Big Beat
Breaks · 1996 · 120 à 140 BPM · aussi appelé Chemical Breaks, Big Beat Breaks
L'Angleterre de 1995-1999 transforme le breakbeat en rock de stade : gros breaks compressés, riffs samplés, refrains publicitaires, l'ivresse sans la subtilité et fière de l'être. Chemical Brothers, Prodigy et Fatboy Slim vendent des millions et mettent la musique électronique dans toutes les publicités de la planète. Mort d'excès en trois ans, ressuscité en madeleine.
16 morceaux de référence
- The Prodigy : Firestarter (1996)
- The Chemical Brothers : Block Rockin' Beats (1997)
- The Chemical Brothers : Hey Boy Hey Girl (1999)
- Propellerheads : Spybreak! (1997)
- Fatboy Slim : The Rockafeller Skank (1998)
- The Chemical Brothers : Got to Keep On (2019)
- The Chemical Brothers : No Reason (2023)
- Fatboy Slim : Right Here Right Now (1998)
- Fatboy Slim : Praise You (1998)
- The Prodigy : Diesel Power (1997)
- Fatboy Slim : Weapon Of Choice
- The Prodigy : Serial Thrilla
- The Prodigy : Mindfields
- The Prodigy : Invaders Must Die
- The Chemical Brothers : Go
- The Chemical Brothers : Let Forever Be
Fiche technique
- Tempo : 120 à 140 BPM
- Apparition : vers 1996
- Machines : Akai MPC, Akai S1000, Roland TR-909, Platines vinyle
- Le son : Breaks compressés énormes, Riffs rock samplés, Akai MPC et S-series, Compression pompée assumée
- Labels : Skint, Wall Of Sound, Freskanova
- Artistes clés : The Chemical Brothers, Fatboy Slim, The Prodigy, Propellerheads, Bentley Rhythm Ace
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Le big beat tourne entre 115 et 140 BPM, avec quelques exceptions plus rapides comme The Rockafeller Skank vers 153. Le centre est 125 à 130 BPM. Le feel est celui du rock : les breaks sont lourds, en avant du temps, avec un swing de hip-hop (MPC à 58 %) qui traîne juste assez. Ce qui le distingue du breakbeat racine, c'est la taille : chaque frappe sonne comme un coup de batterie de stade, et le morceau est construit comme une chanson rock, avec un riff. Ralentis un break de funk à 128 BPM, compresse-le jusqu'à ce qu'il pompe, et tu es dans le bon feel.
La rythmique
Les breaks compressés énormes du brief : un break de funk ou de rock (Funky Drummer, un break de Led Zeppelin, un break de garage rock) samplé sur un Akai S1000 ou une MPC, joué presque en entier à 128 BPM, avec un kick 909 sur les temps 1 et 3 et un snare 909 sur les 2 et 4 par-dessus pour le poids. Ajoute un second break plus rapide, en doubles croches, filtré passe-haut, pour le mouvement, et une cymbale crash sur le premier temps de chaque section. Les fills sont des roulements de caisse claire samplés ou des tambours de rock. Le swing vient de la MPC : 58 à 62 % sur les doubles croches, jamais quantisé à 100 %.
La basse
La basse big beat est un riff, pas une ligne. Souvent samplée sur un disque de rock ou de funk (basse électrique en distorsion), ou jouée sur un synthé analogique brut : un carré ou une scie sur un Juno ou sur Analog, avec un filtre passe-bas à 400 Hz et de la distorsion (Overdrive 40 %). Elle joue le même riff que le sample principal, en croches, sur trois ou quatre notes, avec des silences rock (fondamentale, fondamentale, tierce mineure, quinte). Elle est mixée fort et sale, et se bat avec le kick plutôt que de s'y soumettre : pas de sidechain, ou très léger. Un sub sinusoïdal en dessous n'est pas obligatoire, c'est la distorsion qui fait entendre la basse.
Les sons
Le brief cite l'Akai MPC, le S1000, la TR-909 et les platines. Le MPC donne le swing et le grain, le S1000 le time-stretch et les stabs, la 909 le poids, les platines les scratchs. Les riffs rock samplés : guitare, orgue, cuivres, un cri de chanteur, coupés sur une ou deux mesures et bouclés. Les refrains publicitaires : une phrase vocale accrocheuse répétée, pitchée, filtrée. Ajoute des sirènes, des stabs de rave, des bruits de foule, des scratchs. Dans Ableton, Simpler en mode Classic avec warp désactivé pour pitcher les samples, Vinyl Distortion pour le crépitement, et Beat Repeat pour les bégaiements de vocal à la Fatboy Slim.
L’arrangement
Un big beat dure 4 à 6 minutes et se construit comme une chanson rock avec des couplets et un refrain. Intro de 8 mesures sur le break seul ou le riff seul. Couplet de 16 mesures : break, basse, riff. Refrain de 16 mesures : tout, plus le vocal accrocheur et un stab. Pont de 8 mesures : filtre passe-bas qui se ferme sur tout, puis un roulement et l'explosion. Second couplet, second refrain, et un breakdown de 16 mesures où seul le vocal reste, bégayé par Beat Repeat, avant le retour final. Le morceau doit avoir un moment de « drop » évident, un cri de foule, et une fin qui claque sur une cymbale.
Le mix
La compression pompée assumée du brief : le bus batterie passe dans un Glue Compressor à ratio 10:1, attaque 1 ms, release 100 ms, avec 6 à 10 dB de réduction, pour que les charleys et les fantômes gonflent entre les kicks. Une saturation à lampe ensuite (Saturator Analog Clip, Drive 8 dB). Le kick 909 renforce le kick samplé à 60 Hz, la caisse claire est boostée à 3 kHz. Les samples de riffs passent dans un filtre passe-haut à 200 Hz et une distorsion douce. Les réverbérations sont courtes, type chambre, sur la caisse claire. Master à -7 LUFS, avec un peu de clip : le big beat doit sonner plus fort que les disques de house voisins.
Les plugins et machines
- Akai S1000 (machine) : Le sampleur des Chemical Brothers, avec un Atari ST : breaks de rock et de funk joués presque entiers, riffs et voix pitchés.
- Akai MPC2000 (machine) : Le swing à 58 ou 62 % sur les doubles croches et le grain des pads ; le groove MPC d'Ableton reproduit le feel.
- Roland TR-909 (machine) : Kick sur 1 et 3, snare sur 2 et 4, superposés au break samplé pour le poids de stade ; samples 909 suffisent.
- Technics SL-1200 (materiel) : Platines de Fatboy Slim et des DJ de Skint : scratchs, repiquage de riffs et de phrases vocales sur vinyle.
- Roland Juno-106 (machine) : Basse carré ou scie filtrée à 400 Hz avec distorsion qui double le riff samplé ; Ableton Analog fait le même travail.
- Ableton Glue Compressor (plugin) : Compression pompée assumée sur le bus batterie, attaque lente, release rapide, pour gonfler charleys et fantômes entre les kicks.
- Ableton Simpler (plugin) : Mode Classic sans warp pour pitcher riffs et voix comme sur un Akai, avec Beat Repeat pour les bégaiements vocaux.
- Ableton Vinyl Distortion (plugin) : Crépitement et distorsion de sillon sur les samples de disques, avec Saturator Analog Clip à 8 dB derrière sur le bus.
Pour commencer
- Règle Ableton à 128 BPM avec un groove MPC à 58 %. Importe un break de funk ou de rock et joue-le presque entier.
- Superpose un kick 909 sur 1 et 3 et un snare 909 sur 2 et 4, plus un second break filtré passe-haut pour les doubles croches.
- Sample un riff (guitare, orgue ou cuivres) sur deux mesures, et crée une basse distordue sur Analog qui joue le même riff.
- Sample une phrase vocale accrocheuse et prépare un clip avec Beat Repeat pour le breakdown.
- Arrange intro 8, couplet 16, refrain 16, pont 8 avec filtre qui se ferme, couplet, refrain, breakdown vocal, retour final.
- Compresse le bus batterie à 10:1 jusqu'à ce que ça pompe, sature, et vise -7 LUFS.
À écouter en travaillant
- The Chemical Brothers : Block Rockin' Beats (1997) : le break compressé énorme, le riff de basse samplé, le cri vocal en refrain.
- Fatboy Slim : The Rockafeller Skank (1998) : la phrase vocale bégayée et pitchée, le riff de guitare surf, la structure de chanson.
- The Prodigy : Firestarter (1996) : le breakbeat devenu punk, guitares samplées et voix criée, le big beat de stade.
- Propellerheads : Spybreak! (1997) : le break de funk et l'orgue de film d'espionnage, la version plus élégante du genre.
Sources : Connaissances générales · Wikipedia (The Chemical Brothers, Akai S950, Big beat) · Attack Magazine (Big Beat Techno) · Sound on Sound
La filiation
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Big Beat ?
L'Angleterre de 1995-1999 transforme le breakbeat en rock de stade : gros breaks compressés, riffs samplés, refrains publicitaires, l'ivresse sans la subtilité et fière de l'être. Chemical Brothers, Prodigy et Fatboy Slim vendent des millions et mettent la musique électronique dans toutes les…
À quel tempo joue-t-on le Big Beat ?
Entre 120 et 140 BPM. Le big beat tourne entre 115 et 140 BPM, avec quelques exceptions plus rapides comme The Rockafeller Skank vers 153. Le centre est 125 à 130 BPM. Le feel est celui du rock : les breaks sont lourds, en avant du temps, avec un swing de…
Quels sont les artistes clés du Big Beat ?
The Chemical Brothers, Fatboy Slim, The Prodigy, Propellerheads, Bentley Rhythm Ace.
Avec quoi produit-on du Big Beat ?
Akai MPC, Akai S1000, Roland TR-909, Platines vinyle, Akai MPC2000, Technics SL-1200, Roland Juno-106, Ableton Glue Compressor, Ableton Simpler, Ableton Vinyl Distortion.