Drum and Bass
Breaks · 1994 · 165 à 180 BPM · aussi appelé Drum n Bass, DnB, D&B, Drum & Bass
La jungle stylisée et technicisée à partir de 1995 : breaks plus propres, basses synthétiques, production d'orfèvre à 170 battements. Goldie et Metalheadz en font un art de club sombre et futuriste, LTJ Bukem une élégance planante. Trente ans plus tard, le genre tourne toujours, industrie mondiale et scène underground à la fois, cas unique de longévité dans la bass music.
12 morceaux de référence
- Goldie : Inner City Life (1994)
- Adam F : Metropolis (1997)
- Roni Size : Brown Paper Bag (1997)
- Andy C : Body Rock (1999)
- Calibre : Mystic (2001)
- Wilkinson & Sub Focus : Illuminate (2019)
- Chase & Status : Baddadan (2023)
- Pendulum : Propane Nightmares
- Pendulum : Crush
- Pendulum : Hold Your Colour
- Pendulum : Slam
- Chase & Status : No Problem
Fiche technique
- Tempo : 165 à 180 BPM
- Apparition : vers 1994
- Machines : Akai S3000, Clavia Nord Lead, Roland TR-909, Steinberg Cubase
- Le son : Breaks édités au pas près, Basse Reese, Akai S3000 puis DAW, Sub sinusoïdale, Traitement parallèle des drums
- Labels : RAM Records, Metalheadz, V Recordings, Hospital Records, Shogun Audio, 1985 Music
- Artistes clés : Goldie, LTJ Bukem, Roni Size, Andy C, Photek, Dillinja
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
La drum and bass se fixe entre 170 et 174 BPM, avec 174 comme standard depuis la fin des années 1990. Ce qui change par rapport à la jungle, c'est la régularité : le break n'est plus joué en entier mais reconstruit sur une grille, pas à pas, et le groove vient du placement précis plutôt que du swing du batteur. Le pattern de base est le two-step : kick sur le temps 1, caisse claire sur les temps 2 et 4, kick de nouveau sur le « et » du 3. À 174 BPM, cette structure sonne comme un 87 BPM lourd, ce qui explique pourquoi le genre tient trente ans de clubs. Le swing du DAW reste à 0 ; le mouvement vient des ghost notes.
La rythmique
Construis le beat en couches, et non à partir d'un break entier. Un kick court et sec (909 ou sample, 60 à 90 Hz) sur le temps 1 et le « et » du 3. Une caisse claire empilée : un sample de break pour le corps, un snare 909 pour l'attaque, un clap discret pour la largeur, sur 2 et 4. Ensuite seulement, un break (Amen, Think, Apache) en fond, filtré passe-haut à 300 Hz, qui apporte les charleys et les fantômes. Les charleys programmés en doubles croches à vélocité 100 et 55 alternées, et un charley ouvert sur le « et » du 2 et du 4. Le brief parle de breaks édités au pas près : déplace certaines doubles croches de 10 à 20 ms pour humaniser.
La basse
Deux basses, toujours. Le sub est une sinusoïde d'Operator, entre 40 et 55 Hz, jouée en notes de une demi-mesure ou en croches syncopées, sans aucun traitement. La Reese est la seconde couche, celle que le livre d'Attack Magazine détaille : deux oscillateurs en dents de scie désaccordés en sens opposés de quelques cents, en mode mono avec un glide court, unisson de 4 à 6 voix étalées en stéréo, et un filtre passe-bas qui bouge par enveloppe puis par LFO lent. Coupe la Reese passe-haut à 100 Hz pour laisser le sub seul en bas. Le kick est léger et court pour que la basse domine le grave. Notes typiques : fondamentale, quinte, et une septième mineure de passage.
Les sons
Le brief cite l'Akai S3000, le Nord Lead et la TR-909. Le Nord Lead donne des nappes froides et des leads en dents de scie qui se retrouvent chez Goldie et Adam F. Aujourd'hui, Serum ou Wavetable d'Ableton font la Reese ; Operator fait le sub. Les nappes sont larges et sombres : accord mineur avec neuvième, filtre passe-bas à 2 kHz, réverbération de 5 secondes. Les FX de transition (montées de bruit blanc filtré, impacts, cymbales inversées) sont essentiels pour marquer les 16 mesures. Le traitement parallèle des drums cité dans le brief est une signature : une copie du bus batterie écrasée par un compresseur à ratio 20:1, mélangée à 30 % sous l'original.
L’arrangement
Un morceau de drum and bass de club dure 5 à 6 minutes et suit une forme devenue standard. Intro de 32 mesures avec nappe, percussions légères et une montée de bruit blanc sur les 8 dernières. Premier drop à la mesure 33, 32 ou 64 mesures, avec tous les éléments. Breakdown de 32 mesures : la batterie s'arrête, la nappe et un vocal restent, une montée annonce le second drop. Second drop, souvent avec une variation de basse ou un « switch » de note à la moitié. Outro de 32 mesures qui retire les éléments un par un. Marque chaque bloc de 16 mesures par un fill ou un FX. Le DJ compte en 32 : respecte-le.
Le mix
Le mix DnB est chirurgical. Kick et sub ne se chevauchent pas : kick coupé passe-haut à 50 Hz avec un pic à 80 Hz, sub seul en dessous, mono. La Reese est coupée à 100 Hz et étalée en stéréo au-dessus. Chaque élément de la batterie a son EQ : caisse claire boostée à 200 Hz et 5 kHz, charleys coupés sous 500 Hz. Le bus batterie reçoit une compression parallèle et une saturation légère. Réverbérations courtes (0,8 s) sur la caisse claire, longues sur les nappes uniquement. Sidechain du sub par le kick à ratio 4:1, release 60 ms, pour que les deux ne se marchent pas dessus. Master à -7 LUFS avec un limiteur en deux étages, pour les gros systèmes.
Les plugins et machines
- Akai S3000 (machine) : Le sampleur des studios Metalheadz et RAM : breaks édités au pas près, résolution 16 bits plus propre que le S950.
- Clavia Nord Lead 2 (machine) : Le synthé rouge des années 1996-2002 : Reese en deux scies détunées, stabs et nappes froides ; Nord Lead A1 ou Analog le remplacent.
- Steinberg Cubase (daw) : Le séquenceur de la DnB classique, encore utilisé par une partie de la scène anglaise pour l'édition MIDI des breaks.
- Roland TR-909 (machine) : Kick et caisse claire courts superposés aux breaks Apache, Think ou Amen pour la frappe de club à 170 BPM.
- Xfer Serum (plugin) : Le synthé standard du genre depuis 2015 : Reese, basses wavetable et resampling, avec deux oscillateurs détunés en sens opposés.
- Ableton Wavetable (plugin) : L'alternative native à Serum pour la Reese : unisson, LFO sur position de wavetable, sortie mono avec glide court.
- Ableton Operator (plugin) : Sinusoïde pure pour le sub à 40 ou 50 Hz, séparée de la Reese qui ne garde que le médium.
- Native Instruments Massive X (plugin) : La Reese documentée dans le livre : wavetables Monster, unisson 6 voix, glide, filtre Monark LP4, sans effet externe.
Pour commencer
- Règle Ableton à 174 BPM et programme un two-step : kick sur 1 et « et » du 3, caisse claire sur 2 et 4.
- Empile la caisse claire (break, 909, clap) et ajoute un break Amen filtré passe-haut à 300 Hz en fond.
- Crée le sub sur Operator (sinusoïde, 45 Hz) et la Reese sur Serum ou Wavetable : deux scies détunées en sens opposés, mono, glide, unisson 6 voix.
- Coupe la Reese passe-haut à 100 Hz, sidechain le sub depuis le kick, et vérifie le grave en mono.
- Ajoute une nappe mineure froide et des FX de montée toutes les 16 mesures.
- Arrange intro 32, drop 64, breakdown 32, drop 64, outro 32, avec compression parallèle sur le bus batterie.
À écouter en travaillant
- Goldie : Inner City Life (1994) : la voix de Diane Charlemagne, les breaks qui se transforment sur sept minutes, la DnB comme musique d'album.
- Adam F : Metropolis (1997) : la Reese qui gronde sous des breaks tranchants, le son Metalheadz à son sommet.
- Roni Size : Brown Paper Bag (1997) : contrebasse jouée puis samplée, breaks de jazz, la DnB de Bristol.
- Andy C : Body Rock (1999) : le two-step sec et la basse qui switch au milieu, le disque de club par excellence.
Sources : Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitre Basslines, Reese bass) · Connaissances générales · Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitre Reese bass wavetable) · Attack Magazine (Reese Bass Redux, Techno Reese Bass with Massive X) · MusicRadar (Rudimental, plugins DnB) · Wikipedia (Reese bass)
La filiation
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A donné
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Drum and Bass ?
La jungle stylisée et technicisée à partir de 1995 : breaks plus propres, basses synthétiques, production d'orfèvre à 170 battements. Goldie et Metalheadz en font un art de club sombre et futuriste, LTJ Bukem une élégance planante. Trente ans plus tard, le genre tourne toujours, industrie mondiale…
À quel tempo joue-t-on le Drum and Bass ?
Entre 165 et 180 BPM. La drum and bass se fixe entre 170 et 174 BPM, avec 174 comme standard depuis la fin des années 1990. Ce qui change par rapport à la jungle, c'est la régularité : le break n'est plus joué en entier mais reconstruit sur une grille, pas à…
Quels sont les artistes clés du Drum and Bass ?
Goldie, LTJ Bukem, Roni Size, Andy C, Photek, Dillinja.
Avec quoi produit-on du Drum and Bass ?
Akai S3000, Clavia Nord Lead, Roland TR-909, Steinberg Cubase, Clavia Nord Lead 2, Xfer Serum, Ableton Wavetable, Ableton Operator, Native Instruments Massive X.