Electro
Electro · 1997 · 125 à 140 BPM · aussi appelé Modern Electro, Nu Electro, Electro Club
Le revival mondial de l'electro à partir de la fin des années 1990 : I-F et la scène de La Haye en versant italo-sale, Anthony Rother en versant germanique, puis la vague des années 2010 autour de Dave Clarke, Helena Hauff et CPU. La 808 et le vocodeur redeviennent une langue vivante, entre clubs techno et culture electro pure.
12 morceaux de référence
- I-F : Space Invaders Are Smoking Grass (1997)
- DMX Krew : You Can't Hide Your Love (1997)
- The Exaltics : They Arrive (2012)
- DJ Stingray : Sphere of Influence (2013)
- Dopplereffekt : Gene Silencing (2017)
- Gesloten Cirkel : Submit X (2014)
- Helena Hauff : c45p (2013)
- Gesaffelstein : Orck (2019)
- Boys Noize : Mvinline (2021)
- Angèle (3), Justice : What You Want (2026)
- Shyra Sanchez : Operator (2026)
- Bebe Rexha : Çike Çike (2026)
Fiche technique
- Tempo : 125 à 140 BPM
- Apparition : vers 1997
- Machines : Roland TR-808, Vocodeur, Synthétiseur modulaire
- Le son : Roland TR-808 et clones, Vocoder, Basses electro analogiques, Modulaire (scène récente)
- Labels : International Deejay Gigolo Records, Viewlexx, Mechatronica, brokntoys, Central Processing Unit, Bunker
- Artistes clés : I-F, Anthony Rother, Legowelt, Helena Hauff, DJ Stingray 313, Carl Finlow
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
L'electro moderne se joue dans les clubs techno : 128 à 140 BPM, I-F vers 130, Helena Hauff et DJ Stingray souvent au-delà de 135. La grille reste stricte mais, contrairement à Detroit, le feel est plus lourd et plus sale : les kicks ont plus de sub, les sons sont saturés. Ce qui change aussi, c'est la place du four on the floor : beaucoup de titres alternent des sections electro syncopées et des sections où le kick tombe sur chaque temps, pour se mixer avec la techno. Choisis 134 BPM comme point de départ, et prévois dès la programmation les deux variantes de kick pour pouvoir basculer.
La rythmique
808 ou clone (Behringer RD-8, Roland TR-8S, kits 808 dans Drum Rack) avec un traitement plus dur que Detroit. Kick sur 1, le « et » de 2 et le pas 12, decay 350 ms, passé dans un Drum Buss avec 20 % de drive et un Boom léger à 50 Hz. Clap ou caisse claire sur 2 et 4, souvent les deux empilés avec une réverbération courte et un transient shaper. Charley fermé en doubles croches avec vélocités alternées, charley ouvert sur les contretemps, parfois un charley 606 plus fin par-dessus. Ajoute des percussions modulaires ou des bruits FM courts sur des contretemps imprévus, et des toms 808 en fills. Programme un pattern B en four on the floor pour les sections techno.
La basse
Basse electro analogique, plus grosse qu'à Detroit : dent de scie avec un sub sinusoïdal en dessous, sur Analog, Repro-1 ou un module VCO. Cutoff à 350 Hz, résonance moyenne, enveloppe de filtre à decay court de 100 ms, et une distorsion après le synthé : Saturator ou Roar, drive 8 dB, pour le grain. Doubles croches en sauts d'octave sur la fondamentale, avec des notes de passage chromatiques en fin de phrase, en mineur, souvent en la ou en fa. Le livre d'Attack décrit une basse sur laquelle le cutoff est automatisé un peu à chaque mesure et davantage avant chaque tournant de 4 mesures : c'est exactement le mouvement à donner ici. Sidechain par le kick, 4 dB, release 150 ms.
Les sons
Le vocodeur est de retour comme voix principale, souvent avec un texte froid et un rendu plus large, doublé d'un chorus. Les leads viennent d'un modulaire ou d'un synthé mono saturé, avec des séquences en doubles croches et un ratcheting sur certains pas (répète une note en triples croches). Les stabs d'accords mineurs sont courts et passés dans un delay en croches pointées. Chez I-F et Legowelt, une couleur italo : arpèges en octave, nappes de Juno, un lead sinusoïdal en écho. Le livre d'Attack conseille de faire jouer aux arpèges des sons courts et piqués, attaque instantanée, decay bref, pour ne pas envahir le mix. Ajoute du bruit blanc en montée, absent chez Detroit, pour les transitions de club.
L’arrangement
Format club de six à sept minutes, mixable : intro de 32 mesures avec batterie et un élément, corps en sections de 16, break vers le milieu avec montée de bruit blanc et filtre sur 8 à 16 mesures, retour sur un roulement ou un silence d'un temps, outro de 32 mesures. Alterne les sections electro syncopées et les sections four on the floor pour changer l'énergie sans changer les sons. Les automations de cutoff et de distorsion font les montées. Prévois un deuxième break plus court à trois quarts du morceau. Le vocodeur revient comme un refrain toutes les 32 mesures. C'est plus dramatique que Detroit et beaucoup plus construit que l'electro-funk.
Le mix
Plus chargé et plus fort que le reste de la famille, calibré pour les systèmes de club. Kick à -6 dBFS, basse sidechainée derrière, sub mono jusqu'à 35 Hz. Saturation sur presque tout, distorsion sur la basse et les leads, Drum Buss sur la batterie. Réverbération autorisée, mais courte sur la batterie (300 ms) et moyenne sur les stabs (1,2 s), avec un pré-delay de 20 ms. Compression de bus Glue à 2:1, attaque 10 ms, release auto, 2 dB de réduction. Un EQ dynamique sur la basse à 200 Hz évite la boue. Master vers -8 LUFS intégrés avec un limiteur, le style accepte la pression. Vérifie en mono : les basses larges à la Legowelt s'effondrent sinon.
Les plugins et machines
- Behringer RD-8 (machine) : Clone 808 analogique abordable de la vague 2010, kick au decay 350 ms passé ensuite dans Drum Buss ; Roland TR-8S est l'alternative numérique.
- Roland TR-707 (machine) : Helena Hauff la cite comme son outil préféré, amusante à programmer et utile comme contrôleur maître pour le reste du setup.
- Moog Mother-32 (machine) : Semi-modulaire cité dans le livre d'Attack, pour les leads saturés en séquences de 16 pas avec ratcheting et les percussions modulaires.
- Roland SH-101 (machine) : Basse electro analogique en doubles croches et sauts d'octave, avec le cutoff qui bouge à chaque tournant de 4 mesures ; TAL-BassLine-101 aujourd'hui.
- u-he Repro-1 (plugin) : Dent de scie plus sub sinus, cutoff à 350 Hz, decay 100 ms, avant une distorsion ; Ableton Analog ou un VCO modulaire font pareil.
- Ableton Drum Buss (plugin) : Sur le bus batterie avec 20 % de drive et un Boom léger à 50 Hz, le traitement qui rend la 808 plus dure et plus sale que Detroit.
- Ableton Roar (plugin) : Distorsion de 8 dB de drive après la basse et sur les leads pour le grain de club ; Saturator fait l'affaire dans les versions plus anciennes de Live.
- TAL-Vocoder (plugin) : Le vocodeur revenu voix principale, texte froid, doublé d'un chorus pour l'élargir, en refrain toutes les 32 mesures.
Pour commencer
- Tempo à 134 BPM, 808 : kick sur 1, le « et » de 2 et le pas 12 dans un Drum Buss avec 20 % de drive, clap et caisse claire empilés sur 2 et 4, charleys en doubles croches.
- Programme un pattern B où le kick tombe sur chaque temps, pour les sections techno.
- Construis une basse dent de scie plus sub sinus, cutoff 350 Hz, saturation 8 dB, doubles croches en sauts d'octave, sidechain 4 dB par le kick.
- Ajoute un lead mono ou modulaire en séquence de 16 pas avec deux pas en ratcheting, et un stab mineur dans un delay en croches pointées.
- Enregistre une phrase vocodée avec chorus qui reviendra toutes les 32 mesures.
- Arrange en format club : intro 32 mesures, sections de 16, break avec bruit blanc et filtre, alternance electro et four on the floor, outro 32 mesures.
À écouter en travaillant
- I-F : Space Invaders Are Smoking Grass (1997) : l'italo sale, vocodeur et basse en octaves, le point de départ du revival.
- DMX Krew : You Can't Hide Your Love (1997) : les claviers et les arpèges façon 1982 rejoués avec précision.
- DJ Stingray : Sphere of Influence (2013) : la vitesse, les sons saturés et le format club de la vague des années 2010.
- Gesloten Cirkel : Submit X (2014) : la basse énorme et la brutalité du mix, entre techno et electro.
Sources : Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitre Arpeggios, walkthrough Melodic techno arp) · Connaissances générales · Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitres Ask The Pros et Arpeggios) · Gearnews · Plugg Supply
La filiation
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Electro ?
Le revival mondial de l'electro à partir de la fin des années 1990 : I-F et la scène de La Haye en versant italo-sale, Anthony Rother en versant germanique, puis la vague des années 2010 autour de Dave Clarke, Helena Hauff et CPU. La 808 et le vocodeur redeviennent une langue vivante, entre clubs…
À quel tempo joue-t-on le Electro ?
Entre 125 et 140 BPM. L'electro moderne se joue dans les clubs techno : 128 à 140 BPM, I-F vers 130, Helena Hauff et DJ Stingray souvent au-delà de 135. La grille reste stricte mais, contrairement à Detroit, le feel est plus lourd et plus sale : les kicks ont…
Quels sont les artistes clés du Electro ?
I-F, Anthony Rother, Legowelt, Helena Hauff, DJ Stingray 313, Carl Finlow.
Avec quoi produit-on du Electro ?
Roland TR-808, Vocodeur, Synthétiseur modulaire, Behringer RD-8, Roland TR-707, Moog Mother-32, Roland SH-101, u-he Repro-1, Ableton Drum Buss, Ableton Roar.