Minimal Prog

Minimal · 2004 · 128 à 134 BPM · aussi appelé Minimal Progressive House, Minimal Progressive, Min Prog, Min P, Min

La progressive house passée au tamis minimal, années 2005-2015 : la mélodie se réduit à des motifs de deux ou trois notes, la basse ronde porte tout, les delays dub creusent l'espace, et le morceau évolue sur dix minutes par soustraction plus que par addition. C'est la bande-son des warm-ups et des after : hypnotique, patiente, jamais spectaculaire. L'école sud-américaine autour d'Hernan Cattaneo en est le foyer vivant, avec une parenté assumée du côté de la psy-prog scandinave, d'où la greffe dans l'arbre.

8 morceaux de référence

  1. The MFA : The Difference It Makes (2004)
  2. Dominik Eulberg : Der Buchdrucker (2004)
  3. Nathan Fake : The Sky Was Pink (Holden mix) (2004)
  4. Fairmont : Gazebo (2005)
  5. Trentemoller : Moan (2006)
  6. Extrawelt : Soopertrack (2007)
  7. Yotto : The One You Left Behind (2019)
  8. Eelke Kleijn : Transmission (2020)

Fiche technique

Produire ce style

Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.

Tempo et groove

120 à 124 BPM, le plus lent de la famille avec le microhouse, et le feel le plus droit : peu ou pas de swing, 52 % au maximum, parce que le mouvement vient des delays et des automations, pas du placement des notes. La pulsation est ronde et régulière, faite pour les warm-ups et les longs sets. Ce qui distingue le minimal prog du minimal tech, c'est la patience : rien ne change avant 16 mesures, et souvent 32. Dans Ableton, laisse le groove à zéro et travaille plutôt avec de légers décalages de delay : un Echo en croche pointée sur une percussion crée le balancement. Pense au morceau comme un paysage traversé lentement.

La rythmique

Kick 909 rond, sans click, decay 300 ms, sur chaque temps. Pas de clap franc : un rimshot ou un clic doux sur 2 et 4, très bas. Le charley fermé joue en croches aux contretemps, doux, avec un charley ouvert qui apparaît seulement dans les sections hautes. Les percussions fantômes sont la marque : des sons très courts et très bas (bloc, conga étouffée, bip) placés sur des doubles croches isolées, à 30 % du volume, souvent uniquement audibles par leurs delays. Un shaker en doubles croches avec fade-in lent sur 8 mesures. Un tom grave sur le dernier pas de chaque 2 mesures. Programme peu de notes et envoie-les dans des delays synchronisés : ce sont les répétitions qui remplissent la grille.

La basse

La basse ronde soutenue porte tout. Un oscillateur scie ou carré dans Analog ou un clone de Juno, filtre bas à 200 Hz, résonance 15 %, avec une note tenue en croches ou en doubles croches sur la fondamentale, F1 ou A1, longueur de note 80 %, presque legato. Un deuxième oscillateur sinus une octave en dessous pour le sub. Le motif change une note toutes les 4 ou 8 mesures : la tierce mineure ou la septième, jamais plus. Sidechain doux, release de 250 ms, 3 dB. Un chorus très léger élargit la basse au-dessus de 200 Hz. Le cutoff du filtre est automatisé sur 64 mesures, de 200 Hz à 800 Hz, et c'est cette ouverture lente qui remplace la montée.

Les sons

Un motif de deux ou trois notes joué par un pluck doux (Wavetable, attaque 0, decay 300 ms, filtre à 1 kHz) envoyé dans un delay dub synchronisé, croche pointée à gauche et noire à droite, feedback 45 %, avec un passe-bas à 3 kHz dans la boucle. Une nappe discrète, accord mineur avec quinte, attaque 2 secondes, très filtrée, en fond. Des textures de field recording (pluie, vent) passées dans une grande reverb. Un Octatrack ou un Simpler en mode slice pour hacher un accord en grains rythmiques. Un lead d'une note tenue qui monte sur 64 mesures avec un filtre et un volume, comme un riser qui dure la moitié du morceau. Aucun son n'est brillant : tout est passé sous 6 kHz.

L’arrangement

Neuf à onze minutes. Structure par soustraction : commence avec kick, basse et pluck ensemble, puis retire des éléments plutôt que d'en ajouter. Intro de 32 mesures, entrée de la basse à 33, du pluck en delay à 65. Le break est long, 32 mesures, sans kick, où la nappe et les delays occupent tout l'espace et où le filtre de la basse se ferme puis se rouvre. Le retour du kick à la mesure 161 est doux, sans roulement. La deuxième moitié répète la première avec un motif transposé ou une note de basse différente. Automations de filtre sur 64 mesures partout, jamais sur moins de 16. Outro de 32 mesures avec les delays qui se vident. Rien ne doit jamais surprendre.

Le mix

Mix profond et doux, sans agressivité. Kick vers -12 dBFS, basse à égalité, le couple kick-basse fait 70 % de l'énergie. Tout le reste est 12 dB plus bas et vit dans les delays et les reverbs. Reverb longue, 3 à 5 secondes, sur un retour, avec passe-haut à 400 Hz, alimentée par le pluck et les percussions fantômes à 20 %. Delays filtrés dans leur boucle pour qu'ils s'assombrissent à chaque répétition. Un passe-bas doux à 12 kHz sur le master pour le côté feutré. Compression légère sur le bus, Glue à 2:1 avec attaque 30 ms. Vise -10 LUFS avec beaucoup de dynamique. Le mono sous 150 Hz, mais une largeur généreuse au-dessus, les delays en stéréo ping-pong.

Les plugins et machines

Pour commencer

  1. Tempo 122 BPM, kick rond sans click, charley en croches aux contretemps, rimshot doux sur 2 et 4, groove à zéro.
  2. Programme la basse ronde en croches sur F1, notes à 80 %, sub sinus en dessous, sidechain doux, filtre automatisé de 200 à 800 Hz sur 64 mesures.
  3. Écris un motif de trois notes sur un pluck doux et envoie-le dans un delay dub croche pointée / noire, feedback 45 %.
  4. Ajoute des percussions fantômes très basses dont on n'entend que les delays, et une nappe mineure très filtrée.
  5. Arrange dix minutes par soustraction, break de 32 mesures sans kick, retour doux, automations jamais sous 16 mesures.
  6. Mixe kick et basse à égalité, reste 12 dB en dessous, reverb longue sur retour, passe-bas à 12 kHz au master.

À écouter en travaillant

Sources : Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitre Movement & Change, automations longues et LFO de filtre) · connaissances générales · Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitre Movement & Change) · Transition Studio (Top 10 Plugins for Progressive House & Melodic Techno) · Ableton Templates (Hernan Cattaneo, Cid Inc Style Progressive House)

La filiation

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Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Minimal Prog ?

La progressive house passée au tamis minimal, années 2005-2015 : la mélodie se réduit à des motifs de deux ou trois notes, la basse ronde porte tout, les delays dub creusent l'espace, et le morceau évolue sur dix minutes par soustraction plus que par addition. C'est la bande-son des warm-ups et…

À quel tempo joue-t-on le Minimal Prog ?

Entre 128 et 134 BPM. 120 à 124 BPM, le plus lent de la famille avec le microhouse, et le feel le plus droit : peu ou pas de swing, 52 % au maximum, parce que le mouvement vient des delays et des automations, pas du placement des notes. La pulsation est ronde…

Quels sont les artistes clés du Minimal Prog ?

Hernan Cattaneo, Guy J, Henry Saiz, Cid Inc, Eelke Kleijn, Yotto.

Avec quoi produit-on du Minimal Prog ?

Ableton Live, Roland TR-909, Elektron Octatrack, Ableton Analog, Roland Juno-106, Ableton Wavetable, Ableton Echo, Valhalla VintageVerb.

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