Hardcore Techno
Hardcore · 1990 · 160 à 190 BPM · aussi appelé Hardcore, Rave Hardcore Continental
1990-1992, entre Francfort, New York et Rotterdam : la techno pousse le kick dans la distorsion et le tempo au-delà de 150. We Have Arrived de Mescalinum United en est la déflagration fondatrice, saluée d'un côté de l'Atlantique par Marc Acardipane, de l'autre par Lenny Dee. Le hardcore devient culture entière aux Pays-Bas, avec le gabber pour dialecte dominant.
6 morceaux de référence
- Mescalinum United : We Have Arrived (1990)
- T99 : Anasthasia (1991)
- Human Resource : Dominator (1991)
- Marc Acardipane : We Have Arrived (1991)
- Marc Acardipane : Stereo Murder (1993)
- Angerfist : Diabolic Dice (2023)
Fiche technique
- Tempo : 160 à 190 BPM
- Apparition : vers 1990
- Machines : Roland Alpha Juno, Roland Juno-106, Akai S1000
- Le son : Kick 909 distordu et resamplé, Roland Alpha Juno (hoover), Samplers Akai, Distorsion en série
- Labels : Rotterdam Records, Industrial Strength Records, PRSPCT Recordings, Heresy, PCP, Mokum
- Artistes clés : Marc Acardipane, Lenny Dee, Paul Elstak (débuts), The Horrorist (frange)
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Le hardcore techno des débuts tourne entre 150 et 170 BPM. C'est plus vite que la techno de Francfort ou de New York dont il sort, mais encore lisible comme de la techno : le kick reste un rythme, pas une vibration continue. Pas de swing, aucune humanisation, tout sur la grille en doubles croches. Le feel vient de la brutalité du kick et de la répétition. À 160 BPM, une mesure dure 1,5 seconde : chaque événement doit être court et sec. Règle ton DAW à 160 BPM, désactive tout groove, et pense en blocs de 16 mesures. Si ton morceau semble mou, ce n'est jamais le tempo qu'il faut monter, c'est le kick qu'il faut distordre plus.
La rythmique
Le kick vient d'une TR-909 (ou d'un sample de 909) et il joue sur les quatre temps. Ce qui fait le genre, c'est la chaîne : distorsion, puis rebond du sample, puis nouvelle distorsion. Le livre d'Attack insiste sur l'idée d'empiler plusieurs étages de distorsion légère plutôt qu'un seul étage violent, et ça s'applique ici à la lettre. Caisse claire 909 sur les temps 2 et 4, souvent doublée d'un clap. Charley fermé en croches sur les contretemps, charley ouvert au contretemps du temps 4. Ajoute des rolls de caisse claire en doubles croches sur la dernière mesure d'un bloc de 8, vélocité en rampe de 60 à 127. Garde tout à vélocité fixe sinon : la nuance n'est pas le sujet.
La basse
Il n'y a souvent pas de basse séparée : le kick distordu occupe le bas du spectre et sa décroissance fait office de note. Quand tu ajoutes une basse, c'est un stab court et médium, pas un sub. Un oscillateur en dent de scie d'un Juno-106 ou d'Operator, filtré passe-bas à 300 Hz, joué sur les contretemps en croches : fondamentale du morceau, une seule note, release de 80 ms. Coupe-la sous 100 Hz avec un passe-haut pour laisser le kick seul en bas. Sidechain léger depuis le kick (ratio 4:1, release 60 ms) pour qu'elle disparaisse sous chaque coup. Sur les morceaux de 1991, la « basse » est parfois juste le kick pitché deux octaves plus haut et rejoué en contretemps.
Les sons
Le son signature, c'est le hoover : un patch d'Alpha Juno (« What the ») fait de dents de scie modulées par le chorus interne, avec un glissement de hauteur vers le haut au début de chaque note. Tu peux le recréer dans Serum ou Wavetable avec trois dents de scie désaccordées de 20 cents, un chorus et une enveloppe de pitch de plus 12 demi-tons sur 150 ms. Sinon, des samples d'orchestre ou de films chargés dans un Akai S1000 (ou Simpler) et joués comme des stabs, des sirènes, des cris, et des voix hurlées à travers une distorsion. Le tout doit sonner sale : bitcrush à 12 bits, filtre résonant qui balaye sur 8 mesures. Rien ne doit rester propre à part la caisse claire.
L’arrangement
Un morceau de hardcore techno de cette époque fait 5 à 7 minutes, en blocs de 16 mesures. Intro de 32 mesures, kick seul ou kick et charley, pour le DJ. Puis entrée du hoover ou du stab principal, 16 mesures, puis break : le kick s'arrête, une sirène ou une nappe monte, un roll de caisse claire de 4 mesures, et retour du kick sur le temps 1. Deux ou trois de ces cycles, chacun ajoutant un élément (sample vocal, deuxième stab). Fin de 32 mesures avec kick seul pour mixer. Ce qui rend la piste jouable en club, c'est la clarté des transitions : silence total d'un temps juste avant le drop, ça marche toujours.
Le mix
Le kick domine tout et se mixe en premier, autour de moins 6 dB de crête sur la piste. Tout le reste se règle par rapport à lui. Sur le kick, une chaîne comme celle que décrit le livre d'Attack pour la hard techno fonctionne : compression légère, distorsion type ampli, remise en forme de la transitoire, puis saturation finale avec soft clip. Pas de reverb sur le kick, un peu sur la caisse claire (plaque courte, 0,8 s). Sur le bus batterie, un Saturator en mode Analog Clip à 2 dB de drive sert de limiteur, comme le suggère le livre, plutôt qu'un compresseur de bus. Master : limiteur vers moins 8 LUFS intégrés, c'est un genre fort. Pour les références de niveau, écoute Marc Acardipane à côté de ta piste.
Les plugins et machines
- Roland TR-909 (machine) : Le kick de tout le genre : sortie poussée à fond, décroissance longue, puis distordu et resamplé deux fois. Aujourd'hui souvent remplacé par l'émulation D16 Drumazon ou Roland Cloud TR-909.
- Roland Alpha Juno (machine) : Le hoover, patch What the, en dents de scie passées dans le chorus interne avec glissement de hauteur au début de chaque note. Le riff principal de la période 1990-1992.
- Roland Juno-106 (machine) : Stabs et basse médium en dent de scie filtrée vers 300 Hz, jouée sur les contretemps. Chorus enclenché pour élargir sans ajouter de couche.
- Akai S1000 (machine) : Le sampler de Francfort et de New York : voix de films, cris et sirènes chargés puis pitchés. Dans Ableton, Simpler tient le même rôle.
- Ableton Saturator (plugin) : Empilé avec Overdrive en trois étages légers plutôt qu'un seul étage violent, comme le décrit le livre d'Attack. Drive 15 dB puis Analog Clip sur le bus batterie.
- Xfer Serum (plugin) : Pour reconstruire le hoover : trois dents de scie désaccordées de 20 cents, chorus, enveloppe de hauteur de plus 12 demi-tons sur 150 ms. Wavetable d'Ableton fait pareil.
- Ableton Operator (plugin) : Basse stab d'une note en dent de scie, release 80 ms, passe-haut sous 100 Hz pour laisser le kick seul en bas.
- Ableton Live (daw) : Le resampling en un geste : enregistre le kick traité en audio, recharge-le dans Simpler, redistords. C'est le grain de 1991 en deux passes.
Pour commencer
- Règle Ableton à 160 BPM. Charge un kick 909 dans Simpler, mets Saturator (Drive 15 dB) puis Overdrive puis encore Saturator, et fais-le jouer sur les quatre temps.
- Enregistre le kick traité en audio (resampling), recharge-le dans Simpler, redistords. Deux passes suffisent pour obtenir le grain 1991.
- Ajoute caisse claire sur 2 et 4, charleys en croches sur les contretemps, un roll de doubles croches à la fin de chaque bloc de 8.
- Crée un hoover dans Wavetable ou Serum : trois dents de scie désaccordées, chorus, enveloppe de pitch montante. Joue un stab d'une croche tous les deux temps.
- Sample une voix de film ou un cri, distords-le, place-le au début de chaque bloc de 16.
- Arrange en 32 mesures d'intro, deux cycles montée/break/drop, 32 mesures de fin, et pose un Saturator en Analog Clip sur le bus batterie.
À écouter en travaillant
- Mescalinum United : We Have Arrived (1990) : le kick qui grésille en continu et le stab qui monte, c'est le modèle de tout ce qui suit.
- T99 : Anasthasia (1991) : écoute comment le hoover sert de riff principal, sans mélodie, juste un glissement répété.
- Human Resource : Dominator (1991) : la sirène et le hoover se répondent sur un kick encore assez propre, avant que Rotterdam ne l'écrase.
- Angerfist : Diabolic Dice (2023) : le même vocabulaire trente ans plus tard, avec un kick beaucoup plus long et un mix moderne.
Sources : Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitres Drum Processing 1 et 2, Hard Techno, Schranz) · connaissances générales · Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (Drum Processing 1 et 2, Hard Techno) · Gearspace, forum production hardcore et gabber (gearspace.com)
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Hardcore Techno ?
1990-1992, entre Francfort, New York et Rotterdam : la techno pousse le kick dans la distorsion et le tempo au-delà de 150. We Have Arrived de Mescalinum United en est la déflagration fondatrice, saluée d'un côté de l'Atlantique par Marc Acardipane, de l'autre par Lenny Dee. Le hardcore devient…
À quel tempo joue-t-on le Hardcore Techno ?
Entre 160 et 190 BPM. Le hardcore techno des débuts tourne entre 150 et 170 BPM. C'est plus vite que la techno de Francfort ou de New York dont il sort, mais encore lisible comme de la techno : le kick reste un rythme, pas une vibration continue. Pas de swing,…
Quels sont les artistes clés du Hardcore Techno ?
Marc Acardipane, Lenny Dee, Paul Elstak (débuts), The Horrorist (frange).
Avec quoi produit-on du Hardcore Techno ?
Roland Alpha Juno, Roland Juno-106, Akai S1000, Roland TR-909, Ableton Saturator, Xfer Serum, Ableton Operator, Ableton Live.