Terrorcore
Hardcore · 1994 · 190 à 220 BPM · aussi appelé Terror, Terror Hardcore
L'aile dure du hardcore des années 1990 : plus vite que le gabber, plus noir, samples d'horreur et nihilisme new-yorkais chez Industrial Strength, surenchère batave en face. Zone de radicalité assumée entre gabber et speedcore, où le kick n'est plus un rythme mais une agression continue, revendiquée comme telle.
12 morceaux de référence
- Delta 9 : Real Hardcore (1994)
- DJ Skinhead : Extreme Terror (1995)
- Nasenbluten : Intellectual Killer (1995)
- Disciples of Annihilation : New York City Speedcore (1996)
- Delta 9 : Deep 13 (1996)
- Disciples Of Annihilation : NYC Speedcore (1996)
- Noisekick & Paranoizer : Terrordrang (2020)
- Low Entropy : Des Trafiquants De Drogues (Extended Mix)
- Low Entropy : Between Good And Evil
- Low Entropy : Psychotic Break
- Lil Texas : Texcore Terror
- DJ Skinhead : Extreme Terror III
Fiche technique
- Tempo : 190 à 220 BPM
- Apparition : vers 1994
- Machines : Roland Alpha Juno, Roland TR-909, Trackers (Amiga), Steinberg Cubase
- Le son : Kicks distordus au-delà de 200 BPM, Samples d'horreur, Distorsion totale, Hoover accéléré
- Labels : Industrial Strength Records, Fifth Era, Bloody Fist, Speedcore Worldwide Audio Netlabel
- Artistes clés : DJ Skinhead, Delta 9, Disciples of Annihilation, Temper Tantrum
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Le terrorcore commence là où le gabber s'arrête : 190 à 250 BPM, souvent autour de 200-220 dans la production new-yorkaise d'Industrial Strength. À ces vitesses, un temps dure moins de 300 ms et le kick n'a plus le temps de finir avant le suivant, ce qui crée cette pression continue, sans respiration. Pas de swing, pas de nuance, mais une chose nouvelle par rapport au gabber : des passages en double tempo où le kick passe en croches, ce qui donne l'impression de 400 BPM. Programme à 210 BPM, grille en doubles croches, et utilise le passage kick en croches comme arme finale. La mesure devient très courte, donc pense en blocs de 32.
La rythmique
Le kick est celui du gabber, mais avec un decay coupé plus court pour qu'il tienne à 220 BPM, et une distorsion encore plus totale : plus de médium, plus de fizz, presque du bruit blanc à chaque coup. Kick sur chaque temps, puis sur chaque croche pendant les passages de « rafale ». Caisse claire sur 2 et 4, souvent remplacée par un second kick pitché plus haut. Les rolls deviennent plus longs et plus rapides : triples croches sur 4 mesures. Ajoute des kicks sur des contretemps isolés pour casser la régularité, comme un coup de poing qui arrive en avance. Les charleys disparaissent presque : le haut du spectre est rempli par la distorsion du kick lui-même.
La basse
Comme dans le gabber, la basse est la queue du kick. Mais à 220 BPM, la queue est trop courte pour porter une note, alors le terrorcore fait autrement : une couche de bruit distordu, un drone de dent de scie très bas, ou un second kick lent (une fois par mesure) avec un decay long qui sert de bourdon. Dans Operator : une onde carrée à la tonique, une octave sous le kick, tenue en continu et passée dans Saturator à 20 dB, avec un passe-bas à 200 Hz. Sidechain depuis le kick à ratio 6:1, release 40 ms, pour qu'elle pompe à chaque coup. L'effet recherché est une pression sourde permanente sous les kicks, pas une ligne de basse.
Les sons
Le terrorcore emprunte ses samples aux films d'horreur : cris, rires, phrases de tueurs, dialogues de slasher, tout pitché vers le bas d'une quinte et distordu. Le hoover est là mais joué plus vite et plus haut, comme une alarme. Des nappes de dent de scie en mineur avec beaucoup de résonance de filtre, très saturées. Des bruits industriels : tôle, machines, larsens. Les producteurs de l'époque travaillaient sur trackers Amiga et Cubase, donc les samples sont courts, en 8 bits, avec de l'aliasing : reproduis-le avec Redux à 8 bits et un taux d'échantillonnage divisé par 4. Pas de mélodie, seulement des motifs de deux ou trois notes en boucle.
L’arrangement
Les morceaux sont plus courts que le gabber, 3 à 5 minutes, et beaucoup moins structurés pour le DJ. Intro brève, parfois un sample d'horreur seul sur 8 mesures, puis le kick arrive d'un coup, sans montée. Les breaks sont rares et courts : 4 à 8 mesures de sample vocal ou de drone, puis retour brutal. Les passages en rafale (kick en croches) durent 2 à 4 mesures et se placent comme des points d'exclamation. Ce qui fait tenir la piste, c'est l'escalade : chaque section doit être plus dense que la précédente. Prévois quand même 16 mesures de kick seul au début et à la fin si tu veux qu'un DJ l'enchaîne.
Le mix
Le mix terrorcore est saturé de bout en bout. Le kick prend tout le bas et le médium, à moins 1 dB de crête. Comme le note le livre d'Attack, chaque étage de distorsion fait ressortir des pics, et il faut les chasser à l'EQ après coup : à 220 BPM, ces pics s'accumulent vite en une bouillie fatigante, donc coupe une bande étroite vers 2,5 kHz et une autre vers 5 kHz. Pas de compression fine, la distorsion fait le travail. Un seul limiteur sur le master, poussé jusqu'à moins 5 LUFS. Les samples vocaux passent au-dessus grâce à un passe-haut à 800 Hz, pas grâce au volume. Ne cherche pas la propreté : Delta 9 ou DJ Skinhead sonnent volontairement crade.
Les plugins et machines
- Roland TR-909 (machine) : Source des kicks, samplés puis distordus jusqu'à ce que le rythme devienne une agression continue au-delà de 200 BPM. Aujourd'hui un sample 909 suffit.
- Roland Alpha Juno (machine) : Le hoover accéléré et pitché vers le haut, joué en rafales de doubles croches pour ajouter la panique au-dessus du kick.
- Commodore Amiga (materiel) : Avec ProTracker ou OctaMED, le tracker à 8 bits des productions les plus dures et les plus sales des années 1990. Le grain lo-fi vient de là.
- Steinberg Cubase (daw) : Le séquenceur de la branche new-yorkaise et allemande : pilotage MIDI du sampler et de la 909, arrangement en blocs de 16 mesures.
- Ableton Redux (plugin) : Bitcrush à 8 ou 12 bits sur le kick et sur les samples d'horreur pour retrouver le crachement des trackers d'époque.
- Ableton Pedal (plugin) : Mode Fuzz sur le kick après Saturator : la distorsion de guitare rajoute le médium agressif que le kick 909 n'a pas tout seul.
- Ableton Operator (plugin) : Sirènes et stabs en dent de scie avec enveloppe de hauteur, joués en boucle rapide pour tenir la tension entre deux salves de kick.
Pour commencer
- Tempo 210 BPM. Prends ton kick gabber, raccourcis son decay à 250 ms, et ajoute un étage de distorsion en plus (Pedal en Fuzz).
- Kick sur chaque temps, plus une passe de 2 mesures en croches à la fin de chaque bloc de 16.
- Crée un drone de basse en onde carrée, une octave sous le kick, saturé et sidechainé.
- Sample trois phrases ou cris de film d'horreur, pitche-les vers le bas, Redux à 8 bits, place-les au début des blocs.
- Ajoute un hoover rapide en alarme, deux notes en croches, filtre résonant.
- Arrange en escalade sur 4 minutes, avec des breaks de 4 mesures maximum, et un limiteur poussé sur le master.
À écouter en travaillant
- Delta 9 : Real Hardcore (1994) : la vitesse new-yorkaise et le kick qui n'a plus le temps de finir.
- DJ Skinhead : Extreme Terror (1995) : le sample vocal comme menace, les rafales de kick, l'absence de tout break confortable.
- Nasenbluten : Intellectual Killer (1995) : la version australienne, sur tracker, avec des samples 8 bits et un humour noir.
- Disciples of Annihilation : New York City Speedcore (1996) : la charnière vers le speedcore, la rafale devient la règle.
Sources : Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitres Drum Processing 1 et 2, Hard Techno, Schranz) · connaissances générales · Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (Drum Processing 1 et 2)
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Terrorcore ?
L'aile dure du hardcore des années 1990 : plus vite que le gabber, plus noir, samples d'horreur et nihilisme new-yorkais chez Industrial Strength, surenchère batave en face. Zone de radicalité assumée entre gabber et speedcore, où le kick n'est plus un rythme mais une agression continue,…
À quel tempo joue-t-on le Terrorcore ?
Entre 190 et 220 BPM. Le terrorcore commence là où le gabber s'arrête : 190 à 250 BPM, souvent autour de 200-220 dans la production new-yorkaise d'Industrial Strength. À ces vitesses, un temps dure moins de 300 ms et le kick n'a plus le temps de finir avant le…
Quels sont les artistes clés du Terrorcore ?
DJ Skinhead, Delta 9, Disciples of Annihilation, Temper Tantrum.
Avec quoi produit-on du Terrorcore ?
Roland Alpha Juno, Roland TR-909, Trackers (Amiga), Steinberg Cubase, Commodore Amiga, Ableton Redux, Ableton Pedal, Ableton Operator.