Neurofunk

Breaks · 1997 · 170 à 178 BPM · aussi appelé Neuro, Neuro DnB

La systématisation du techstep à partir de 1998 : basses modulées en mouvement perpétuel, mixage chirurgical, groove fonctionnel froid. Le terme vient de la critique (Simon Reynolds) avant d'être adopté par la scène. Noisia en fera au cours des années 2000 un standard de production mondial, admiré et imité jusque dans le metal et le jeu vidéo.

13 morceaux de référence

  1. Ed Rush and Optical : Funktion (1997)
  2. Black Sun Empire : Arrakis (2004)
  3. Noisia : Stigma (2007)
  4. Noisia : Machine Gun (2010)
  5. Mefjus : Blackout (2013)
  6. Mefjus, Camo & Krooked : Sientelo (2021)
  7. Noisia & The Upbeats : Dustup (2019)
  8. Sewerslvt : Looming.Sorrow.Descent
  9. Noisia : Collider
  10. Noisia : Could This Be
  11. Noisia : Diplodocus
  12. Noisia : Anomaly
  13. Noisia : Concussion

Fiche technique

Produire ce style

Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.

Tempo et groove

Le neurofunk se joue entre 172 et 174 BPM, tempo fixe, sans swing. Ce qui le distingue du techstep, c'est le mot « funk » : le beat est toujours un two-step, mais la basse est syncopée et bouge en doubles croches, comme une ligne de funk jouée par un robot. Le groove vient de l'interaction entre les drums, immobiles, et une basse qui rebondit sur les contretemps et change de timbre à chaque note. Compte en doubles croches et pense chaque note de basse comme une frappe de percussion. Le feel doit rester froid et fonctionnel : rien n'est là pour l'émotion, tout est là pour le mouvement.

La rythmique

Le two-step neurofunk est édité au millimètre. Kick sur le temps 1 et sur le « et » du 3, caisse claire sur le 2 et le 4, avec une caisse claire fantôme très courte sur la double croche avant le 4 une mesure sur deux. Les kicks sont empilés : un clic de transitoire de 5 ms, un corps de 909 à 90 Hz, et parfois une queue courte. La caisse claire est un empilement de trois à quatre samples alignés à l'échantillon près, sans réverbération. Les charleys sont programmés en doubles croches avec des micro-variations de vélocité et de pitch (±2 demi-tons). Les fills sont des éditions de break en triples croches sur le dernier temps de la mesure 16, avec un délai en Beat Repeat.

La basse

Le cœur : une Reese multi-bandes resamplée, comme le dit le brief. Pars de la recette Reese du livre d'Attack Magazine (deux oscillateurs détunés en sens opposés, mono, glide, unisson), mais dans Serum ou FM8. Enregistre en audio, puis sépare en trois bandes avec Multiband Dynamics ou trois EQ : sous 100 Hz, 100 Hz à 1 kHz, au-dessus. Traite chaque bande à part : le bas reste propre, le médium prend une distorsion et un filtre en mouvement, l'aigu un phaser ou un FM. Recolle, réenregistre, refais. Écris la ligne en doubles croches syncopées sur la fondamentale, avec des notes courtes qui changent de « timbre » grâce à des automations de position de wavetable. Un sub sinusoïdal séparé tient le bas.

Les sons

Le brief cite Serum et FM8. Serum sert à la Reese (wavetable Basic Shapes, deux oscillateurs, unisson 4 à 7, warp Bend) et aux basses en mouvement grâce à ses LFO synchronisés au tempo. FM8 donne les basses métalliques et les timbres qui « parlent » : deux opérateurs, ratio 1:2, feedback modulé par une enveloppe. Les chaînes de resampling documentées du brief sont la méthode : chaque son passe par trois à cinq étapes enregistrées en audio. Ajoute des percussions synthétiques (blips FM, clics), des impacts, des drones. Noisia a rendu ce vocabulaire standard : basses qui dialoguent entre elles, comme deux voix, en question réponse sur une mesure.

L’arrangement

Un neurofunk dure 5 à 6 minutes et se structure comme une DnB de club, mais avec plus de mouvement dans les drops. Intro de 32 mesures avec drone, percussions et une montée. Drop de 64 mesures où la basse change de motif toutes les 8 mesures et de timbre toutes les 16 : c'est là que le genre se distingue, la basse est un solo. Breakdown de 32 mesures avec un lead ou une nappe froide et une montée à base de bruit blanc et de snare roll en triples croches. Second drop avec deux basses en dialogue. Outro de 32 mesures. Marque chaque 8 mesures par un fill de batterie édité ou un effet de « stutter » sur la basse.

Le mix

Le mix neurofunk est le plus chirurgical de la famille. Kick et sub sont accordés : le sub joue la fondamentale, le kick est réglé pour que son corps tombe une octave au-dessus. La Reese est coupée passe-haut à 120 Hz et compressée par bandes. Chaque son de basse est mono sous 200 Hz et stéréo au-dessus (Utility en mode Mid/Side, ou un EQ Eight en M/S). Sidechain de tout le médium par le kick à ratio 3:1, release 50 ms. Le bus batterie reçoit un clipper avant le limiteur. Master à -6 ou -7 LUFS, avec deux limiteurs en série pour tenir ce niveau sans distordre. Vérifie chaque basse au spectromètre : rien ne doit dépasser entre 80 et 120 Hz sauf le kick.

Les plugins et machines

Pour commencer

  1. Règle Ableton à 174 BPM. Programme un two-step avec kick empilé (clic plus corps 909) et caisse claire de quatre samples alignés.
  2. Crée une Reese dans Serum (deux oscillateurs détunés en sens opposés, mono, glide, unisson 5) et enregistre-la en audio.
  3. Sépare-la en trois bandes, distords le médium, phase l'aigu, laisse le bas propre, recolle et réenregistre.
  4. Écris la ligne de basse en doubles croches syncopées et automatise la position de wavetable par note.
  5. Ajoute un sub sinusoïdal accordé, un drone froid et des percussions FM8.
  6. Arrange intro 32, drop 64 avec changement de basse toutes les 8, breakdown 32, second drop en dialogue, outro 32.

À écouter en travaillant

Sources : Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitre Basslines, Reese bass) · Connaissances générales · Wikipedia (Neurofunk, citant Computer Music) · Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitre Reese bass wavetable) · Attack Magazine (Halftime Drops In The Style Of Nikki Nair)

La filiation

Vient de

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Neurofunk ?

La systématisation du techstep à partir de 1998 : basses modulées en mouvement perpétuel, mixage chirurgical, groove fonctionnel froid. Le terme vient de la critique (Simon Reynolds) avant d'être adopté par la scène. Noisia en fera au cours des années 2000 un standard de production mondial, admiré…

À quel tempo joue-t-on le Neurofunk ?

Entre 170 et 178 BPM. Le neurofunk se joue entre 172 et 174 BPM, tempo fixe, sans swing. Ce qui le distingue du techstep, c'est le mot « funk » : le beat est toujours un two-step, mais la basse est syncopée et bouge en doubles croches, comme une ligne de funk…

Quels sont les artistes clés du Neurofunk ?

Noisia, Ed Rush & Optical, Black Sun Empire, Phace, Mefjus.

Avec quoi produit-on du Neurofunk ?

Native Instruments FM8, Xfer Serum, Kilohearts Phase Plant, Native Instruments Massive X, Ableton Multiband Dynamics, Ableton EQ Eight, Ableton Beat Repeat, Ableton Utility.

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