Breakcore
Breaks · 1994 · 170 à 220 BPM · aussi appelé Break Core, Mashcore
La surenchère punk du break : Amen saturé jusqu'à la fusion, collages sauvages, ragga, metal et gabber dans le même hachoir, entre 180 et 220 battements. Scène née des squats et des netlabels à la fin des années 1990, avec Venetian Snares en génie des signatures rythmiques impaires. Violente, drôle, virtuose : les trois à la fois, sinon rien.
16 morceaux de référence
- Atari Teenage Riot : Deutschland (Has Gotta Die!) (1996)
- Bong-Ra : Killergram (2003)
- Venetian Snares : Szamar Madar (2005)
- Venetian Snares : Hajnal (2005)
- Alec Empire : Digital Hardcore (1994)
- goreshit : burn this moment into the retina of my eye (2019)
- Sewerslvt : Cyberia Lyr1 (2020)
- Femtanyl : Chaser (2023)
- Femtanyl : Lovesick, Cannibal! (2023)
- Femtanyl : Dogmatica (2023)
- Venetian Snares : Gentleman
- Venetian Snares : Szerencsétlen
- Venetian Snares : Második galamb
- Igorrr : Tout Petit Moineau
- Venetian Snares : Öngyilkos vasárnap
- goreshit : fine night
Fiche technique
- Tempo : 170 à 220 BPM
- Apparition : vers 1994
- Machines : Renoise, Trackers (Amiga)
- Le son : Amen écrasé et distordu, Renoise et trackers, Signatures impaires, Collages de samples sans permission
- Labels : Planet Mu, Ad Noiseam, PRSPCT Recordings, Peace Off, Bloody Fist
- Artistes clés : Venetian Snares, Bong-Ra, Enduser, Shitmat, Igorrr (héritier)
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Le breakcore tourne entre 180 et 220 BPM, et le tempo peut changer au milieu d'une phrase. Ce qui le distingue du drill and bass, c'est la violence et les signatures impaires : Venetian Snares écrit en 7/4 ou en 5/4, et le motif de l'Amen se décale en permanence contre la mesure. Le feel est celui d'un collage punk : un passage de gabber en 4/4, puis une rafale d'Amen en 7/8, puis un passage ragga, sans transition. Règle ton DAW à 200 BPM et, si tu utilises Renoise ou un tracker, compte en lignes par mesure plutôt qu'en temps : c'est ainsi que les motifs impairs deviennent naturels.
La rythmique
L'Amen écrasé et distordu du brief : charge l'Amen dans Renoise ou dans Simpler, découpe-le en 32 tranches, et écris des patterns de 7 ou 14 lignes au lieu de 8 ou 16. Un exemple : kick sur la ligne 1, caisse claire sur la 3, kick sur la 5, caisse claire sur la 6 et la 7, sur une boucle de 7. Utilise les commandes de tracker (retrigger, reverse, pitch slide) sur les tranches de caisse claire pour créer des rafales. Ajoute un kick de gabber (909 distordu, long) qui prend le relais en 4/4 pendant 4 mesures, puis disparaît. Empile deux ou trois Amen à des pitchs différents, chacun avec sa distorsion. Les fills sont des « retrigs » de caisse claire qui accélèrent jusqu'au bruit.
La basse
La basse breakcore est secondaire et brutale. Souvent, c'est le kick de gabber qui tient le rôle de basse : un 909 saturé avec une queue longue, qui descend jusqu'à 50 Hz et tient la note. Sinon, un carré distordu sur Operator ou Roar, en notes courtes qui suivent les kicks, ou une basse de ragga samplée et pitchée sans respect. Pas de sub propre séparé : tout est saturé ensemble. Le rapport au kick est de fusion : basse et kick passent dans la même distorsion et le même compresseur, et l'ensemble forme une masse. Si tu veux une note lisible, garde un sub sinusoïdal à -12 dB sous le reste, pour les systèmes qui le supportent.
Les sons
Le brief cite Renoise et les trackers Amiga : le tracker est l'instrument, pas seulement le séquenceur. Ses commandes par ligne (0Bxx pour le retrigger, 0Exx pour le délai, pitch slides) font les rafales. Les collages de samples sans permission : dessins animés, metal, ragga, chansons pop, dialogues de films, tout est samplé, pitché, saturé. Les distorsions sont extrêmes : Overdrive à 100 %, Saturator en Digital Clip, Redux à 8 bits, souvent en série. Ajoute un vocal de metal ou de gabber crié, des stabs de hoover, des sirènes, et des passages de musique classique ou de jazz samplés pour le contraste. Venetian Snares mêle cordes et Amen : la beauté et le bruit ensemble.
L’arrangement
Un breakcore dure 3 à 6 minutes et fonctionne par ruptures. Pas d'intro de 32 mesures : commence par un sample de voix ou une rafale d'Amen dès la première seconde. Alterne des blocs de 4 à 16 mesures de styles différents : Amen en 7/4, gabber en 4/4, ragga sur un break, passage de cordes seul. Chaque bloc arrive sans montée, ou avec une montée qui ment (une montée de 8 mesures qui débouche sur un silence). Un morceau de Venetian Snares peut contenir un passage lent, mélancolique, de 16 mesures, avant de repartir. Termine sur une coupure brute ou sur le sample de voix du début. Le principe est le collage : tu construis une piste comme on monte un film.
Le mix
Le mix breakcore est un mur. Tout le bus batterie passe dans une distorsion puis un compresseur à ratio 20:1 et attaque 0,1 ms, puis un clipper. Les Amen empilés se distinguent par leur pitch et leur bande de fréquence, pas par le niveau. Le kick gabber est le plus fort, saturé jusqu'à ce que sa queue devienne une note. Les samples mélodiques (cordes, voix) passent derrière avec une réverbération longue, et surgissent en avant quand les drums se taisent. Pas de sidechain, ni d'EQ chirurgicale : c'est le contraire du neurofunk. Master à -4 ou -5 LUFS, écrasé, avec un limiteur qui pompe : c'est le son voulu. Bloody Fist pressait des disques qui saturaient à la lecture.
Les plugins et machines
- Renoise (daw) : Le tracker moderne de Venetian Snares : Amen tapé ligne par ligne, pitch rolls, rafales et signatures impaires sans effort.
- Commodore Amiga avec OctaMED (daw) : Les premiers breakcore de Digital Hardcore et de Venetian Snares sur Amiga 500, avant le port MED Soundstudio sur Windows.
- Polyend Tracker+ (machine) : Tracker matériel pour composer des breaks en live ou en déplacement, dans la même logique que Renoise et le Dirtywave M8.
- Ableton Simpler (plugin) : Amen en mode Slice, chaque tranche repitchée et rejouée hors grille ; Redux derrière pour écraser le tout en 8 bits.
- Ableton Beat Repeat (plugin) : Bégaiements aléatoires sur les breaks à 200 BPM, Chance élevée, Gate court, pour les collages sans permission.
- Ableton Roar (plugin) : Amen saturé jusqu'à la fusion : Roar après Overdrive et Saturator, en série, jusqu'à ce que le break devienne un mur.
- Ableton Redux (plugin) : 8 bits et downsampling brutal pour retrouver le son des trackers Amiga et des netlabels de 1999.
- Ableton Operator (plugin) : Sub sinusoïdal ou kick gabber synthétisé par enveloppe de pitch, sous les breaks pour le côté hardcore.
Pour commencer
- Règle Ableton (ou Renoise) à 200 BPM. Importe l'Amen, découpe-le en 32 tranches, et écris un pattern sur 7 temps.
- Ajoute des rafales de caisse claire avec Beat Repeat (ou la commande retrigger du tracker) qui accélèrent jusqu'au bruit.
- Crée un kick gabber : 909 avec decay long, Overdrive 100 %, Saturator Digital Clip, qui joue en 4/4 sur 4 mesures d'affilée.
- Sample trois choses sans rapport (une voix de dessin animé, un riff de metal, une phrase ragga) et pitche-les.
- Arrange par blocs de 4 à 16 mesures qui changent de style sans transition, avec un passage de cordes seul au milieu.
- Écrase le bus batterie dans distorsion, compresseur 20:1 et clipper, et pousse le master à -5 LUFS.
À écouter en travaillant
- Venetian Snares : Szamar Madar (2005) : cordes de musique classique samplées et Amen en 7/4, la beauté et la violence dans la même mesure.
- Venetian Snares : Hajnal (2005) : les rafales de caisse claire qui se décalent contre la mesure, la signature impaire poussée à fond.
- Bong-Ra : Killergram (2003) : ragga, metal et Amen distordu dans le même hachoir, le breakcore de squat.
- Atari Teenage Riot : Deutschland (Has Gotta Die!) (1996) : le digital hardcore de Berlin, breaks et cris punk, l'ancêtre direct.
Sources : Connaissances générales · Wikipedia (Venetian Snares, OctaMED, Breakcore) · Attack Magazine (5 of the Best Software and Hardware Trackers) · MusicRadar (EB-Blasphemy, AmenBreak VST)
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Breakcore ?
La surenchère punk du break : Amen saturé jusqu'à la fusion, collages sauvages, ragga, metal et gabber dans le même hachoir, entre 180 et 220 battements. Scène née des squats et des netlabels à la fin des années 1990, avec Venetian Snares en génie des signatures rythmiques impaires. Violente,…
À quel tempo joue-t-on le Breakcore ?
Entre 170 et 220 BPM. Le breakcore tourne entre 180 et 220 BPM, et le tempo peut changer au milieu d'une phrase. Ce qui le distingue du drill and bass, c'est la violence et les signatures impaires : Venetian Snares écrit en 7/4 ou en 5/4, et le motif de l'Amen…
Quels sont les artistes clés du Breakcore ?
Venetian Snares, Bong-Ra, Enduser, Shitmat, Igorrr (héritier).
Avec quoi produit-on du Breakcore ?
Renoise, Trackers (Amiga), Commodore Amiga avec OctaMED, Polyend Tracker+, Ableton Simpler, Ableton Beat Repeat, Ableton Roar, Ableton Redux, Ableton Operator.