Psybreaks
Breaks · 2008 · 130 à 140 BPM · aussi appelé Psy Breaks, Psychedelic Breaks
Le sound design de la psytrance appliqué aux breaks : basses précises et mouvantes, textures psychédéliques, autour de 135-140. Hedflux en a formulé la version la plus lisible à la fin des années 2000, entre la scène breaks anglaise et les festivals psychédéliques. Zone étroite mais réelle, qui montre que les deux cultures partagent plus qu'on ne croit.
6 morceaux de référence
- Hedflux : Nonstop (2008)
- Neurodriver : Sidewinder (2009)
- Abdomen Burst : Epinephrine (Hedflux Remix) (2009)
- Colombo : Bombafunk (2011)
- Hedflux : Sacral (2011)
- Hedflux & Neurodriver : Energy Vibration (2009)
Fiche technique
- Tempo : 130 à 140 BPM
- Apparition : vers 2008
- Machines : Ableton Live, Xfer Serum, Akai S3000
- Le son : Basses neuro-psy modulées, Breaks propres, FX psychédéliques, Production surchirurgicale
- Labels : Broken Robot Recordings, VIM
- Artistes clés : Hedflux, Colombo, Rektchordz, Bad Tango
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Les psybreaks se jouent entre 135 et 140 BPM, un peu plus vite que le nu skool, dans la zone basse de la psytrance. Le feel est précis et roulant : le break est propre, sans swing, et la basse suit une pulsation continue en doubles croches, comme une basse de psytrance qui aurait perdu son kick 4/4. Ce qui distingue le genre du nu skool, c'est ce moteur de basse hypnotique et le sound design psychédélique par-dessus. Pense à un morceau de psytrance dont le kick aurait été remplacé par un break : la basse roule, les breaks syncopent, les effets tournent.
La rythmique
Les breaks propres du brief : un pattern programmé avec des sons courts et précis. Kick sur le temps 1 et sur le « et » du 2, caisse claire sur les 2 et 4, très sèche et précise, avec un pic à 1,5 kHz. Charleys fermés en doubles croches à vélocité alternée, charley ouvert sur le « et » du 4. Ajoute des percussions synthétiques (clics, blips, rimshots pitchés) qui suivent un motif en triolets une mesure sur deux, pour le côté psychédélique. Un second break samplé peut passer en fond, coupé à 1 kHz. Les fills sont des roulements en doubles croches avec un pitch qui monte, et des « stutters » de caisse claire par Beat Repeat. Le pattern de base ne bouge pas : la basse et les effets bougent.
La basse
Les basses neuro-psy modulées du brief : le cœur du genre. Dans Serum, une scie ou un wavetable simple, filtre passe-bas à 24 dB avec une enveloppe rapide (attaque 0, decay 80 ms), notes très courtes en doubles croches sur la fondamentale, comme une basse de psytrance. Le kick et la caisse claire du break étant courts, la basse roule sans interruption sur les contretemps et se tait sur les temps où le kick frappe. Par-dessus, une seconde basse neuro : Reese ou FM, avec des LFO sur le filtre et la position de wavetable, resamplée, qui joue une phrase de 2 mesures en réponse à la basse roulante. Un sub sinusoïdal sous 60 Hz. Sidechain fort de la basse roulante par le kick (ratio 6:1, release 40 ms).
Les sons
Le brief cite Ableton Live, Serum et l'Akai S3000. Serum donne les basses et les leads : wavetables avec modulation de position, FM entre oscillateurs, filtres qui bougent en doubles croches. Les FX psychédéliques sont ceux de la psytrance : délais en croche pointée avec feedback 60 % et filtre qui monte, phasers et flangers synchronisés, « squelches » de 303 ou d'un carré résonant, montées de bruit blanc, sons de synthé qui tournent en panoramique. Hedflux utilise des leads acides et des « zaps » courts en contrepoint de la basse. Ajoute une voix parlée filtrée et un peu de reverse. La production surchirurgicale du brief : chaque son est court, propre, et a sa place.
L’arrangement
Un psybreaks dure 6 à 8 minutes et suit une forme de psytrance sur un break. Intro de 32 mesures avec effets et percussions, la basse roulante entre à la mesure 33 avec le break. Passage de 32 mesures avec la basse neuro en réponse. Breakdown de 32 mesures : le break s'arrête, la basse roulante peut continuer seule ou s'arrêter, un lead acide monte, un délai s'emballe. Drop de 64 mesures avec tout, et une variation de la basse neuro toutes les 16. Second breakdown de 32 mesures plus long, avec une montée de bruit blanc. Second drop de 64 mesures. Outro de 32 mesures. Chaque 8 mesures est marqué par un effet ou un fill.
Le mix
Le mix psybreaks est chirurgical, comme celui du neurofunk mais à 138 BPM. Le kick et la basse roulante alternent au millimètre grâce au sidechain court. La basse roulante est mono, coupée passe-haut à 40 Hz et passe-bas à 300 Hz, compressée à 8:1. La basse neuro est coupée à 120 Hz et large au-dessus. Le sub est mono. Chaque effet est filtré pour ne pas toucher le grave. Les délais et réverbérations sont sur des sends avec un passe-haut à 300 Hz. Le bus batterie reçoit un Glue Compressor à 4:1 et une saturation légère. Master à -6 LUFS avec un limiteur propre, sans clip : le genre veut du propre.
Les plugins et machines
- Ableton Live (daw) : Le DAW de Hedflux et de la scène Broken Robot : breaks propres à 135-140 BPM et basses resamplées en audio, Freeze puis Flatten.
- Xfer Serum (plugin) : Basse roulante neuro-psy : scie ou wavetable, filtre 24 dB, decay 80 ms, FM entre oscillateurs, notes courtes sur les contretemps.
- Kilohearts Phase Plant (plugin) : Chaînes de modulation et de distorsion dans un seul instrument pour les basses mouvantes et les FX psychédéliques.
- Akai S3000 (machine) : Breaks et FX samplés sur les premiers disques de la scène breaks anglaise, avant le passage complet au logiciel.
- Ableton Beat Repeat (plugin) : Rafales de doubles croches sur les fins de phrase et sur les FX, pour la surchirurgie rythmique du genre.
- Ableton Glue Compressor (plugin) : Sur le bus drums, ratio 4:1, avec sidechain de la basse roulante par le kick (ratio 6:1, release 40 ms).
- FabFilter Pro-Q 3 (plugin) : Coupes chirurgicales entre kick, sub et basse roulante ; la production du genre se juge sur la propreté du bas.
Pour commencer
- Règle Ableton à 138 BPM. Programme un break propre : kick sur 1 et « et » du 2, caisse claire sèche sur 2 et 4, charleys en doubles croches.
- Crée une basse roulante sur Serum : scie, filtre 24 dB, decay 80 ms, notes courtes en doubles croches sur les contretemps, sidechain 6:1 par le kick.
- Crée une basse neuro (Reese ou FM avec LFO, resamplée) qui répond à la basse roulante sur 2 mesures.
- Ajoute des FX psy : délai croche pointée à 60 % de feedback, lead acide, zaps en contrepoint, percussions en triolets.
- Arrange intro 32, basse 32, réponse 32, breakdown 32, drop 64, breakdown 32, drop 64, outro 32.
- Mixe propre : basse roulante mono entre 40 et 300 Hz, sends filtrés à 300 Hz, -6 LUFS sans clip.
À écouter en travaillant
- Hedflux : Nonstop (2008) : la basse roulante de psytrance sous un break, la formule psybreaks au complet.
- Hedflux : Sacral (2011) : le sound design neuro-psy, chaque son court et à sa place, la production chirurgicale.
- Colombo : Bombafunk (2011) : le versant plus funky et breaks du style, basse qui rebondit et effets psychédéliques.
- Neurodriver : Sidewinder (2009) : la basse neuro en réponse à la basse roulante, le pont entre neurofunk et psytrance.
Sources : Dirty Hippy Studio, « Production Talk with Hedflux » (dirtyhippystudio.com) · Global Psybreaks, « Elite Session with Hedflux » (psybreaks.blogspot.com) · Connaissances générales · Attack Magazine · Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitre Reese bass wavetable) · MusicRadar
La filiation
Vient de
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Psybreaks ?
Le sound design de la psytrance appliqué aux breaks : basses précises et mouvantes, textures psychédéliques, autour de 135-140. Hedflux en a formulé la version la plus lisible à la fin des années 2000, entre la scène breaks anglaise et les festivals psychédéliques. Zone étroite mais réelle, qui…
À quel tempo joue-t-on le Psybreaks ?
Entre 130 et 140 BPM. Les psybreaks se jouent entre 135 et 140 BPM, un peu plus vite que le nu skool, dans la zone basse de la psytrance. Le feel est précis et roulant : le break est propre, sans swing, et la basse suit une pulsation continue en doubles…
Quels sont les artistes clés du Psybreaks ?
Hedflux, Colombo, Rektchordz, Bad Tango.
Avec quoi produit-on du Psybreaks ?
Ableton Live, Xfer Serum, Akai S3000, Kilohearts Phase Plant, Ableton Beat Repeat, Ableton Glue Compressor, FabFilter Pro-Q 3.