Gabber

Hardcore · 1992 · 170 à 200 BPM · aussi appelé Gabba, Rotterdam Hardcore, Gabberhouse

Rotterdam, 1992 : le hardcore néerlandais à l'état pur, kicks écrasés à 160-190, hoover, crânes rasés et survêtements Australian. Culture ouvrière et populaire massive aux Pays-Bas, moquée puis réhabilitée, elle a produit sa langue, sa danse (le hakken) et une seconde vie mainstream à la fin des années 2010. Le kick est une identité nationale.

16 morceaux de référence

  1. Rotterdam Termination Source : Poing (1992)
  2. Paul Elstak : Luv U More (1995)
  3. Dune : Hardcore Vibes (1995)
  4. Neophyte : Braincracking (1996)
  5. Euromasters : Alles Naar De Klote (1992)
  6. DJ Ad : Can't Handle This (2022)
  7. 3 Steps Ahead feat. Виталий Крафт & AL-X-UNDER & o.p.b : Thunderdome (2023)
  8. DJ Ad (2) & Sergey Bolkov : Midnight Rave (2023)
  9. Bassdog : Stereo (2024)
  10. DJ Spar : Polish Testosterone (2025)
  11. 3 Steps Ahead : Gabbers Unite
  12. Angerfist : Take U Back
  13. 3 Steps Ahead : In The Name Of Love
  14. Neophyte : Execute
  15. 3 Steps Ahead : Money In My Pocket
  16. Angerfist : Criminally Insane

Fiche technique

Produire ce style

Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.

Tempo et groove

Le gabber pousse entre 160 et 190 BPM, avec le gros de la production Rotterdam 1992-1996 autour de 170-180. Ce qui change par rapport au hardcore techno, c'est que le tempo ne laisse plus de place à autre chose qu'au kick : à 180 BPM, un temps dure 333 ms, et le kick doit tenir presque tout ce temps. Aucun swing, aucune nuance. Le feel est celui du hakken, la danse : les pieds suivent chaque kick, alors chaque kick doit être identique. Tu programmes à 175 BPM, grille en doubles croches, vélocité 127 partout. Les passages en demi-tempo (breaks avec kick sur 1 et 3) servent à faire respirer avant de repartir plein pot.

La rythmique

Le kick gabber n'est plus un 909 distordu, c'est un 909 écrasé : la forme d'onde devient carrée à force de clipping, et la queue du kick devient une note tenue. La méthode classique : un kick 909 dans un Roland S-330 ou un Akai, joué à travers une console poussée dans le rouge ou une pédale, réenregistré, rejoué encore plus fort. Dans un DAW : Saturator en hard clip, Drive 25 dB, puis EQ pour retirer le bas, puis clip à nouveau. Le kick sur chaque temps, sans exception. Caisse claire 909 sur 2 et 4 très en avant, clap parfois seul. Charleys presque absents ou en croches très saturés. Rolls de caisse claire sur 2 ou 4 mesures avant chaque drop.

La basse

Il n'y a pas de basse dans le gabber classique. La queue du kick écrasé est la basse : quand tu clippes fort un 909 dont le decay est long, la fin du sample devient une onde presque carrée à la hauteur du kick, et cette hauteur devient la fondamentale du morceau. Accorde donc ton kick : pitche le sample pour que sa queue tombe sur la tonique (souvent entre F et A, autour de 45-55 Hz de fondamentale, mais audible surtout par ses harmoniques). Les hoovers et stabs doivent être dans la même tonalité. Si tu veux un vrai bas propre, ajoute une sinusoïde d'Operator sous 60 Hz, sidechainée dur (ratio 10:1, release 50 ms), mais les puristes ne le font pas.

Les sons

Le hoover d'Alpha Juno, encore, mais joué plus haut et plus fort, comme un riff de deux notes. Des stabs de rave pris à la Juno-106 ou samplés. Des samples de films et de dessins animés en néerlandais ou en anglais, criés, répétés en boucle. Des sirènes, des sons de synthé en dent de scie avec un vibrato rapide. Des voix pitchées vers le haut sur les morceaux plus joyeux de Paul Elstak. Le tout passé dans la même distorsion que le kick pour que ça se fonde. Dans Ableton : Overdrive sur le bus synthé, Redux à 8 bits sur les samples, et Auto Filter avec résonance à 30 pour les balayages. Peu d'éléments, mais chacun poussé au maximum.

L’arrangement

Une piste gabber fait 4 à 6 minutes, très carrée : intro de 16 ou 32 mesures kick seul, parfois avec un sample vocal qui annonce le morceau, puis riff de hoover sur 16 mesures, puis break de 8 à 16 mesures sans kick où le sample vocal et le hoover se répondent, roll de caisse claire, retour du kick. Deux ou trois cycles. Les breaks sont plus longs et plus mélodiques que dans le hardcore techno : c'est là que la foule chante. Beaucoup de morceaux utilisent un passage en demi-tempo (kick sur 1 et 3) avant le retour final, ça relance la salle. Fin en kick seul, 16 mesures.

Le mix

Tout le mix est le kick. Il occupe toute la plage de moins 3 dB à moins 1 dB de crête, et le reste vient s'insérer dans les trous. Comme le rappelle le livre d'Attack, la distorsion ajoute des fréquences que l'EQ ne peut pas créer : ici on s'en sert pour remplir le médium avec le kick lui-même. EQ après la distorsion pour couper sous 40 Hz et adoucir vers 3-4 kHz où le clipping devient douloureux. Caisse claire compressée dur (ratio 8:1, attaque 1 ms) pour qu'elle claque au-dessus. Pas de reverb longue nulle part, sinon sur les voix des breaks. Master : limiteur brutal, moins 6 à moins 7 LUFS, distorsion assumée. Le morceau doit sonner écrasé, c'est le style.

Les plugins et machines

Pour commencer

  1. Tempo 175 BPM. Charge un kick 909 avec un decay long dans Simpler, accorde-le sur la tonique du morceau.
  2. Pose Saturator en Hard Clip avec 20 à 30 dB de Drive, écoute la queue devenir une note. Enregistre le résultat en audio, recharge, reclippe.
  3. Kick sur chaque temps, caisse claire 909 sur 2 et 4 avec un roll de doubles croches de 2 mesures avant chaque drop.
  4. Crée un riff de hoover de deux notes (tonique et quinte, ou tonique et tierce mineure) sur des croches, passé dans Overdrive.
  5. Sample une phrase de film, boucle-la sur le break, pitche-la au besoin.
  6. Structure : 32 mesures kick, 16 de riff, 16 de break, 32 de drop, break, drop final, fin en kick. Limiteur fort sur le master.

À écouter en travaillant

Sources : Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitres Drum Processing 1 et 2, Hard Techno, Schranz) · connaissances générales · Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (Drum Processing 1 et 2, Hard Techno) · Wavosaur, 5 free VST for hardcore gabber hardstyle kick (blog.wavosaur.com) · KVR Audio, forum Free hardcore kick vst (kvraudio.com) · Gearspace, Early hardcore gabber kick attempt (gearspace.com)

La filiation

Vient de

A donné

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Gabber ?

Rotterdam, 1992 : le hardcore néerlandais à l'état pur, kicks écrasés à 160-190, hoover, crânes rasés et survêtements Australian. Culture ouvrière et populaire massive aux Pays-Bas, moquée puis réhabilitée, elle a produit sa langue, sa danse (le hakken) et une seconde vie mainstream à la fin des…

À quel tempo joue-t-on le Gabber ?

Entre 170 et 200 BPM. Le gabber pousse entre 160 et 190 BPM, avec le gros de la production Rotterdam 1992-1996 autour de 170-180. Ce qui change par rapport au hardcore techno, c'est que le tempo ne laisse plus de place à autre chose qu'au kick : à 180 BPM, un…

Quels sont les artistes clés du Gabber ?

Paul Elstak, Rob Gee, Neophyte, 3 Steps Ahead, Ruffneck.

Avec quoi produit-on du Gabber ?

Roland Alpha Juno, Roland Juno-106, Roland S-330, Roland TR-909, FL Studio, Ableton Saturator, Ableton Simpler, Sonic Academy KICK 2.

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