Hardstyle
Hardcore · 2007 · 145 à 155 BPM · aussi appelé Hard Style, Rawstyle, Euphoric Hardstyle
Les Pays-Bas inventent au tournant 2000 le successeur de salon du gabber : tempo redescendu à 150, kick énorme et accordé, reverse bass, breakdowns mélodiques dramatiques. Devenu l'un des piliers des festivals mondiaux avec Defqon.1 en vaisseau amiral, le hardstyle a son industrie, ses hymnes annuels et une culture du kick portée à l'obsession technique.
22 morceaux de référence
- Showtek : FTS (2007)
- Showtek : Black (2007)
- Noisecontrollers : Attack Again (2009)
- Wildstylez : A Complex Situation (2010)
- Headhunterz : Psychedelic (2007)
- Headhunterz : Dragonborn (2012)
- Wildstylez : Year of Summer (2013)
- D-Block & S-te-Fan : Angels & Demons (2019)
- Sub Zero Project : Rave Into Space (2019)
- Scooter, Blasterjaxx, Ceres : Heart Attack (2025)
- Headhunterz : Live Forever (2025)
- Rooler : Annoying Music (2025)
- Headhunterz : The Power Of The Mind (2007)
- Technoboy : Ti Sento (2007)
- D-Block & S-te-Fan : Music Made Addict (2011)
- Frontliner : Spacer (2010)
- Headhunterz : The Sacrifice
- Headhunterz : Rock Civilization
- Noisecontrollers : Revolution Is Here
- Frontliner : Warphole
- Scooter : J'Adore Hardcore
- Wildstylez : Revenge
Fiche technique
- Tempo : 145 à 155 BPM
- Apparition : vers 2007
- Machines : LennarDigital Sylenth1, Xfer Serum
- Le son : Kick hardstyle accordé multi-couches, Reverse bass, Screeches, Leads supersaw dramatiques, Serum et Sylenth1
- Labels : Fusion Records, Scantraxx, Dirty Workz, Art Of Creation, Roughstate, Scantraxx Special
- Artistes clés : Headhunterz, Wildstylez, Noisecontrollers, Showtek (période dure), D-Block & S-te-Fan, Sub Zero Project
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Le hardstyle se joue à 150 BPM, avec les débuts (2002-2005) autour de 140-145 et le hardstyle moderne parfois à 155. C'est le seul tempo de la famille qui soit vraiment fixe : 150 est une convention, et les kicks sont conçus pour ce tempo, avec une queue qui dure exactement jusqu'au reverse bass du contretemps. Ce qui le distingue du gabber, c'est la lenteur relative qui laisse chaque kick s'entendre entièrement, et du hardcore techno, l'absence totale de saleté : tout est précis. Pas de swing. Programme à 150 BPM, grille en doubles croches, et pense en temps de 400 ms que le kick et le reverse bass se partagent.
La rythmique
Le kick hardstyle est un instrument. Deux parties : le « tok », une attaque courte et claquante, 30 à 60 ms, souvent un 909 clippé ou un click synthétique, et la queue (« tail »), une onde saturée accordée qui descend en pitch puis se stabilise sur la tonique, de 200 à 300 ms. Les tutoriels de Screech House décrivent bien cette division, et le point clé : quand tu changes la note du kick pour suivre l'harmonie, tu pitches seulement la queue, jamais le tok, sinon l'attaque perd sa forme. Kick sur chaque temps. Clap ou caisse claire sur 2 et 4, en retrait. Charleys en croches. Rolls de kick pitchés avant les drops. Des kicks en demi-tempo (sur 1 et 3) dans les intros des drops.
La basse
Le reverse bass : entre chaque kick, sur le contretemps, un son de basse avec une attaque lente qui monte vers le kick suivant, comme un kick joué à l'envers. Tu le fais en inversant la queue du kick (sample retourné, coupé à une croche), ou en synthétisant une dent de scie saturée avec une attaque de 120 ms et un filtre qui s'ouvre. Il est accordé sur la même note que le kick, et les deux ensemble forment la ligne de basse : kick sur la tonique, reverse sur la tonique, puis les deux montent à la quarte au changement d'accord. Il n'y a pas d'autre basse dans le drop. Dans les breaks, un sub sinusoïdal peut porter les accords sous la supersaw, sidechainé légèrement.
Les sons
Le screech : une dent de scie passée dans un filtre passe-bande très résonant puis une distorsion, jouée en riff aigu et perçant, souvent en doubles croches, dans Serum ou Sylenth1 avec un Dist Unit dessus. Les leads supersaw dramatiques pour les breaks et les mélodies principales : 7 dents de scie désaccordées dans Sylenth1, reverb hall, jouant des mélodies en mineur qui montent. Des pianos et des cordes dans les breaks. Des voix : phrases parlées épiques, chœurs, chants pop dans le hardstyle euphorique. Des risers, des impacts, des reverse cymbals. Des effets de « pitch bend » sur le kick pendant les rolls. Le vocabulaire est celui de la trance dure avec un kick de hardcore.
L’arrangement
Un morceau hardstyle fait 4 à 6 minutes et raconte une histoire en deux drops : intro de 32 mesures avec kick et reverse bass, parfois un screech, puis break long de 32 à 48 mesures sans kick où la mélodie supersaw se développe, souvent avec une voix parlée, puis montée de 8 à 16 mesures (kick roll, riser, silence d'un temps), puis le drop de 32 mesures : kick, reverse bass, screech ou lead. Second break plus court, second drop avec le lead complet sur le kick (le climax), fin de 32 mesures avec kick et reverse bass. Le break est le moment émotionnel, le drop le moment physique. Les DJ enchaînent sur les intros et fins en 4/4.
Le mix
Le mix hardstyle tourne autour du kick, qui est mixé et traité comme un instrument mélodique : multiband pour que le bas de la queue reste propre (30 à 100 Hz) et que le médium soit distordu, EQ pour couper une bande étroite là où la queue sonne creux, souvent vers 250 Hz. Kick à moins 3 dB de crête, reverse bass 3 dB en dessous. Lead supersaw passe-haut à 250 Hz, sidechainé depuis le kick avec release à 150 ms pour le pompage. Screech passe-haut à 400 Hz. Compression de bus légère, ratio 2:1. Master : Ozone ou Pro-L 2 vers moins 6 LUFS, avec un clipper avant. Compare la queue de ton kick avec Headhunterz au même niveau : c'est le test.
Les plugins et machines
- Xfer Serum (plugin) : Le kick hardstyle moderne se dessine dedans : sinus avec enveloppe de hauteur, distorsion interne en série, résample. Aussi les screeches et les leads. Dominant depuis Serum 2.
- LennarDigital Sylenth1 (plugin) : Supersaw des breakdowns dramatiques et leads épiques ; l'alternative moins chère et encore courante à Serum pour les mélodies.
- Roland TR-909 (machine) : L'origine : le kick hardstyle des années 2000 est un 909 samplé, étiré, accordé sur la tonique et distordu. Encore la base de beaucoup de couches de queue.
- FL Studio (daw) : Le DAW de la scène Scantraxx et Defqon : kick en couches dans le Piano roll, reverse bass en sample inversé, arrangement en blocs de 32.
- Ableton Operator (plugin) : Kick de synthèse en sinus, enveloppe de hauteur raide, puis Saturator en Analog Clip Drive 8 dB : le point de départ avant de passer à Serum.
- Ableton Saturator (plugin) : Sur la queue du kick, en trois étages légers, puis FabFilter Saturn 2 ou Decapitator si tu veux du multibande ; Drive entre 30 et 60 %.
- FabFilter Pro-L 2 (plugin) : Limiteur master vers moins 6 LUFS intégrés, avec Pro-Q 3 juste avant pour un passe-haut à 30 Hz et un creux vers 300 Hz.
- iZotope Ozone (plugin) : Master : EQ dynamique, Exciter sur le médium du kick, Maximizer. Kickstart 2 de Nicky Romero fait le sidechain sur les leads.
Pour commencer
- Tempo 150 BPM. Fabrique le tok : 909 coupé à 50 ms, Saturator en hard clip. Fabrique la queue : Operator sinusoïde saturée, pitch qui descend de 100 ms puis se stabilise sur la tonique, decay 250 ms.
- Colle tok et queue, rebounce, traite par bandes : bas propre, médium distordu. Kick sur chaque temps.
- Reverse bass : inverse la queue, coupe-la à une croche, place-la sur chaque contretemps, même note que le kick.
- Screech dans Serum : dent de scie, filtre passe-bande résonant, distorsion, riff de doubles croches, passe-haut à 400 Hz.
- Lead supersaw dans Sylenth1, mélodie en mineur de 16 mesures pour le break, avec reverb longue.
- Arrange : intro 32, break 48 avec lead et voix parlée, montée 16, drop 32, break 16, drop final avec lead sur kick, fin 32. Clipper puis limiteur.
À écouter en travaillant
- Showtek : FTS (2007) : le kick et le reverse bass qui forment la basse, la voix parlée, tout le hardstyle des années 2000.
- Headhunterz : Psychedelic (2007) : le screech comme riff principal, écoute comment il perce au-dessus du kick.
- Noisecontrollers : Attack Again (2009) : le break mélodique long puis le drop avec le lead sur le kick.
- Headhunterz : Dragonborn (2012) : la queue du kick qui change de note pour suivre la mélodie, le climax euphorique.
Sources : Screech House, tutoriels de kick hardstyle (screechhouse.com) · Music Production Wiki, How to Make Hardstyle (musicproductionwiki.com) · connaissances générales · hard cultr, Hardstyle Producer Plugins 2026: The Toolkit (hardcultr.com) · ADSR Sounds, How to Make a Hardstyle Kick in Xfer Serum (adsrsounds.com)
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Hardstyle ?
Les Pays-Bas inventent au tournant 2000 le successeur de salon du gabber : tempo redescendu à 150, kick énorme et accordé, reverse bass, breakdowns mélodiques dramatiques. Devenu l'un des piliers des festivals mondiaux avec Defqon.1 en vaisseau amiral, le hardstyle a son industrie, ses hymnes…
À quel tempo joue-t-on le Hardstyle ?
Entre 145 et 155 BPM. Le hardstyle se joue à 150 BPM, avec les débuts (2002-2005) autour de 140-145 et le hardstyle moderne parfois à 155. C'est le seul tempo de la famille qui soit vraiment fixe : 150 est une convention, et les kicks sont conçus pour ce…
Quels sont les artistes clés du Hardstyle ?
Headhunterz, Wildstylez, Noisecontrollers, Showtek (période dure), D-Block & S-te-Fan, Sub Zero Project.
Avec quoi produit-on du Hardstyle ?
LennarDigital Sylenth1, Xfer Serum, Roland TR-909, FL Studio, Ableton Operator, Ableton Saturator, FabFilter Pro-L 2, iZotope Ozone.