Digital Hardcore

Hardcore · 1994 · 160 à 200 BPM · aussi appelé Digital Punk, Riot Beats

Berlin, 1994 : Alec Empire fonde le label Digital Hardcore Recordings et soude breakbeats saturés, punk hurlé et politique radicale. Atari Teenage Riot en est le commando : riot sounds produce riot people. Plus proche de l'émeute que du club, le genre a légué sa rage au breakcore et son nom à une attitude.

15 morceaux de référence

  1. Atari Teenage Riot : Speed (1995)
  2. Atari Teenage Riot : Start the Riot (1995)
  3. Ec8or : AK-78 (1995)
  4. EC8OR : Cocaine Ducks (1996)
  5. Atari Teenage Riot : Deutschland (Has Gotta Die!) (1996)
  6. Alec Empire : The Destroyer (1996)
  7. Atari Teenage Riot : Revolution Action (1999)
  8. Alec Empire : Digital Hardcore (1994)
  9. Machine Girl : Blood Magic (2020)
  10. Machine Girl : Until I Die (2024)
  11. Atari Teenage Riot : Into the Death
  12. Atari Teenage Riot : Raverbashing
  13. Atari Teenage Riot : Atari Teenage Riot
  14. Machine Girl : MCHNGRL VS WLFGRL
  15. Atari Teenage Riot : Sick to Death

Fiche technique

Produire ce style

Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.

Tempo et groove

Le digital hardcore tourne entre 160 et 200 BPM, souvent 170-180 chez Atari Teenage Riot, mais le tempo compte moins que l'énergie : c'est du punk joué avec des machines. Ce qui le distingue de tout le reste de la famille, c'est la grille : pas de 4/4 régulier, mais des breakbeats saturés, souvent l'Amen ou un break de funk, accélérés et distordus, avec des kicks 909 qui tombent par-dessus. Le feel est celui d'un concert punk : brut, hurlé, sans propreté. Un peu de swing naturel du break, aucune quantification forcée. Programme à 175 BPM, grille en doubles croches, et laisse les erreurs : elles font partie du son.

La rythmique

Des breakbeats samplés sur Atari ST (ou n'importe quel break dans Simpler), accélérés à 175 BPM sans conserver la hauteur (le pitch monte, c'est voulu), découpés grossièrement, et distordus au maximum : Saturator à 25 dB puis Redux à 8 bits. Par-dessus, un kick 909 distordu sur les temps 1 et 3, ou sur chaque temps dans les passages les plus durs, et une caisse claire 909 doublée sur 2 et 4 pour marteler avec le break. Des retrigs de caisse claire en doubles croches comme des rafales de mitraillette. Des passages en blast beat : kick et caisse claire en croches alternées. Des coupures brutales. Tout ce que le punk fait avec une batterie, fait avec des samples.

La basse

Il y a rarement une ligne de basse écrite : le bas vient du kick 909 distordu et de la guitare électrique samplée, jouée en power chords et passée dans un ampli saturé, qui remplit le bas médium. Quand il y a une basse, c'est une onde carrée ou une dent de scie très distordue, jouant une note tenue ou un riff punk de deux ou trois notes en croches, dans la même tonalité que la guitare, souvent en mi ou en la. Dans Operator : dent de scie, aucun filtre, Saturator à 20 dB, Overdrive derrière. Sidechain inutile : la propreté n'est pas le but. Coupe quand même sous 40 Hz sur tout pour que le limiteur ne sature pas sur du sub.

Les sons

Les cris punk : des voix hurlées, souvent slogans politiques en anglais ou en allemand, enregistrées avec un micro bon marché, distordues, avec un delay court. Des guitares électriques samplées en riffs de deux mesures, passées dans Amp et Cabinet, puis dans une distorsion supplémentaire. Des samples politiques : discours, journaux télévisés, manifestations, sirènes de police. Des sons de synthé sales, en dent de scie avec résonance, style hoover cassé. Des bruits blancs, des larsens, des sons d'Atari ST en 8 bits. Tout est distordu, sans exception : Alec Empire mettait de la distorsion sur le master. Aucun son ne doit être propre, c'est le manifeste.

L’arrangement

Les morceaux sont courts, 2 à 4 minutes, structurés comme des chansons punk : intro de 4 à 8 mesures avec un sample ou un riff, couplet de 8 à 16 mesures avec le break et la voix criée, refrain de 8 mesures avec le kick sur chaque temps, la guitare et le slogan répété, couplet, refrain, un break de 4 à 8 mesures avec un sample politique ou un larsen, dernier refrain, fin brutale, coupée net. Pas d'intro DJ, pas de montée de 8 mesures, pas de silence avant le drop : ce sont des codes de club, et le digital hardcore n'est pas du club. Ce qui rend la piste réussie, c'est le slogan : une phrase criée, mémorisable, répétée.

Le mix

Le mix digital hardcore refuse les règles du mix. Tout est saturé, y compris le bus master, avec un Saturator ou un Overdrive avant le limiteur. Le break et le kick se battent dans le bas médium et c'est voulu. Comme le note le livre d'Attack, la distorsion crée des fréquences nouvelles : ici on la laisse tout envahir, et on corrige seulement ce qui fait vraiment mal, un passe-haut à 40 Hz et une coupe étroite vers 3 kHz si les cris deviennent insupportables. Voix très en avant, compressée à ratio 10:1, distordue. Master : limiteur poussé, moins 6 LUFS, avec de la distorsion audible. Écoute Atari Teenage Riot : ça sature partout, et ça marche.

Les plugins et machines

Pour commencer

  1. Tempo 175 BPM. Charge un Amen ou un break funk dans Simpler, accélère-le sans conserver la hauteur, Saturator à 25 dB puis Redux à 8 bits.
  2. Kick 909 distordu sur 1 et 3, caisse claire 909 sur 2 et 4 doublant le break, rafales de caisse claire en doubles croches en fin de bloc.
  3. Riff de guitare électrique samplé ou joué, deux power chords en croches, Amp et Cabinet puis Overdrive.
  4. Enregistre une voix criée, un slogan de 4 à 8 mots, micro quelconque, compression forte et distorsion.
  5. Ajoute un sample politique (discours, journal) dans le break et un synthé sale en dent de scie résonante.
  6. Structure punk : intro 8, couplet 16, refrain 8, couplet 16, refrain 8, break 8, refrain, fin coupée net. Distorsion sur le master avant le limiteur.

À écouter en travaillant

Sources : Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitres Drum Processing 1 et 2, Hard Techno, Schranz) · connaissances générales · Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (Drum Processing 1 et 2)

La filiation

Vient de

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Digital Hardcore ?

Berlin, 1994 : Alec Empire fonde le label Digital Hardcore Recordings et soude breakbeats saturés, punk hurlé et politique radicale. Atari Teenage Riot en est le commando : riot sounds produce riot people. Plus proche de l'émeute que du club, le genre a légué sa rage au breakcore et son nom à une…

À quel tempo joue-t-on le Digital Hardcore ?

Entre 160 et 200 BPM. Le digital hardcore tourne entre 160 et 200 BPM, souvent 170-180 chez Atari Teenage Riot, mais le tempo compte moins que l'énergie : c'est du punk joué avec des machines. Ce qui le distingue de tout le reste de la famille, c'est la grille…

Quels sont les artistes clés du Digital Hardcore ?

Atari Teenage Riot, Alec Empire, EC8OR, Shizuo, Hanin Elias.

Avec quoi produit-on du Digital Hardcore ?

Atari ST, Akai S950, Guitare électrique, Roland TR-909, Ableton Amp, Ableton Saturator, Ableton Simpler.

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