Speedcore

Hardcore · 1993 · 220 à 320 BPM · aussi appelé Splittercore, Extratone, Flashcore

Au-delà de 250 battements, parfois 1000 : le tempo lui-même devient le sujet. Né des extrêmes du hardcore au milieu des années 1990, entre Australie (Bloody Fist), Allemagne et Japon, le speedcore est un défi de production autant qu'une musique, entre performance conceptuelle et défouloir. Moby a involontairement fondé le concept avec Thousand et son record Guinness.

19 morceaux de référence

  1. Moby : Thousand (1993)
  2. Disciples of Annihilation : Industrial Power (1994)
  3. Delta 9 : Deep 13 (1994)
  4. Delta 9 : Real Hardcore (1994)
  5. The Berzerker : Reality (2000)
  6. m1dy : Speedcore Dandy (2003)
  7. m1dy : Crash (2003)
  8. Nasenbluten : Cunt Face (1994)
  9. Kobaryo : Windows 10000 (2021)
  10. DJKurara : Noise Of Yandere (2021)
  11. travongle : Happy Loli Being As Happy As Never Before / 100%マジカルノイズ (2022)
  12. Kobaryo : Future Downloader (2022)
  13. EURO-LATAM Techno Alliance : Nuke Vol. 16 (2023)
  14. Machine Girl : The Fortress (The Blood Inside...)
  15. Machine Girl : Ginger Claps
  16. t+pazolite : Call me it. (500 Tortures)
  17. DJ Sharpnel : We Luv Lama
  18. Kobaryo : Invisible Frenzy
  19. t+pazolite : To Luv Me I *** for U.

Fiche technique

Produire ce style

Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.

Tempo et groove

À partir de 250 BPM, et jusqu'à 1000 et au-delà. Ce n'est plus vraiment un tempo, c'est une fréquence : à 600 BPM, dix kicks par seconde, et l'oreille n'entend plus des coups mais un bourdonnement. Ce qui distingue le speedcore du terrorcore, c'est donc que le kick devient une texture, et que le producteur joue avec le passage entre les deux états : rafales fusionnées puis retour à des coups distincts. Techniquement, tu peux rester à 300 BPM dans ton DAW et programmer des kicks en doubles croches pour simuler 1200 BPM. Les trackers le faisaient avec des commandes de retrig. Pas de swing, évidemment : ici le swing s'entend comme un défaut de moteur.

La rythmique

Le kick doit être très court : 60 à 120 ms, sinon les coups se chevauchent et le bas devient une bouillie. Coupe le decay, garde surtout l'attaque et un peu de corps, distords au maximum. À 300 BPM sur les quatre temps, tu obtiens le pouls de base. Puis les rafales : kick en croches, en doubles croches, en triples croches, sur 1 à 4 mesures, souvent en accélération (croches, puis doubles, puis triples). Dans Ableton, Beat Repeat avec un Grid à 1/32 et un Gate court fait ça en direct. Caisse claire quasi absente ou un seul coup par mesure. Les breaks rythmiques sont des coupures nettes : silence total d'une croche, puis reprise. Le genre vit du contraste entre bourdonnement et coups isolés.

La basse

Il n'y a pas de basse. Ou plutôt, la rafale de kicks devient la basse : quand tu enchaînes des kicks à 20 Hz de cadence, tu crées une onde de 20 Hz, c'est une note. Les producteurs jouent avec ça : varier la vitesse de la rafale change la hauteur perçue. Tu peux l'exploiter : une rafale à 1/32 à 300 BPM donne 40 Hz, un E1 approximatif. Sinon, une couche de bruit blanc filtré passe-bas à 150 Hz, tenue en continu et distordue, remplit le bas sans concurrencer les kicks. Pas de sub sinusoïdal, il serait avalé. Si tu tiens à une ligne de basse, une seule note d'onde carrée, sidechainée avec un release de 20 ms, pour qu'elle disparaisse entre chaque coup.

Les sons

Le speedcore a peu de sons parce qu'il n'a pas de place. Des samples d'anime ou de films en japonais chez m1dy, des samples de metal et des cris chez The Berzerker, des samples de jeux vidéo. Des sons de synthé très courts, comme des bips. Des sirènes. Des bruits blancs balayés. Tout en 8 ou 16 bits, avec l'aliasing des trackers Amiga, que tu retrouves avec Redux. Le hoover est rare, trop long pour le tempo. Ce qui compte, c'est l'attaque de chaque son : tout doit avoir une transitoire nette, sinon ça se noie. Beaucoup de producteurs utilisent FL Studio pour sa facilité à programmer des retrigs et des rolls : le Piano roll en 1/64 est ton ami.

L’arrangement

Les morceaux sont courts, 2 à 4 minutes, et souvent construits comme une performance : introduction avec kick à tempo « normal » (200-250 BPM), puis accélérations successives, chaque bloc plus rapide que le précédent, jusqu'à la fusion complète. Puis un retour brutal à un tempo lent, parfois un vrai break avec un sample, puis reprise. Certains morceaux changent réellement de tempo dans le DAW (automation du BPM) plutôt que de simuler avec des retrigs : dans Ableton, l'automation du tempo sur la piste Master fait ça. Le speedcore ne se mixe pas vraiment en DJ, donc pas besoin d'intro longue. Le morceau est une démonstration : montre ce que tu fais de la vitesse.

Le mix

Mixer du speedcore, c'est mixer une seule chose, le kick, et éviter que la répétition rapide ne crée une bouillie de bas. Passe-haut à 50 Hz sur le kick, sinon les rafales font vibrer le sub en permanence. Comme le rappelle le livre d'Attack, la forme d'un son (son enveloppe) doit être pensée par rapport au tempo : ici c'est vital, un kick de 200 ms à 600 BPM se chevauche trois fois. Coupe donc le decay à l'échantillon près. Pas de reverb, aucune, ça fait de la boue à cette vitesse. Limiteur sur le master à moins 5 LUFS, distorsion assumée. Vérifie le mix en mono : à cette cadence, la stéréo n'apporte rien et peut annuler des coups.

Les plugins et machines

Pour commencer

  1. Tempo 300 BPM. Kick gabber raccourci à 100 ms, distordu, passe-haut à 50 Hz.
  2. Kick sur chaque temps pendant 8 mesures, puis rafale de 2 mesures en doubles croches, puis retour.
  3. Automatise le tempo : monte de 250 à 400 BPM sur 16 mesures avec l'automation du Master, écoute la fusion.
  4. Ajoute un bruit blanc filtré passe-bas à 150 Hz, distordu, comme couche de bas continue.
  5. Sample une voix de jeu vidéo ou d'anime, place-la comme annonce avant chaque accélération.
  6. Termine à 3 minutes, par une rafale à 1/64 qui devient un bourdonnement puis un silence sec.

À écouter en travaillant

Sources : Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitres Drum Processing 1 et 2, Hard Techno, Schranz) · connaissances générales · Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (Drum Processing 1 et 2)

La filiation

Vient de

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Speedcore ?

Au-delà de 250 battements, parfois 1000 : le tempo lui-même devient le sujet. Né des extrêmes du hardcore au milieu des années 1990, entre Australie (Bloody Fist), Allemagne et Japon, le speedcore est un défi de production autant qu'une musique, entre performance conceptuelle et défouloir. Moby a…

À quel tempo joue-t-on le Speedcore ?

Entre 220 et 320 BPM. À partir de 250 BPM, et jusqu'à 1000 et au-delà. Ce n'est plus vraiment un tempo, c'est une fréquence : à 600 BPM, dix kicks par seconde, et l'oreille n'entend plus des coups mais un bourdonnement. Ce qui distingue le speedcore du…

Quels sont les artistes clés du Speedcore ?

Nasenbluten, m1dy, The Berzerker, Komprex, DJ Sharpnel (frange).

Avec quoi produit-on du Speedcore ?

Trackers (Amiga), Roland TR-909, FL Studio, Commodore Amiga, Renoise, Ableton Redux, Ableton Beat Repeat, Ableton Live.

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