Goa Trance
Psy · 1991 · 135 à 150 BPM · aussi appelé Psychedelic Goacore, Nitzhogoa, Newskool Goa, NeoGoa, Goa
Goa, Inde, fin des années 1980 : des DJ européens jouent sur les plages une électronique psychédélique éditée sur cassettes et DAT, mélange de body music, d'acid et de new beat ré-accéléré. Le style se formalise au début des années 1990, arpèges orientaux, lignes acides tressées, montées en spirale autour de 140 battements. C'est le mythe fondateur de toute la culture psytrance, et son âge d'or 1994-1997 reste un canon vénéré.
25 morceaux de référence
- The Infinity Project : The Law (1991)
- Trilithon : Prayer (Mutant Version) (1991)
- S.M.I.L.E. : Call Of The Huichol (1992)
- Juno Reactor : Laughing Gas (1993)
- Hallucinogen : LSD (1994)
- Man With No Name : Teleport (1996)
- Juno Reactor : Guardian Angel (1995)
- Astral Projection : Mahadeva (1996)
- Astral Projection : Kabalah (1996)
- Pleiadians : Maia (1997)
- Filteria : Made Out Of Trance (2022)
- Filteria : Crimefighter Frog (2022)
- Hallucinogen : Shamanix (Domestic & Spacecat Remix) (2022)
- Juno Reactor : Conga Fury (Gorovich Remix) (2022)
- Prānā* : Sense Of Unity (2023)
- Astral Projection : Nilaya (1996)
- Juno Reactor : God Is God (1997)
- Pleiadians : Alcyone (1997)
- The Muses Rapt : Spiritual Healing (1993)
- Juno Reactor : 10,000 Miles
- Juno Reactor : Mona Lisa Overdrive
- Juno Reactor : Children Of The Night
- Astral Projection : Let There Be Light
- Juno Reactor : High Energy Protons
- Juno Reactor : Masters Of The Universe
Fiche technique
- Tempo : 135 à 150 BPM
- Apparition : vers 1991
- Machines : Roland TB-303, Yamaha DX7, Roland TR-909
- Le son : Yamaha DX7 et FM orientale, Arpèges superposés en couches, DAT et éditions longues
- Labels : Dragonfly Records, Suntrip Records, Blue Room Released, TIP Records, Flying Rhino Records, DAT Records
- Artistes clés : Goa Gil, Astral Projection, Man With No Name, Hallucinogen, Etnica, Juno Reactor
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Cale ton projet entre 140 et 145 BPM. La goa ne swingue pas : tout est quantisé en doubles croches droites, sans groove ni humanisation. Le feel vient d'ailleurs : des couches d'arpèges qui tournent à des vitesses différentes (croches sur une couche, doubles croches sur l'autre, triolets de croches sur une troisième) et qui se décalent l'une contre l'autre. Pense en cycles de 8 et 16 mesures, mais avec des phrases mélodiques de 3 ou 6 mesures qui se superposent au cycle carré : c'est ce frottement qui donne l'impression de spirale. Un morceau goa classique dure 8 à 10 minutes, parfois plus, sans jamais ralentir.
La rythmique
Le kick vient d'une TR-909, court, avec un peu de saturation sur le clic pour qu'il perce à 140 BPM. Quatre par mesure, vélocité constante. Pas de caisse claire au sens rock : un clap 909 ou un snare fin sur les temps 2 et 4, souvent noyé dans une reverb courte. Les charleys fermés jouent les doubles croches avec une alternance forte et faible (vélocité 110 puis 70), le charley ouvert tombe sur les contretemps de croche. Ajoute des percussions synthétiques : congas 909 ou tablas échantillonnées jouant un motif de 2 mesures, des rides à la noire pendant les plateaux. Le rythme reste simple : il sert de tapis aux couches mélodiques.
La basse
La basse goa n'est pas encore la basse roulante de la psytrance : c'est une ligne de TB-303 ou de synthé analogique en dents de scie, filtrée en passe-bas vers 300 Hz, qui joue des doubles croches sur la fondamentale avec des sauts d'octave et des notes accentuées. Le kick tombe sur le temps, la basse joue les trois doubles croches suivantes, mais ajoute des glissandi et des accents (vélocité 127) sur le « a » du temps, comme le fait la 303. Note typique : E ou F, jamais plus haut que le deuxième octave. Layer une deuxième 303 avec la résonance montée qui joue la même ligne une octave au-dessus : les deux lignes tressées font le fameux « acid goa ». Sous tout ça, un sinus simple double la fondamentale.
Les sons
Trois familles de sons font la goa. D'abord la Yamaha DX7 ou son émulation (Dexed, gratuit, ou FM8) : des leads FM avec un ratio de modulateur à 2 ou 3, une enveloppe d'attaque courte et un vibrato rapide, joués en gammes phrygiennes ou en mineur harmonique pour la couleur orientale. Ensuite les arpèges : trois à cinq couches d'arpégiateurs sur des dents de scie fines, chacune sur un intervalle différent (fondamentale, quinte, octave), avec un delay en croche pointée. Enfin la TB-303 pour les lignes acides. Les effets signature : un phaser lent sur les nappes, un delay ping-pong à la croche, des balayages de filtre sur 16 mesures. Les voix samplées viennent de documentaires ou de films de science-fiction.
L’arrangement
Construis en spirale, pas en drop. Une intro de 32 mesures pose le kick et une première couche d'arpège. Tous les 16 ou 32 mesures, une couche s'ajoute (arpège 2, ligne 303, lead FM) sans qu'aucune ne disparaisse vraiment : la densité monte sans arrêt. Prévois un changement de tonalité au milieu du morceau, souvent d'une tierce mineure vers le haut, préparé par un break de 8 mesures où seuls les arpèges restent. Les breaks goa sont mélodiques, pas silencieux : on coupe le kick, on garde les couches, on relance avec un roulement de 909. Vise 9 minutes. Une fin longue, avec les couches retirées une par une, pour laisser le DJ mixer.
Le mix
Le mix goa d'époque est chargé dans les médiums et peu compressé : c'était mixé sur DAT sans limiteur de mastering. Aujourd'hui tu peux garder cet esprit : laisse de la dynamique, ne vise pas plus fort que -10 LUFS. Le défi est de faire coexister cinq couches d'arpèges : donne à chacune sa bande avec un passe-haut à 200 Hz et un coup de cloche vers sa fréquence de brillance (2 kHz, 4 kHz, 8 kHz selon la couche). Étale-les en stéréo avec un panoramique différent par couche et un chorus léger. Le kick et la basse restent mono sous 150 Hz. Un peu de saturation à bande sur le bus master, en douceur, recolle l'ensemble et rappelle le grain des cassettes.
Les plugins et machines
- Roland TB-303 (machine) : Les lignes acides tressées de la goa viennent de là : dent de scie, résonance montée, accents et slides. Aujourd'hui remplacée par AudioRealism ABL3 ou D16 Phoscyon 2.
- Yamaha DX7 (machine) : Les leads FM orientaux, ratio de modulateur à 2 ou 3, vibrato rapide, joués en phrygien. Dexed, gratuit, charge les mêmes patchs SysEx.
- Roland TR-909 (machine) : Kick court saturé, clap sur 2 et 4, congas et rides des plateaux. Un pack de samples 909 ou D16 Drumazon 2 suffit largement.
- Roland SH-101 (machine) : Mono analogique de Posford et de l'école anglaise : basses carrées filtrées et séquences en croches, avec son séquenceur interne bouclé sur le kick.
- Kurzweil K2000 (machine) : Sampleur-synthé du premier album de Hallucinogen : nappes, voix de documentaires et percussions samplées, empilées sur les couches d'arpèges.
- Dexed (plugin) : Émulation gratuite du DX7 à six opérateurs : tu y règles les enveloppes courtes et les ratios entiers qui donnent la couleur goa sans chercher une machine.
- Ableton Live (daw) : Ses arpégiateurs MIDI empilés sur plusieurs pistes, chacun à sa vitesse, reproduisent les spirales goa ; Echo en croche pointée sur chaque couche.
Pour commencer
- Ouvre un projet à 142 BPM, pose un kick 909 en quatre par mesure et une ligne 303 en doubles croches sur la note E, avec des accents sur le « a » de chaque temps.
- Programme une première couche d'arpégiateur (dents de scie, mode up, doubles croches) sur un accord de E mineur, puis une deuxième une quinte plus haut en croches.
- Charge Dexed ou FM8, crée un lead FM avec ratio 2 et vibrato, écris une mélodie phrygienne de 4 mesures sur E.
- Ajoute charleys en doubles croches alternées, clap sur 2 et 4, congas sur un motif de 2 mesures.
- Arrange en spirale : ajoute une couche toutes les 16 mesures, place un changement de tonalité vers G mineur à la moitié.
- Pose un delay en croche pointée sur les arpèges et un phaser lent sur la nappe, puis mixe chaque couche dans sa propre bande.
À écouter en travaillant
- Hallucinogen : LSD (1994) : écoute comment les couches d'arpèges se décalent et comment le lead FM entre par-dessus, c'est l'archétype du son goa.
- Man With No Name : Teleport (1996) : la ligne de basse acide tressée avec le lead, et la montée par accumulation, sans drop.
- Juno Reactor : Laughing Gas (1993) : le versant plus lent et plus tribal, percussions échantillonnées et 303 en avant.
- The Infinity Project : The Law (1991) : le proto-goa, encore proche de l'acid et de l'EBM, pour entendre d'où vient le pulse.
Sources : connaissances générales · Gearspace (fils 90's Psy/Goa trance et Ultimate Goa Trance technique) · Vintage Synth Explorer Forums (synthés d'Astral Projection)
La filiation
Vient de
A donné
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Goa Trance ?
Goa, Inde, fin des années 1980 : des DJ européens jouent sur les plages une électronique psychédélique éditée sur cassettes et DAT, mélange de body music, d'acid et de new beat ré-accéléré. Le style se formalise au début des années 1990, arpèges orientaux, lignes acides tressées, montées en…
À quel tempo joue-t-on le Goa Trance ?
Entre 135 et 150 BPM. Cale ton projet entre 140 et 145 BPM. La goa ne swingue pas : tout est quantisé en doubles croches droites, sans groove ni humanisation. Le feel vient d'ailleurs : des couches d'arpèges qui tournent à des vitesses différentes (croches sur…
Quels sont les artistes clés du Goa Trance ?
Goa Gil, Astral Projection, Man With No Name, Hallucinogen, Etnica, Juno Reactor.
Avec quoi produit-on du Goa Trance ?
Roland TB-303, Yamaha DX7, Roland TR-909, Roland SH-101, Kurzweil K2000, Dexed, Ableton Live.