Detroit Electro
Electro · 1985 · 125 à 140 BPM · aussi appelé Electro Bass Detroit, Drexciyan Electro
L'electro de Detroit après la techno : Drexciya invente une mythologie sous-marine et un son d'une précision maniaque, Dopplereffekt une froideur théorique. L'école continue avec Ectomorph et le label Clone en relais européen. C'est l'electro comme science-fiction sérieuse, machine funk sans nostalgie, l'une des lignées les plus respectées de toute la carte.
12 morceaux de référence
- Model 500 : Night Drive (1985)
- Drexciya : Bubble Metropolis (1993)
- Drexciya : Wavejumper (1995)
- Aux 88 : Break It Down (1995)
- Dopplereffekt : Pornoactress (1995)
- Japanese Telecom : Virtual Geisha (2001)
- Drexciya : Species of the Pod
- Drexciya : Lost Vessel
- Drexciya : Aquatic Bata Particles
- Drexciya : You Don't Know
- Drexciya : Song of the Green Whale
- Drexciya : Danger Bay
Fiche technique
- Tempo : 125 à 140 BPM
- Apparition : vers 1985
- Machines : Roland TR-808, Oberheim OB-8
- Le son : Roland TR-808 précise, Basses analogiques mouvantes, Synthés SCI et Oberheim, Mixage sec sans réverbération
- Labels : Underground Resistance, Tresor, Clone, Clone Aqualung, WeMe
- Artistes clés : Drexciya, Dopplereffekt, The Other People Place, Ectomorph, DJ Stingray 313
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Entre 125 et 140 BPM, Drexciya souvent vers 130 à 135, Dopplereffekt plus lent. Grille rigoureuse, zéro swing, chaque note quantisée : la précision maniaque fait partie du son. Ce qui distingue Detroit du reste de la famille, c'est le feel de séquenceur : les motifs sont pensés comme des boucles de 16 pas qui se décalent les unes par rapport aux autres. Le livre d'Attack rappelle qu'une longueur de motif impaire, cinq ou neuf pas, crée une polyrythmie qui ne se recale qu'après plusieurs mesures. Utilise cette idée sur une percussion ou une basse : le morceau semble bouger sans qu'aucune note ne change. Commence à 132 BPM.
La rythmique
808 précise, sans couche ni sample de breakbeat. Kick sur 1, sur le « et » de 2 et sur le pas 12, decay court de 200 ms : le kick de Detroit claque, il ne traîne pas, la basse fait le sub. Caisse claire 808 sur 2 et 4 avec un snappy haut, parfois un rimshot à la place sur le temps 4. Charley fermé en doubles croches avec une vélocité qui décrit une rampe sur la mesure, charley ouvert sur un seul contretemps par mesure. Les toms 808 accordés jouent un motif mélodique de trois notes sur les mesures paires. Pas de cowbell, pas de roulements Miami. Ajoute une percussion sur une boucle de 5 ou 7 pas pour la dérive polyrythmique. Programme en 16 pas, pense en machine.
La basse
La basse est analogique et mouvante : SCI Pro-One, Oberheim OB-8 en mono, SH-101. Aujourd'hui Repro-1, Ableton Analog ou Diva. Dent de scie et carré mélangés, filtre passe-bas à 250 Hz avec une enveloppe rapide, decay 120 ms, et surtout une automation lente du cutoff sur 8 mesures pour le mouvement. Elle joue des doubles croches en sauts d'octave et de quinte, sur des gammes mineures avec des chromatismes, à la manière du pluck de SH-101 que le livre d'Attack recrée pour le minimal de Detroit. Souvent deux basses : une grave et tenue sur la fondamentale, une piquée plus haute qui fait la mélodie. Coupe la basse mélodique sous 100 Hz, laisse la grave descendre à 45 Hz.
Les sons
Synthés SCI et Oberheim : nappes froides d'OB-8 avec un léger detune, sans chorus, jouées en accords mineurs de deux notes. Leads mono Pro-One avec portamento court, jouant des motifs de quatre à huit notes en doubles croches, et un filtre qui s'ouvre sur les fins de phrase. Bruitages aquatiques chez Drexciya : bruit blanc filtré par un passe-bande avec une résonance élevée, modulé par un LFO lent, et des bips de sonar (une sinusoïde avec pitch envelope descendant). Vocodeur rare mais présent, sur des mots isolés. Pas de samples, pas d'orch hit, pas de voix rappées. Tout est joué par des oscillateurs, et chaque son bouge un peu grâce à un LFO ou une enveloppe.
L’arrangement
Les morceaux sont courts pour la famille, quatre à six minutes, et fonctionnent par superposition de séquences : intro 808 et basse grave 16 mesures, basse mélodique 16, lead 16, nappes 16, puis retrait progressif. Les breaks sont des soustractions : coupe le kick 8 mesures, garde la basse et la percussion polyrythmique, relance sans roulement. Il n'y a ni refrain ni voix, la mélodie de basse joue le rôle du refrain. Les variations viennent des automations de filtre et de la longueur des séquences, pas de nouveaux éléments. Prévois deux motifs de basse et un lead, et fais-les entrer, sortir et se combiner sur une grille de 8 mesures. La fin est souvent sèche, sans outro.
Le mix
Sec, sans réverbération : c'est le trait le plus marquant. Chaque son est mixé nu, à peine un delay court en croches sur le lead à 15 % de dry/wet. 808 à -8 dBFS, basse grave juste derrière, basse mélodique et lead 6 dB plus bas. Panoramique modéré, les basses au centre, les nappes légèrement ouvertes. Une saturation à bande légère sur le bus batterie, drive 2 dB, pour rappeler la cassette et le vinyle. Pas de compression de bus, ou une Glue à 1,5:1 presque inactive. Mono sous 120 Hz. Laisse les crêtes respirer : un master à -13 LUFS avec de la dynamique sonne plus juste qu'un master écrasé, la précision se perd dans la compression.
Les plugins et machines
- Roland TR-808 (machine) : 808 sèche, kick claquant au decay de 200 ms, snappy haut sur la caisse claire, toms accordés en motif de trois notes ; Drexciya la pitchait à la bande.
- Sequential Pro-One (machine) : Le mono principal de Drexciya et Dopplereffekt : basses mouvantes en sauts d'octave et leads avec portamento court ; u-he Repro-1 l'émule directement.
- Korg Mono/Poly (machine) : L'autre synthé central de l'école, quatre oscillateurs pour les basses épaisses et les séquences ; Korg Collection Mono/Poly en est la version logicielle.
- Oberheim OB-8 (machine) : Nappes froides à léger detune sans chorus, en accords mineurs de deux notes, et basse tenue en mode mono sur la fondamentale.
- Roland SH-101 (machine) : Pluck de basse en doubles croches avec chromatismes, le son que le livre d'Attack recrée pour Detroit ; TAL-BassLine-101 ou Roland SH-01A.
- Roland Juno-106 (machine) : Les accords froids qui répondent aux basses chez Dopplereffekt, joués secs, sans réverbération ; TAL-U-No-LX aujourd'hui.
- Ableton Analog (plugin) : Dent de scie et carré mélangés, filtre à 250 Hz avec decay 120 ms et automation lente du cutoff sur 8 mesures ; u-he Diva pour plus de grain.
- Ableton Simpler (plugin) : Pas pour des samples mais pour les bips de sonar : une sinusoïde avec pitch envelope descendant, et le bruit blanc en passe-bande résonant.
Pour commencer
- Tempo à 132 BPM, 808 : kick sur 1, le « et » de 2 et le pas 12 avec un decay de 200 ms, caisse claire sur 2 et 4, charleys en doubles croches avec rampe de vélocité.
- Ajoute une percussion sur une boucle de 5 pas et un motif de toms accordés sur les mesures paires.
- Programme une basse grave tenue sur la fondamentale, puis une basse piquée en doubles croches avec sauts d'octave et une automation lente du cutoff.
- Écris un lead mono de huit notes avec portamento et une nappe d'OB en accords de deux notes.
- Crée un bruitage aquatique avec du bruit blanc en passe-bande résonant modulé par un LFO lent.
- Arrange par ajout et retrait de séquences toutes les 16 mesures, sans réverbération, avec un break par soustraction.
À écouter en travaillant
- Model 500 : Night Drive (1985) : la 808 sèche et la basse analogique en doubles croches, le point de départ de Detroit.
- Drexciya : Bubble Metropolis (1993) : les bips de sonar, les basses mouvantes et le mix sans réverbération.
- Drexciya : Wavejumper (1995) : la précision du pattern 808 et la superposition de deux basses.
- Dopplereffekt : Pornoactress (1995) : la froideur, un tempo plus lent, un vocodeur sur des mots isolés.
Sources : Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitres Step-sequences et Detroit Techno) · Connaissances générales · Gearspace (fils Drexciya et Dopplereffekt) · MOD WIGGLER
La filiation
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A donné
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Detroit Electro ?
L'electro de Detroit après la techno : Drexciya invente une mythologie sous-marine et un son d'une précision maniaque, Dopplereffekt une froideur théorique. L'école continue avec Ectomorph et le label Clone en relais européen. C'est l'electro comme science-fiction sérieuse, machine funk sans…
À quel tempo joue-t-on le Detroit Electro ?
Entre 125 et 140 BPM. Entre 125 et 140 BPM, Drexciya souvent vers 130 à 135, Dopplereffekt plus lent. Grille rigoureuse, zéro swing, chaque note quantisée : la précision maniaque fait partie du son. Ce qui distingue Detroit du reste de la famille, c'est le…
Quels sont les artistes clés du Detroit Electro ?
Drexciya, Dopplereffekt, The Other People Place, Ectomorph, DJ Stingray 313.
Avec quoi produit-on du Detroit Electro ?
Roland TR-808, Oberheim OB-8, Sequential Pro-One, Korg Mono/Poly, Roland SH-101, Roland Juno-106, Ableton Analog, Ableton Simpler.