM ou de Casio, deux voix désaccordées de 15 cents, en majeur.
- Casse le rythme en deux endroits par mesure avec des tranches répétées et un fill différent toutes les 4 mesures.
- Arrange sur 4 minutes avec une surprise toutes les 32 mesures : un changement de tempo, un break d'un autre style, un retour de la mélodie.
- Mixe la 303 saturée au centre, la batterie compressée fort, les mélodies larges, un passe-bas à 14 kHz sur le master, niveau vers -11 LUFS.
À écouter en travaillant
- µ-Ziq : Hasty Boom Alert (1997) : les breaks enchaînés comme des gags, la mélodie qui revient toujours.
- Cylob : Cut the Midrange Drop the Bass (1998) : l'humour dans le titre et dans le son, l'electro Rephlex.
- Luke Vibert : I Love Acid (2003) : la 303 comme voix, comique et sérieuse à la fois, le manifeste acid du genre.
- Aphex Twin : Come To Daddy (1997) : la bascule brutale entre agression et douceur, le braindance qui refuse de choisir.
Sources : connaissances générales · Equipboard, Luke Vibert · Gearnews, Acid Sound: This Gear is a Perfect Match · ADSR Sounds, Arturia Acid V Review · Outerverse, Top 5 Acid VST Plugins
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Braindance ?
Le contre-nom inventé par Rephlex, le label d'Aphex Twin et Grant Wilson-Claridge, pour rire de l'étiquette IDM : la musique qui fait danser le cerveau. Acid tordu, electro farceuse, mélodies naïves et breaks savants, l'esprit maison plus qu'un style strict. Le terme a survécu au label et désigne…
À quel tempo joue-t-on le Braindance ?
Entre 100 et 160 BPM. Plus dansant que l'IDM générique, c'est le sens du nom. Deux tempos dominent : 130 à 150 BPM pour l'acid tordu, et 100 à 115 BPM pour l'electro farceuse de DMX Krew, avec des sorties jungle à 165 chez Squarepusher. La grille est droite,…
Quels sont les artistes clés du Braindance ?
Aphex Twin (AFX), Luke Vibert, Bogdan Raczynski, DMX Krew, Ceephax Acid Crew.
Avec quoi produit-on du Braindance ?
Roland TB-303, Roland SH-101, Roland TR-808, Casio SK-1, Yamaha DX7, D16 Phoscyon 2, Ableton Drum Buss, Ableton Redux.