Breaks
Vingt-trois genres, la deuxième plus grande famille, tous fondés sur un refus du quatre temps régulier. Le principe est un vol : quelques secondes de batterie prises sur un disque de funk, mises en boucle, accélérées. Deux mesures enregistrées en 1969 par les Winstons, le fameux amen break, ont produit plus de musique que la plupart des instruments. La famille explose en Grande-Bretagne au début des années 1990, quand les rave hardcore accélèrent ces boucles jusqu'à la jungle, puis les organisent en drum and bass. Elle se divise ensuite selon l'humeur : le jazz, l'obscurité, la précision chirurgicale du neurofunk. C'est la famille la plus britannique de la carte.
Les genres
- Breakbeat (1988) : Le terme racine : construire la musique sur un break de batterie samplé plutôt que sur une grille programmée. L'Amen break des Winstons, le Funky Drummer de…
- Breakbeat Hardcore (1991) : L'Angleterre des raves 1990-1992 : la house accélérée rencontre les breaks du hip-hop, les stabs de rave belges et les basses reggae. Pianos euphoriques, voix…
- Darkcore (1990) : L'hiver 1992-1993 du hardcore anglais : l'euphorie retombe, les pianos disparaissent, les breaks se voilent de nappes anxieuses et de samples d'horreur. Mr…
- Jungle (1994) : Londres, 1993-1995 : les breaks découpés au scalpel, accélérés à 160, sur des basses de sound system et des voix ragga. La jungle est la première musique…
- Drum and Bass (1994) : La jungle stylisée et technicisée à partir de 1995 : breaks plus propres, basses synthétiques, production d'orfèvre à 170 battements. Goldie et Metalheadz en…
- Techstep (1995) : 1996-1998 : la drum and bass se refroidit, breaks industriels en deux temps, basses en vrille, science-fiction dystopique. No U-Turn et Virus en sont les…
- Neurofunk (1997) : La systématisation du techstep à partir de 1998 : basses modulées en mouvement perpétuel, mixage chirurgical, groove fonctionnel froid. Le terme vient de la…
- Darkstep (1997) : Le versant le plus noir et le plus rapide de la drum and bass : breaks en rafales, basses hostiles, imagerie apocalyptique, à la frontière du breakcore.…
- Liquid Drum and Bass (1996) : La drum and bass qui respire : accords soul, voix chantées, basses rondes, l'héritage de Bukem réactivé au début des années 2000 par Fabio sous le nom liquid…
- Jump-Up (1993) : La drum and bass du samedi soir : une basse en trampoline qui fait tout le travail, des breaks simples, des refrains DJ. Née au milieu des années 1990 chez…
- Drumfunk (1995) : Le culte du break poussé à l'extrême : des batteries entières recomposées frappe par frappe, polyrythmies vivantes, hommage permanent aux batteurs de studio…
- Drumstep (2010) : L'hybride des années 2010 : le tempo de la drum and bass, mais des drops en demi-temps hérités du dubstep américain. Format taillé pour les festivals EDM et…
- Ragga Jungle (1991) : La jungle au micro : voix dancehall et reggae, basses de sound system, culture jamaïcaine de Londres assumée en première ligne. 1994-1996 en âge d'or, avec…
- Drill and Bass (1996) : Le détournement d'auteur de la jungle au milieu des années 1990 : Squarepusher et Aphex Twin, autour de Rephlex et Warp, poussent l'édition de breaks jusqu'à…
- Breakcore (1994) : La surenchère punk du break : Amen saturé jusqu'à la fusion, collages sauvages, ragga, metal et gabber dans le même hachoir, entre 180 et 220 battements.…
- Crossbreed (2010) : Le pacte formalisé entre drum and bass dure et hardcore industriel, autour de 2010 : kicks gabber sous breaks neurofunk, à 175-180. The Outside Agency et…
- Big Beat (1996) : L'Angleterre de 1995-1999 transforme le breakbeat en rock de stade : gros breaks compressés, riffs samplés, refrains publicitaires, l'ivresse sans la…
- Ghetto Funk (2003) : L'étiquette des années 2010 pour un breakbeat festif qui mélange funk samplé, basses dubstep légères et scratch, taillé pour les festivals à fanfares et les…
- Nu Skool Breaks (2000) : Le breakbeat repris en main à la fin des années 1990 : tempo house, basses electro tendues, production précise, ni la nostalgie rave ni la lourdeur big beat.…
- Progressive Breaks (1996) : Les trajectoires longues du progressive house posées sur des breaks : nappes qui montent, basses rondes, mélancolie de fin de nuit à 130 battements. Hybrid en…
- Psybreaks (2008) : Le sound design de la psytrance appliqué aux breaks : basses précises et mouvantes, textures psychédéliques, autour de 135-140. Hedflux en a formulé la…
- Florida Breaks (1987) : La Floride des années 1990 : l'electro de Miami croisée aux raves, breaks funky à 130-140, basses 808 rondes, euphorie de plage. Orlando et Tampa en font une…
- Broken Beat (2001) : Ouest de Londres, autour de 2000 : la réponse jazz et soul à la dance music quantifiée. Rythmiques déhanchées impossibles à compter, accords riches, héritage…