Psydub
Psy · 1993 · 80 à 110 BPM · aussi appelé Ambient Psy, Ambient Goa, Psy Chill, Psy Dub, Psychedelic Chillout, Downtempo Psy, Psy Breaks, Deep Trance
Le psychédélique posé sur les basses du dub : mi-tempo, échos infinis, textures orientales et organiques, l'héritage de Shpongle et de la scène chill des festivals psytrance. C'est la musique des zones de repos devenue genre autonome, avec ses producteurs dédiés et ses labels, entre voyage et sieste éveillée.
7 morceaux de référence
- Lumukanda : Sunday St Kilda Setdown (1993)
- Young American Primitive : Sunrise (1993)
- Tranquility Bass : Mya Yadana (1993)
- Shpongle : Divine Moments of Truth (1998)
- Ott : Rogue Bagel (2003)
- Shpongle : Tickling the Amygdala (2023)
- Globular : Entangled Everything (2021)
Fiche technique
- Tempo : 80 à 110 BPM
- Apparition : vers 1993
- Machines : Ableton Live, Roland RE-201 Space Echo, Native Instruments Absynth
- Le son : Basses dub profondes, Delays à bande, Instruments ethniques samplés ou joués, Nappes granulaires
- Labels : Twisted Records, Interchill, Merkaba Music, Desert Trax, Shanti Planti, Dakini
- Artistes clés : Shpongle, Ott, Kalya Scintilla, Desert Dwellers, Globular
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Le psydub descend entre 70 et 100 BPM, avec beaucoup de titres vers 85 à 95. Le feel est en demi-temps : la caisse claire tombe sur le 3, pas sur le 2 et le 4, ce qui donne l'impression d'une lenteur profonde même quand les charleys jouent des doubles croches. Le swing est bienvenu, 55 à 60 % sur les percussions, et les instruments joués apportent leurs micro-retards naturels. Ce qui change par rapport à la psytrance dont il vient, c'est le rapport au temps : les delays à la croche pointée et à la noire pointée créent des cycles longs qui se superposent au tempo lent. Un morceau dure 7 à 12 minutes et ne presse jamais.
La rythmique
Le kick est profond et long, accordé vers 45 à 50 Hz, avec un corps de 300 ms : il a toute la place. Souvent un sample de kick de dub acoustique, doublé d'un kick 808. Motif de base : kick sur 1 et sur le « et » de 2, snare sur 3, avec un rimshot dub qui claque. Les charleys sont fins, en doubles croches avec swing, souvent remplacés par des shakers et des percussions ethniques : tablas, udu, dumbek, découpés et rejoués. Les percussions passent dans un delay à bande, avec un envoi automatisé : une frappe de rimshot envoyée dans le Space Echo tous les 4 temps. Des toms accordés sur les fins de phrase. Le groove doit donner envie de balancer la tête, pas de sauter.
La basse
La basse dub profonde du brief : un sinus ou un triangle avec une attaque douce (10 à 20 ms), une décroissance longue et un filtre passe-bas à 120 Hz. Pas de distorsion, ou très peu de saturation à lampe. Les lignes suivent la tradition dub : des notes longues sur la fondamentale, une descente de quinte à la fin de la phrase, des silences sur le premier temps parfois. Fondamentale en D, E ou F, sur l'octave 1 ou 0. La relation au kick est souple : la basse peut anticiper le kick ou le suivre d'une croche. Trilian ou une basse électrique jouée fonctionnent aussi. Ajoute un très léger chorus au-dessus de 200 Hz pour la rondeur, et laisse la basse tenir la note jusqu'à ce que la suivante arrive.
Les sons
Le Space Echo RE-201 est l'instrument central, réel ou émulé (Echo dans Ableton avec le mode bande, ou une émulation dédiée) : delay à la croche pointée, feedback élevé, filtre qui assombrit, et ce wobble qui fait respirer chaque répétition. Envoie tout dedans par moments : snare, voix, flûte, accord. Les instruments ethniques du brief, samplés ou joués : flûte bansuri, sitar, oud, didgeridoo, chants. Absynth et les granulateurs fabriquent les nappes : un sample de chant étiré en nuage, un LFO lent sur le filtre. Les accords sont des skanks dub sur un orgue ou un piano électrique, avec un delay et une reverb à ressort. Ajoute les FX liquides de la psytrance, mais ralentis et étirés.
L’arrangement
Le psydub prend son temps. Intro de 16 à 32 mesures sur une nappe et un instrument ethnique, sans kick. Le kick et la basse entrent, puis le morceau se déroule en sections de 16 mesures où les instruments se relaient. Les breaks sont des passages où kick et basse disparaissent et où les delays continuent de tourner, parfois pendant 32 mesures. Prévois un « dub mix » d'un thème : la même phrase de flûte rejouée avec le Space Echo à fond. Une section plus rythmée vers les deux tiers, avec toutes les percussions. Vise 9 minutes ou plus. Pour un set chill de festival, une fin longue en delay seul est parfaitement jouable.
Le mix
La profondeur est la priorité. Le kick et la basse sont mono, très en avant, avec un EQ qui laisse le sub respirer jusqu'à 30 Hz. Un passe-haut à 100 Hz sur le reste. La reverb à ressort sur les percussions et la reverb longue sur les nappes sont deux espaces différents : ne les mélange pas. Le Space Echo va en envoi, avec le retour large en stéréo. Compression douce sur le bus percussions, ratio 3:1, attaque lente. Pas besoin de limiteur poussé : vise -10 à -12 LUFS, la musique de chill n'est pas une compétition de niveau. Le master peut passer dans une saturation à bande douce pour le liant. Écoute sur un caisson : le sub doit être rond, jamais boueux.
Les plugins et machines
- Roland RE-201 Space Echo (machine) : L'instrument central : delay en croche pointée, feedback élevé, wobble de bande. En logiciel : Universal Audio RE-201 ou Arturia Delay TAPE-201.
- Ableton Live (daw) : Echo en mode bande sur un envoi, automation de l'envoi tous les 4 temps sur un rimshot : le dubbing en direct dans le DAW.
- Native Instruments Absynth (plugin) : Nappes granulaires : un chant étiré en nuage, LFO lent sur le filtre, sous les basses profondes.
- Spectrasonics Omnisphere (plugin) : Instruments ethniques samplés et nappes orientales, sitar, bansuri, chants, avec ses propres delays et son granulateur intégré.
- Spectrasonics Trilian (plugin) : La basse dub tenue : basse électrique ou sinus avec attaque douce, décroissance longue, chorus léger au-dessus de 200 Hz.
- Eventide H3000 (machine) : Le multi-effets de Simon Posford, présent sur tout Shpongle : pitch shifts, delays modulés et FX liquides ralentis. H3000 Factory en plugin.
- Valhalla VintageVerb (plugin) : Deux espaces séparés : mode plate ou spring court pour les percussions, hall long pour les nappes, jamais mélangés.
Pour commencer
- Projet à 90 BPM. Kick profond accordé en E vers 48 Hz, motif kick sur 1 et le « et » de 2, snare ou rimshot sur 3.
- Basse sinus avec attaque de 15 ms sur E1, notes longues, descente de quinte en fin de phrase de 4 mesures.
- Ajoute des percussions ethniques samplées en doubles croches avec swing à 57 %, envoie le rimshot dans un delay à bande à la croche pointée.
- Enregistre ou sample une flûte ou un sitar, joue un thème de 8 mesures, envoie-le dans le Space Echo avec feedback élevé.
- Étire un chant dans un granulateur pour faire une nappe, ajoute des skanks d'orgue sur les contretemps avec reverb à ressort.
- Arrange 9 minutes avec intro sans kick, sections de 16 mesures, un break de 32 mesures en delay seul, fin longue.
À écouter en travaillant
- Shpongle : Divine Moments of Truth (1998) : le mélange des instruments ethniques, des delays et des textures psy au ralenti.
- Ott : Rogue Bagel (2003) : la basse dub profonde et le Space Echo utilisé comme instrument sur les percussions.
- Shpongle : Tickling the Amygdala (2023) : la production psydub actuelle, plus dense et plus propre.
- Young American Primitive : Sunrise (1993) : la préhistoire du genre, chill goa avec les mêmes delays.
Sources : connaissances générales · Equipboard, fiche Shpongle (Simon Posford) · Gearspace, fil Shpongle FX question · Wikipedia, article Psydub
La filiation
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Psydub ?
Le psychédélique posé sur les basses du dub : mi-tempo, échos infinis, textures orientales et organiques, l'héritage de Shpongle et de la scène chill des festivals psytrance. C'est la musique des zones de repos devenue genre autonome, avec ses producteurs dédiés et ses labels, entre voyage et…
À quel tempo joue-t-on le Psydub ?
Entre 80 et 110 BPM. Le psydub descend entre 70 et 100 BPM, avec beaucoup de titres vers 85 à 95. Le feel est en demi-temps : la caisse claire tombe sur le 3, pas sur le 2 et le 4, ce qui donne l'impression d'une lenteur profonde même quand les charleys…
Quels sont les artistes clés du Psydub ?
Shpongle, Ott, Kalya Scintilla, Desert Dwellers, Globular.
Avec quoi produit-on du Psydub ?
Ableton Live, Roland RE-201 Space Echo, Native Instruments Absynth, Spectrasonics Omnisphere, Spectrasonics Trilian, Eventide H3000, Valhalla VintageVerb.