Baltimore Club
Bass · 1992 · 128 à 135 BPM · aussi appelé Bmore Club, Baltimore Breaks
Baltimore, années 1990 : la house au chalumeau, breaks Sing Sing et Think martelés en 8-4-4, samples criés en boucle, 130 battements sans pause. Musique locale, crue et directe, restée trente ans dans ses clubs avant que les scènes Jersey et Philly n'en fassent la souche du club music actuel. K-Swift et Rod Lee en sont la mémoire.
12 morceaux de référence
- Frank Ski : Whores in This House (1992)
- K-Swift : Bang Bang (1992)
- DJ Class : Tear Da Club Up (1995)
- Rod Lee : Dance My Pain Away (2005)
- Blaqstarr : Get Off (2006)
- DJ Class : I'm the Shit (2009)
- TT The Artist & Mighty Mark : Do Dat Dance (2020)
- Big Dope P, Mighty Mark : Ugly (2021)
- Househead Samira : Throw It Up (2021)
- Kesha : Only Love Can Save Us Now (2023)
- PinkPantheress : Stars + Yves
- James Blake : Days Go By
Fiche technique
- Tempo : 128 à 135 BPM
- Apparition : vers 1992
- Machines : Akai MPC, Roland TR-808, Platines vinyle
- Le son : Break Sing Sing, Break Think, Kicks 8-4-4, Samples vocaux criés en boucle
- Labels : Club Kingz Records, Unruly Records, TCP, Moveltraxx
- Artistes clés : Rod Lee, K-Swift, DJ Class, Scottie B, Blaqstarr
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Entre 125 et 135 BPM, 130 est le centre historique. Le feel est droit, sans swing programmé : le groove vient des breaks Think et Sing Sing qui tournent en boucle et apportent leur propre shuffle enregistré. Les kicks sont durs et répétés, la musique ne s'arrête jamais. Ce qui change par rapport à la house de Chicago dont il descend : la crudité, la vitesse, l'absence de mélodie, et la culture hip-hop du sample crié. Ce qui le distingue du Jersey club qui le suit : les kicks sont plus droits et moins en triolets, les samples vocaux sont des cris de foule plus que des hoquets chantés.
La rythmique
Le break Think de Lyn Collins et les shakers de Sing Sing de Gaz, samplés, découpés et rejoués dans un MPC ou Simpler en mode Slice. Par-dessus, un kick 808 énorme et étouffé, joué en pattern syncopé : par exemple kick sur 1, 2, le « a » du 3 et le « et » du 4, un point de départ que les guides de Jersey club donnent aussi. Clap de 808 sur 2 et 4. Les breaks sont coupés, répétés, arrêtés net et relancés. Un fill de snare en doubles croches toutes les 8 mesures. Pas de charleys programmés : les shakers du break font ce travail. Répétition et martèlement.
La basse
Le kick 808 fait office de basse : long, étouffé, avec un decay de 400 à 600 ms, il occupe le sub à lui seul. Beaucoup de morceaux n'ont pas d'autre basse. Si tu en ajoutes une, une sine simple ou un sample de basse funk, sur les fondamentales, en notes courtes qui doublent le kick sur certaines positions. Une tonalité mineure ou pas de tonalité du tout. La basse ne doit jamais prendre la place du break : elle reste sous le kick, très simple. Coupe-la pendant que le kick joue si les deux se gênent, avec un sidechain rapide.
Les sons
Samples vocaux criés, une phrase de rap ou un cri de foule, coupés à une syllabe ou deux et bouclés en doubles croches ou en croches. Sirènes, cuivres samplés d'un disque de funk, un sifflet, un cri de DJ. Des extraits de dessins animés ou de télé. Un stab de synthé très simple, une note ou deux. Platines vinyle et MPC, un kit 808 pour le kick et le clap. Aucun sound design : tout vient de samples pris à la volée et joués vite. L'énergie est dans la voix qui hurle en boucle et dans le break qui ne lâche pas.
L’arrangement
3 à 4 minutes, sans nuance. Intro sur le break seul, 8 à 16 mesures, avec le clap. Le kick 808 entre d'un coup, souvent après une minute dans les classiques. Le sample vocal arrive en boucle, se coupe, revient. Blocs de 8 mesures, chaque bloc change une chose : le break s'arrête, un nouveau cri, un fill. Pas de breakdown mélodique : au mieux, 4 mesures de voix seule avant le retour du kick. Fin brutale. Un morceau de Baltimore club est un outil de DJ et de danse : il doit tenir en boucle et supporter les coupures.
Le mix
Brut, sans polissage, presque clippé. Kick 808 vers -3 dB crête, mono, coupé sous 35 Hz, il domine tout. Break saturé et compressé fort, ratio 8:1, attaque 1 ms, pour qu'il tape. Clap sec et fort, sans reverb. Voix criée compressée à 6:1 et poussée devant, avec un high-pass à 300 Hz. Pas d'effets de spatialisation, tout est mono ou presque. Un clipper sur le master plutôt qu'un limiteur, cible vers -6 LUFS. Ne cherche pas à nettoyer : le grain du sample et le clip du 808 sont le son. Vérifie seulement que le kick ne masque pas la voix.
Les plugins et machines
- Akai MPC2000XL (machine) : Le break Think et les shakers de Sing Sing tranchés et rejoués aux pads, coupés net et relancés.
- Roland TR-808 (machine) : Kick étouffé de 400 à 600 ms qui fait office de basse, clap sur 2 et 4 ; un kit 808 samplé suffit.
- Ensoniq ASR-10 (machine) : Le sampler des premiers producteurs de Baltimore : phrases prises sur vinyle et CD, bouclées à une syllabe.
- Technics SL-1200 (materiel) : Les platines pour sampler les breaks, les cris de foule et les cuivres de funk à la volée, puis les jouer en club.
- Breaks Think (About It) et Sing Sing (samples) : Les deux breaks source, Lyn Collins et Gaz : découpés dans Simpler en mode Slice, ils apportent leur shuffle enregistré.
- Ableton Live (daw) : Simpler en Slice pour le break, Drum Rack pour le kick 808 syncopé, clipper sur le master, blocs de 8 mesures.
Pour commencer
- Règle Ableton à 130 BPM, sample le break Think ou un break équivalent, découpe-le dans Simpler en Slice.
- Ajoute des shakers de disco en doubles croches et un clap 808 sur 2 et 4.
- Programme un kick 808 étouffé en pattern syncopé, avec un decay de 500 ms qui fait office de basse.
- Boucle une syllabe de rap ou un cri de foule en doubles croches, coupe-la et relance-la.
- Arrange en blocs de 8 mesures : break seul, entrée du kick, cris, coupures, fin brutale.
- Mixe brut : kick devant en mono, break saturé, voix compressée, clipper sur le master.
À écouter en travaillant
- Frank Ski : Whores in This House (1992) : le cri en boucle sur le break, la matrice du genre.
- DJ Class : Tear Da Club Up (1995) : le kick 808 étouffé et le break Think martelé.
- Rod Lee : Dance My Pain Away (2005) : la version plus mélodique, avec une voix chantée sur la même mécanique.
- Blaqstarr : Get Off (2006) : la transition vers un son plus synthétique qui mène au club music actuel.
Sources : Connaissances générales · Red Bull Music Academy Daily, Sing Sing : A Loop History · Orphiq, What Is Jersey Club ? Sound, BPM, and Kick Pattern (orphiq.com) · Red Bull Music Academy Daily, Sing Sing: A Loop History · Melodics, Classic Breaks: Sing Sing, Think & Doggone · Baltimore Sun, What makes a Baltimore Club hit? · Wikipedia, Baltimore club
La filiation
Vient de
A donné
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Baltimore Club ?
Baltimore, années 1990 : la house au chalumeau, breaks Sing Sing et Think martelés en 8-4-4, samples criés en boucle, 130 battements sans pause. Musique locale, crue et directe, restée trente ans dans ses clubs avant que les scènes Jersey et Philly n'en fassent la souche du club music actuel.…
À quel tempo joue-t-on le Baltimore Club ?
Entre 128 et 135 BPM. Entre 125 et 135 BPM, 130 est le centre historique. Le feel est droit, sans swing programmé : le groove vient des breaks Think et Sing Sing qui tournent en boucle et apportent leur propre shuffle enregistré. Les kicks sont durs et…
Quels sont les artistes clés du Baltimore Club ?
Rod Lee, K-Swift, DJ Class, Scottie B, Blaqstarr.
Avec quoi produit-on du Baltimore Club ?
Akai MPC, Roland TR-808, Platines vinyle, Akai MPC2000XL, Ensoniq ASR-10, Technics SL-1200, Breaks Think (About It) et Sing Sing, Ableton Live.