Ghetto Funk
Breaks · 2003 · 105 à 115 BPM · aussi appelé Ghetto Funk Breaks, Glitch Funk
L'étiquette des années 2010 pour un breakbeat festif qui mélange funk samplé, basses dubstep légères et scratch, taillé pour les festivals à fanfares et les afterparties. L'esprit est celui du big beat en plus glitché, sans prétention et efficace. Scène de DJ plus que d'albums, entre Bristol et les tournées estivales.
6 morceaux de référence
- A.Skillz and Krafty Kuts : Tricka Technology (2003)
- Chinese Man : I ve Got That Tune (2008)
- A Skillz : Sunshine (2009)
- Basement Freaks : Something Freaky (2008)
- Featurecast : Ain't My Style (2010)
- Stickybuds : Crowd Murder (2015)
Fiche technique
- Tempo : 105 à 115 BPM
- Apparition : vers 2003
- Machines : Ableton Live, Akai MPC, Platines vinyle
- Le son : Samples funk retravaillés, Basses wobble légères, Breaks festifs, Scratchs
- Labels : Jalapeno Records, Ghetto Funk, Scour Records
- Artistes clés : A.Skillz, Featurecast, Slynk, Stickybuds
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Le ghetto funk se joue entre 100 et 115 BPM, le plus lent de la famille avec le breakbeat racine. Le feel est celui du hip-hop de fête : un swing de MPC à 58 à 62 %, un break de funk qui traîne, une basse qui rebondit en demi-temps. Ce qui le distingue du big beat, son parent, c'est le tempo plus bas et la basse dubstep légère : le groove est celui d'un morceau de hip-hop de 1990 avec un wobble en dessous. Pense à une fanfare de festival qui aurait invité un producteur de dubstep : festif, rebondissant, un peu glitché, jamais sombre.
La rythmique
Les breaks festifs du brief : un break de funk (Funky Drummer, un break de soul de 1972) joué presque en entier à 108 BPM, avec un kick et un snare de hip-hop empilés par-dessus. Kick sur le 1 et le « et » du 2, caisse claire sur les 2 et 4, très claquante (boost à 2 kHz). Charleys du break, plus un charley ouvert programmé sur le « et » du 4. Ajoute des scratchs en percussion (un « transformer » sur le « et » du 3), des claps de foule, un tambourin. Les fills sont des roulements de caisse claire samplés ou des « stutters » du break avec Beat Repeat. Le swing MPC à 60 % est obligatoire : si ça ne traîne pas, ce n'est pas du ghetto funk.
La basse
Les basses wobble légères du brief : une basse de dubstep, mais douce et mélodique. Dans Serum ou Massive, une scie ou un carré avec un LFO synchronisé en croche ou en noire sur le cutoff d'un filtre passe-bas résonant, à 40 % de profondeur, pas plus. La ligne suit le riff du sample de funk, en noires ou en croches, sur trois ou quatre notes (fondamentale, septième mineure, octave, quinte), en demi-temps par rapport au break. Un sub sinusoïdal tient la fondamentale. Alterne avec une basse électrique samplée sur le disque de funk pour les couplets, et le wobble pour les refrains. Sidechain léger par le kick (ratio 3:1, release 80 ms).
Les sons
Le brief cite Ableton Live, l'Akai MPC et les platines. Les samples funk retravaillés : cuivres, guitares wah-wah, orgues Hammond, cris de James Brown, coupés sur une ou deux mesures, pitchés pour coller à la tonalité, filtrés, parfois hachés avec Beat Repeat. Les voix sont des phrases de rap ou de funk (« get up », « party people ») en refrain, et parfois un talkbox ou un vocoder. Les scratchs sont partout : phrases, percussions, transitions. Ajoute des cuivres de fanfare joués ou samplés, des stabs de disco, un piano de boogie. Le glitch vient de Beat Repeat sur les vocaux et de Redux sur les breaks : léger, comme un clin d'œil.
L’arrangement
Un ghetto funk dure 3 à 5 minutes, court, comme un morceau de hip-hop de fête. Intro de 8 mesures sur le sample de funk seul, ou un scratch. Couplet de 16 mesures : break, basse samplée, cuivres. Refrain de 16 mesures : wobble, phrase vocale, tout. Pont de 8 mesures avec un scratch en solo ou un breakdown de cuivres. Second couplet, second refrain, et un breakdown de 8 mesures où seule la voix reste, bégayée, avant le dernier refrain. Fin nette sur un stab de cuivres. Le drop doit arriver avant la minute 1 : c'est fait pour les DJs de festival qui enchaînent vite. Un « switch » de basse électrique à wobble au refrain fait la différence.
Le mix
Le mix ghetto funk est fort et joyeux, plus propre que le big beat. Le break est compressé (ratio 6:1, attaque 3 ms, release 80 ms) avec un peu de pompage, puis saturé légèrement. Le kick et la caisse claire empilés sont devant, la caisse claire boostée à 2 kHz et 200 Hz. Le wobble est coupé passe-haut à 80 Hz, avec un Multiband Dynamics pour contenir la résonance du filtre, et le sub est mono en dessous. Les samples de funk sont coupés passe-haut à 250 Hz et compressés doucement. Les voix et scratchs sont devant, avec une réverbération courte. Master à -7 LUFS, avec un peu de clip : ça doit sonner fort sur un système de festival.
Les plugins et machines
- Ableton Live (daw) : Le DAW des sets et des productions de festival : samples de funk warpés, drops de basse wobble, tout arrangé pour le live.
- Akai MPC Live II (machine) : Pads pour rejouer les breaks de Funky Drummer et les riffs de cuivres, swing léger ; A.Skillz vient de la culture MPC.
- Technics SL-1200 avec Serato DJ (materiel) : Scratchs enregistrés dans le morceau et repiquage de phrases vocales sur vinyle, signature de la scène Bristol.
- Xfer Serum (plugin) : Basses wobble légères, LFO synchronisé à la noire ou à la croche sur le filtre, sans la violence du brostep.
- Native Instruments Massive (plugin) : Le wobble des premiers disques Ghetto Funk : scie, filtre Daft, LFO sur le cutoff, Dimension Expander.
- Ableton Beat Repeat (plugin) : Glitchs et bégaiements sur les voix et les cuivres samplés pour le côté big beat glitché.
- Ableton Multiband Dynamics (plugin) : OTT modéré sur la basse et compression par bande sur les samples funk pour les tenir au niveau des festivals.
- Ableton Redux (plugin) : Un peu de 12 bits sur les breaks samplés pour retrouver le grain MPC des disques de funk retravaillés.
Pour commencer
- Règle Ableton à 108 BPM avec un groove MPC à 60 %. Importe un break de funk et empile un kick et un snare de hip-hop par-dessus.
- Sample un riff de cuivres ou de guitare wah-wah sur deux mesures et pitche-le dans la tonalité.
- Crée une basse wobble douce sur Serum (LFO en croche sur le cutoff, profondeur 40 %) qui suit le riff, plus un sub.
- Ajoute une phrase vocale de funk en refrain, des scratchs en percussion, et un peu de Beat Repeat sur la voix.
- Arrange intro 8, couplet 16 avec basse samplée, refrain 16 avec wobble, pont 8, couplet, refrain, breakdown 8, refrain final.
- Compresse le break avec pompage léger, contiens le wobble avec Multiband Dynamics, -7 LUFS.
À écouter en travaillant
- A.Skillz and Krafty Kuts : Tricka Technology (2003) : le breakbeat funk avec scratchs et voix de rap, avant le mot ghetto funk.
- Featurecast : Ain't My Style (2010) : le wobble léger sous un break de funk, la formule du genre.
- A Skillz : Sunshine (2009) : le sample de soul joyeux, la basse qui rebondit, le ghetto funk de festival.
- Stickybuds : Crowd Murder (2015) : le côté glitché et lourd, la version canadienne du style.
Sources : Dance Music Northwest, « Getting to Know a Genre: Ghetto Funk » (dancemusicnw.com) · Connaissances générales · Attack Magazine · Wikipedia (Akai MPC) · MusicRadar
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Ghetto Funk ?
L'étiquette des années 2010 pour un breakbeat festif qui mélange funk samplé, basses dubstep légères et scratch, taillé pour les festivals à fanfares et les afterparties. L'esprit est celui du big beat en plus glitché, sans prétention et efficace. Scène de DJ plus que d'albums, entre Bristol et…
À quel tempo joue-t-on le Ghetto Funk ?
Entre 105 et 115 BPM. Le ghetto funk se joue entre 100 et 115 BPM, le plus lent de la famille avec le breakbeat racine. Le feel est celui du hip-hop de fête : un swing de MPC à 58 à 62 %, un break de funk qui traîne, une basse qui rebondit en demi-temps. Ce…
Quels sont les artistes clés du Ghetto Funk ?
A.Skillz, Featurecast, Slynk, Stickybuds.
Avec quoi produit-on du Ghetto Funk ?
Ableton Live, Akai MPC, Platines vinyle, Akai MPC Live II, Technics SL-1200 avec Serato DJ, Xfer Serum, Native Instruments Massive, Ableton Beat Repeat, Ableton Multiband Dynamics, Ableton Redux.