Freestyle
Electro · 1983 · 115 à 130 BPM · aussi appelé Latin Hip Hop, Freestyle Music
New York, 1983-1987 : l'electro-funk latino qui devient chanson d'amour, TR-808 et DX7 sous des voix adolescentes portoricaines et italo-américaines. Let the Music Play de Shannon en fixe la formule. Le freestyle est la pop des quartiers avant l'ère house, immense en son temps, et son écho revient dans chaque revival synth-pop latino.
12 morceaux de référence
- Shannon : Let the Music Play (1983)
- Debbie Deb : When I Hear Music (1983)
- Freeez : I.O.U. (1983)
- Lisa Lisa and Cult Jam : I Wonder If I Take You Home (1985)
- Expose : Come Go With Me (1986)
- Stevie B : Spring Love (1988)
- Stevie B : I Wanna Be the One
- Stevie B : In My Eyes
- Shannon : Give Me Tonight
- Debbie Deb : Lookout Weekend
- Stevie B : Party Your Body
- Lisa Lisa & Cult Jam : Can You Feel the Beat
Fiche technique
- Tempo : 115 à 130 BPM
- Apparition : vers 1983
- Machines : Roland TR-808, Yamaha DX7, Fairlight CMI
- Le son : Orch hits Fairlight, Voix lead mélodramatiques
- Labels : Cutting Records, Fever Records, Emergency, Sleeping Bag
- Artistes clés : Shannon, Lisa Lisa & Cult Jam, Debbie Deb, Exposé, Stevie B
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Le freestyle se pose entre 110 et 122 BPM : Let the Music Play tourne autour de 116, la plupart des tubes de Fever et Cutting entre 112 et 120. Aucun swing sur la 808, mais le feel est plus chantant que l'electro-funk parce que la voix et les accords portent le morceau. La signature rythmique est la syncope latine : le kick anticipe souvent le temps 4 d'une double croche, la cowbell et les claves dessinent une clave simplifiée. C'est le premier genre de la famille où le tempo est choisi pour chanter, pas pour rapper : garde la place pour des phrases vocales longues et des respirations entre les mesures.
La rythmique
808 toujours, mais plus ornementée. Kick sur 1, sur le « et » de 2 et sur le pas 12, avec un kick supplémentaire sur le pas 16 pour relancer. Caisse claire 808 sur 2 et 4, doublée d'un clap avec réverbération plate. Charley fermé en doubles croches, charley ouvert sur les « et » de 2 et de 4. Cowbell 808 en croches syncopées, claves sur un motif de deux mesures, congas 808 (les toms accordés hauts) en réponse au kick. Les fills sont des toms 808 descendants et des roulements de caisse claire, et surtout des coupures : la batterie s'arrête une demi-mesure avant le refrain, la voix seule, puis tout revient. Les breaks utilisent des breakbeats, hérités du hip-hop.
La basse
Le son de basse du freestyle est le Yamaha DX7 : une basse FM piquée, brillante, avec une attaque nette et une queue courte. Dans Operator, le livre d'Attack décrit la méthode pour retrouver une basse de la famille DX : un opérateur modulateur accordé une octave au-dessus de la porteuse, son niveau autour de -7 dB, un decay d'environ deux secondes avec sustain à zéro, ce qui donne une note qui s'éclaircit à l'attaque puis se referme. Écris des croches et des doubles croches qui suivent l'accord, avec des sauts d'octave sur les contretemps et des passages chromatiques en fin de phrase. Progressions en mineur : i, VI, VII, v est la plus courante. La basse répond au kick 808, qui garde le sub.
Les sons
Deux couleurs signent le style. L'orch hit Fairlight sur chaque temps fort d'un refrain, souvent transposé pour suivre l'accord : joue-le comme une note dans Simpler. Les claviers DX7 pour le reste : piano électrique FM (l'algorithme à deux opérateurs avec une modulation faible et un léger tremolo), cloches, marimba synthétique. Ajoute des nappes de Juno ou d'OB pour les accords tenus, avec chorus. La voix est la star : lead adolescent, mélodramatique, avec des harmonies doublées à la tierce et une réverbération plate longue. Les mélodies exploitent la gamme mineure naturelle avec des notes tenues sur le refrain. Un petit lead mono avec portamento répond entre les phrases chantées.
L’arrangement
C'est une chanson pop : intro instrumentale de 8 mesures avec l'orch hit, couplet de 16, pré-refrain de 8, refrain de 16, puis répétition, pont de 8 mesures avec modulation possible, dernier refrain doublé. Compte quatre minutes pour la version radio, six pour le maxi qui rallonge l'intro et ajoute un break de percussions 808 au milieu. Le truc de production le plus utile : la coupure de batterie sur une demi-mesure avant chaque refrain, la voix qui tient la note, et le retour avec un roulement de toms. Les orch hits marquent les entrées de section. Les couplets sont plus vides, basse DX7 et 808 seules, pour que le refrain paraisse énorme.
Le mix
Le mix est plus produit que le reste de la famille : la voix devant tout, compressée à 4:1 avec une attaque de 5 ms, doublée d'une réverbération plate de 1,5 à 2 secondes et d'un delay en croches. La caisse claire et le clap reçoivent une réverbération gated. Le kick 808 reste sec, à -8 dBFS, avec la basse DX7 juste derrière, coupée sous 70 Hz. Les nappes sont larges, en stéréo, et filtrées sous 200 Hz pour laisser le grave propre. Un léger shelf à 10 kHz sur le bus donne le brillant des productions new-yorkaises de 1985. Compression de bus douce, ratio 2:1. Vise -12 LUFS, la dynamique fait partie du charme.
Les plugins et machines
- Roland TR-808 (machine) : Kick syncopé sur 1, le et de 2 et les pas 12 et 16, cowbell et claves en clave simplifiée, toms pour les fills ; Stevie B n'utilisait rien d'autre.
- Yamaha DX7 (machine) : La basse FM piquée et brillante de Let the Music Play, les pianos électriques et cloches des refrains ; Arturia DX7 V ou Dexed pour les patches d'origine.
- Ableton Operator (plugin) : Pour recréer la basse DX : modulateur une octave au-dessus de la porteuse, niveau vers -7 dB, decay de deux secondes et sustain zéro.
- Fairlight CMI (machine) : L'orch hit sur chaque temps fort du refrain, transposé pour suivre l'accord ; joue-le comme une note dans Simpler à partir d'un sample ou d'Arturia CMI V.
- Roland JX-3P (machine) : Le polyphonique fétiche des studios freestyle new-yorkais pour les nappes et les stabs d'accords ; Roland Cloud JX-3P en est l'émulation.
- Roland Juno-106 (machine) : Nappes d'accords tenus avec chorus derrière la voix, filtrées sous 200 Hz ; TAL-U-No-LX ou Cherry Audio DCO-106 aujourd'hui.
- Valhalla Plate (plugin) : La réverbération plate de 1,5 à 2 secondes sur la voix mélodramatique, et en version gated courte sur la caisse claire et le clap.
Pour commencer
- Tempo à 116 BPM, 808 : kick sur 1, le « et » de 2, les pas 12 et 16, caisse claire et clap sur 2 et 4, charleys en doubles croches, cowbell syncopée, claves sur deux mesures.
- Dans Operator, construis une basse FM piquée (modulateur une octave au-dessus, niveau -7 dB, decay 2 s, sustain zéro) et joue une progression i, VI, VII, v en croches.
- Pose des orch hits sur les temps forts du refrain, transposés pour suivre les accords, et une nappe Juno derrière.
- Écris une mélodie vocale en mineur avec une note tenue sur le refrain, enregistre-la, double la tierce.
- Arrange en chanson : intro, couplet, pré-refrain, refrain, pont, avec une coupure de batterie avant chaque refrain.
- Mixe la voix devant, réverbération plate 1,8 s, 808 sèche, shelf de 2 dB à 10 kHz sur le bus.
À écouter en travaillant
- Shannon : Let the Music Play (1983) : la basse DX7 piquée, la 808 syncopée et le refrain qui fixe la formule du genre.
- Debbie Deb : When I Hear Music (1983) : la version Miami, plus sèche, avec les orch hits et la voix sans artifice.
- Lisa Lisa and Cult Jam : I Wonder If I Take You Home (1985) : la coupure de batterie avant le refrain et les harmonies doublées.
- Stevie B : Spring Love (1988) : le freestyle tardif, nappes larges et claviers FM au premier plan.
Sources : Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitre FM Synthesis, basse FM façon DX dans Operator) · Connaissances générales · Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitre FM Synthesis) · KVR Audio (forum Production Techniques) · Gearspace · Production Expert
La filiation
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A donné
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Freestyle ?
New York, 1983-1987 : l'electro-funk latino qui devient chanson d'amour, TR-808 et DX7 sous des voix adolescentes portoricaines et italo-américaines. Let the Music Play de Shannon en fixe la formule. Le freestyle est la pop des quartiers avant l'ère house, immense en son temps, et son écho revient…
À quel tempo joue-t-on le Freestyle ?
Entre 115 et 130 BPM. Le freestyle se pose entre 110 et 122 BPM : Let the Music Play tourne autour de 116, la plupart des tubes de Fever et Cutting entre 112 et 120. Aucun swing sur la 808, mais le feel est plus chantant que l'electro-funk parce que la voix et…
Quels sont les artistes clés du Freestyle ?
Shannon, Lisa Lisa & Cult Jam, Debbie Deb, Exposé, Stevie B.
Avec quoi produit-on du Freestyle ?
Roland TR-808, Yamaha DX7, Fairlight CMI, Ableton Operator, Roland JX-3P, Roland Juno-106, Valhalla Plate.