Nitzhonot
Psy · 1997 · 145 à 155 BPM · aussi appelé Nitzhogoa
L'hérésie israélienne de la Goa, 1997-2000 : « nitzhonot » veut dire « victoires » en hébreu, et le son y va franchement, kicks durs quasi hardtrance, mélodies orientales grandioses jouées sans deuxième degré, montées euphoriques taillées pour les plages de Tel-Aviv plutôt que pour les plateaux de l'Himalaya. La scène psy internationale l'a méprisée à l'époque, précisément parce qu'elle était populaire, locale et sentimentale. Elle a brûlé vite, laissé une poignée d'hymnes, et sa descendance directe est l'uplifting israélien qui a nourri le full-on commercial. Genre éteint, réhabilité par la nostalgie.
6 morceaux de référence
- Power Source : Goaway (1997)
- Sandman : Witchcraft (1997)
- Oforia : Delirious (1998)
- Eyal Barkan : Good Morning Israel (1998)
- Eyal Barkan : Voyage (1999)
- Shiva Shidapu : Power of Celtic (1997)
Fiche technique
- Tempo : 145 à 155 BPM
- Apparition : vers 1997
- Machines : Roland JP-8000, Clavia Nord Lead, Akai S3000, Steinberg Cubase
- Le son : Kicks hardtrance durs, Leads orientaux en gammes phrygiennes, Arpégiateurs euphoriques, Cordes synthétiques grandioses, Production directe sans détour
- Labels : Trust In Trance Records, Phonokol
- Artistes clés : Eyal Barkan, Power Source, Shiva Shidapu, Sandman, Goldenfinger, Indoor
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Le nitzhonot pousse un peu plus que la goa dont il vient : 145 à 155 BPM, quelques titres jusqu'à 160. Le feel est carré, presque hardtrance : pas de superposition de cycles décalés comme dans la goa, mais des phrases de 8 mesures bien alignées, faites pour lever les bras. Ce qui change par rapport au full-on qui lui succédera, c'est la simplicité : un seul motif rythmique, un seul kick lourd, une mélodie qui prend toute la place. Compte en 16 mesures, et prévois des breaks courts qui reviennent souvent, toutes les 32 ou 48 mesures, parce que le genre vit de ses relances euphoriques.
La rythmique
Le kick est la signature : dur, long, avec un pitch qui descend vite, dans l'esprit de la hardtrance de l'époque, presque un « laser kick ». Fais-le dans Operator ou un kick synthétique : sinus avec enveloppe de pitch partant de 200 Hz vers 50 Hz en 40 ms, décroissance de 250 ms, puis une saturation franche. Il tombe sur chaque temps sans nuance. Le charley ouvert sur les contretemps de croche, à un volume élevé, donne le côté trance de plage. Un clap ou snare sur 2 et 4, souvent doublé d'une caisse claire 909. Des roulements de snare en doubles croches avant chaque relance, un crash sur le premier temps de chaque drop. Peu de percussions annexes : le kick et le charley font le travail.
La basse
La basse nitzhonot est plus simple que la basse rolling : deux formes coexistent. La première est une ligne en croches à contretemps, kick sur le temps et basse sur le « et », son dent de scie filtrée à 250 Hz, comme dans la hardtrance. La seconde reprend le motif goa en doubles croches, kick puis trois notes, mais avec un son plus rond et moins acide, sur JP-8000 ou Nord Lead. Choisis-en une et garde-la sur tout le morceau. Note fondamentale en E ou F#, et la basse suit les changements d'accord de la mélodie, contrairement à la psytrance qui reste sur une note. Un sub sinus sous la basse principale est nécessaire, car le kick long occupe beaucoup de place.
Les sons
Le brief donne JP-8000, Nord Lead, Akai S3000 : c'est un studio de trance de 1998. Le lead principal est un supersaw JP-8000 (ou son émulation, ou n'importe quel unisson à 7 voix) joué sur une gamme phrygienne ou mineure harmonique, avec des mélodies longues, chantantes, sans ironie. Empile dessus des cordes synthétiques grandioses sur un sampler ou une nappe de Nord Lead, et un arpégiateur en doubles croches sur l'accord, avec delay à la croche. Une ligne TB-303 discrète ajoute un peu d'acide. Les voix samplées, souvent des chants orientaux, passent dans une reverb longue. Aucune texture granulaire, aucun FX liquide : tout est mélodique et frontal.
L’arrangement
Une intro de 32 mesures, kick et basse seuls, puis les charleys. Vers la mesure 32, l'arpège arrive. Premier break dès la mesure 64 : kick coupé, cordes et lead exposés seuls pendant 16 mesures, roulement de snare, retour du kick avec la mélodie complète. Le morceau enchaîne ensuite deux ou trois cycles de 32 mesures de plateau et 16 de break, chaque break présentant une variation de la mélodie principale. Le dernier break est le plus long et le plus grandiose, avec les cordes en accords complets. Outro rapide, 16 à 32 mesures. Un titre dure 6 à 8 minutes. Le nitzhonot ne cache rien : la mélodie est là dès la première minute.
Le mix
Le mix d'époque est direct, un peu crade, et c'est une partie du charme. Le kick est fort, plus fort que dans la psytrance actuelle, et sa longue queue impose un passe-haut sévère sur tout le reste, vers 150 Hz. Ne le comprime pas trop : sa dynamique fait le côté martelé. Le supersaw prend les médiums, entre 500 Hz et 5 kHz, avec une reverb moyenne. Les cordes vont large en stéréo, avec un chorus. Pas de sidechain sophistiqué : un simple compresseur sur la basse, déclenché par le kick, ratio 4:1, release 100 ms, suffit. Le master peut rester vers -9 LUFS pour garder le côté bourru des productions Phonokol.
Les plugins et machines
- Roland JP-8000 (machine) : Le supersaw des leads orientaux, sept dents de scie détunées, joué en phrygien sans ironie. Roland Cloud propose son émulation officielle.
- Clavia Nord Lead 2 (machine) : Basses rondes en croches à contretemps et nappes de cordes synthétiques ; le synthé de studio israélien de 1998 par excellence.
- Akai S3000XL (machine) : Sampleur d'époque pour les chants orientaux, les cordes grandioses et les caisses claires 909 : rejoués sur un clavier, passés dans une reverb longue.
- Steinberg Cubase (daw) : Le séquenceur de Phonokol et de Trust in Trance : arrangement direct, roulements de snare avant chaque relance, aucune automation sophistiquée.
- Ableton Operator (plugin) : Pour refaire le kick laser aujourd'hui : sinus, pitch de 200 à 50 Hz en 40 ms, décroissance 250 ms, saturation franche derrière.
- Roland Cloud JP-8000 (plugin) : L'émulation du JP-8000 avec le même oscillateur supersaw ; sinon n'importe quel unisson à 7 voix dans Serum ou Sylenth1 fait l'affaire.
Pour commencer
- Projet à 150 BPM. Programme un kick synthétique long avec enveloppe de pitch de 200 vers 50 Hz, saturé, quatre par mesure.
- Écris une basse en croches à contretemps sur E1, dent de scie filtrée à 250 Hz, sub sinus dessous.
- Charge un supersaw à 7 voix et écris une mélodie phrygienne de 8 mesures sur E, longue et chantante.
- Ajoute des cordes synthétiques en accords sur 4 mesures, un arpège en doubles croches et un charley ouvert fort sur les contretemps.
- Arrange en cycles courts : 32 mesures de plateau, 16 de break avec kick coupé et roulement de snare, trois fois de suite.
- Mixe le kick fort avec un passe-haut à 150 Hz sur tout le reste, cordes larges, master vers -9 LUFS.
À écouter en travaillant
- Eyal Barkan : Good Morning Israel (1998) : le kick dur, la mélodie orientale sans détour et les breaks qui reviennent toutes les 32 mesures.
- Power Source : Goaway (1997) : encore proche de la goa dans les arpèges, mais déjà le kick et la basse en croches du nitzhonot.
- Sandman : Witchcraft (1997) : les cordes grandioses et le supersaw en montée, une matrice pour l'uplifting israélien.
- Shiva Shidapu : Power of Celtic (1997) : l'emprunt mélodique assumé et la relance euphorique, pour comprendre pourquoi la scène psy a boudé le genre.
Sources : connaissances générales · Wikipedia, article Nitzhonot (repères de tempo et de kick) · Wikipedia, article Nitzhonot · Melodigging, fiche Nitzhonot
La filiation
Vient de
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Nitzhonot ?
L'hérésie israélienne de la Goa, 1997-2000 : « nitzhonot » veut dire « victoires » en hébreu, et le son y va franchement, kicks durs quasi hardtrance, mélodies orientales grandioses jouées sans deuxième degré, montées euphoriques taillées pour les plages de Tel-Aviv plutôt que pour les plateaux de…
À quel tempo joue-t-on le Nitzhonot ?
Entre 145 et 155 BPM. Le nitzhonot pousse un peu plus que la goa dont il vient : 145 à 155 BPM, quelques titres jusqu'à 160. Le feel est carré, presque hardtrance : pas de superposition de cycles décalés comme dans la goa, mais des phrases de 8 mesures bien…
Quels sont les artistes clés du Nitzhonot ?
Eyal Barkan, Power Source, Shiva Shidapu, Sandman, Goldenfinger, Indoor.
Avec quoi produit-on du Nitzhonot ?
Roland JP-8000, Clavia Nord Lead, Akai S3000, Steinberg Cubase, Clavia Nord Lead 2, Akai S3000XL, Ableton Operator, Roland Cloud JP-8000.