Aggrotech
Industrial · 2002 · 130 à 145 BPM · aussi appelé Hellektro, Terror EBM, Harsh EBM
Le durcissement dancefloor du dark electro dans les années 2000 : voix hurlées vocodées, kicks club, mélodies trance mineures, imagerie apocalyptique. Hellfest gothique et clubs cybers en font leur carburant, Combichrist et Hocico les têtes d'affiche. Le style assume l'excès, c'est sa définition même.
11 morceaux de référence
- Grendel : Zombie Nation (2006)
- Hocico : Born to Be Hated (2002)
- Agonoize : Bis Das Blut Gefriert (2004)
- Suicide Commando : Bind Torture Kill (2006)
- Combichrist : This Shit Will Fuck You Up (2005)
- Aesthetic Perfection : Automaton (2019)
- KMFDM : Krank
- Hocico : Untold Blasphemies
- Combichrist : God Wrapped in Plastic
- Hocico : Fed Up
- Combichrist : Get Your Body Beat
Fiche technique
- Tempo : 130 à 145 BPM
- Apparition : vers 2002
- Machines : Vocodeur, Clavia Nord Lead, Native Instruments Massive, Steinberg Cubase
- Le son : Voix screamées distordues, Kicks club appuyés, Leads trance mineurs, Vocodeurs et bitcrush
- Labels : Out Of Line, NoiTekk, Alfa Matrix
- Artistes clés : Combichrist, Hocico, Suicide Commando, Grendel, Agonoize
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Entre 130 et 150 BPM, le plus souvent 140, droit, sans swing. Ce qui distingue l'aggrotech du dark electro dont il descend : le tempo monte de 10 à 15 BPM et tout est pensé pour le dancefloor, avec des kicks et des relances de club. Le feel est celui d'une trance dure : quatre temps massifs, roulements, drops. Dans ton DAW, pars à 140 BPM, quantification totale. Les seuls éléments hors grille sont les cris et les samples d'horreur, placés à la main. Le morceau doit donner envie de frapper le sol du pied dès la première mesure : pas d'intro atmosphérique longue, le kick arrive vite.
La rythmique
Kick de club appuyé, saturé mais pas détruit : un 909 ou un kick synthétique avec une enveloppe de pitch de 50 ms, passé dans un Saturator à 6 dB et un compresseur 4:1. Sur chaque temps. Caisse claire et clap superposés sur 2 et 4, avec une réverbération courte et une couche de bruit blanc. Charleys en doubles croches, vélocités 100 et 60, charley ouvert sur les contretemps. Roulements de kick en triples croches avant les drops, montée de caisse claire sur 4 mesures. Variation empruntée aux forums de la scène : sur certains passages, remplace le troisième kick de la mesure par un hit de synthé ou un silence, pour casser la monotonie. Percussions bitcrushées en contretemps.
La basse
Une basse distordue et roulante. Massive, cité dans le brief, ou Wavetable : dent de scie avec une table d'ondes agressive, filtre passe-bas à 600 Hz avec résonance, distorsion interne, en doubles croches sur les pas hors kick, ou en doubles croches continues avec l'accent EBM. Sidechain fort sur le kick, 8 dB, release de 100 ms : le pompage est audible et voulu. Les lignes suivent des accords mineurs, souvent avec la seconde mineure ou le triton pour l'agressivité. Une couche sub sinusoïdale tenue sur la fondamentale. Par rapport au dark electro, la basse est deux fois plus forte et deux fois plus sale : elle rivalise avec le kick au lieu de le soutenir.
Les sons
La voix est l'emblème : hurlée, puis passée dans une chaîne de distorsion (Overdrive à 20 dB), un pitch shift à l'octave inférieure mixé à 50 %, un Vocoder à 40 % et un délai. Le résultat est un grognement robotique. Une autre approche, décrite sur les forums de la scène : chanter sur une seule note, corriger le pitch à fond puis descendre d'une octave. Les leads sont des mélodies de trance mineures sur Massive, dent de scie en Unison, très brillantes. Bitcrush (Redux à 8 bits) sur les percussions et certains leads. Samples de films d'horreur et de sirènes. Nappes sombres mais courtes. Tout est excessif, c'est la définition du genre.
L’arrangement
Une chanson de club de 4 à 5 minutes. Intro courte de 8 à 16 mesures avec un sample d'horreur et le kick qui entre vite. Couplet hurlé sur la basse et les charleys. Pré-refrain : roulement, montée. Refrain : le lead de trance entre, la voix crie l'accroche, le kick est à fond. Deuxième couplet, refrain. Break de 8 à 16 mesures sans kick avec le lead filtré et un sample, puis un roulement de kick en triples croches et un drop où tout revient. Dernier refrain doublé. Outro courte. Le morceau doit être jouable en club gothique-industriel : les DJ y enchaînent des refrains, garde-les identifiables et forts.
Le mix
Fort, brillant, sale mais lisible. Le kick et la basse se partagent le grave par sidechain plutôt que par EQ : le kick tient 40 à 100 Hz, la basse pompe au-dessus. La voix distordue est risquée dans les aigus : de-esser, coupe à 10 kHz, et une compression 6:1 avant la distorsion pour garder chaque mot audible. Les leads s'étalent large, coupés sous 300 Hz. Percussions bitcrushées filtrées à 5 kHz pour ne pas agresser. Master : compression 2:1, puis un clipper doux, puis un limiteur. Vise moins 6 LUFS, le genre est un des plus forts de la famille. Vérifie que le refrain reste plus fort que le couplet malgré la limitation, avec un gain automatisé de 1 dB.
Les plugins et machines
- Native Instruments Massive (plugin) : Basse distordue en doubles croches, table d'ondes agressive, filtre à 600 Hz avec résonance, et leads de trance mineurs en Unison.
- Ableton Vocoder (plugin) : Mixé à 40 % après un Overdrive à 20 dB et un pitch shift à l'octave inférieure : le grognement robotique qui définit le genre.
- FabFilter Saturn 2 (plugin) : Distorsion multibande recommandée sur les forums pour les voix harsh : sature les médiums en gardant chaque mot audible sous 10 kHz.
- Sherman Filterbank 2 (materiel) : Filtre analogique agressif avec distorsion, cité par Vlaysin dans le livre et par les producteurs harsh EBM pour les voix et les basses.
- D16 PunchBOX (plugin) : Kick de club synthétique avec enveloppe de pitch de 50 ms et distorsion intégrée, à passer ensuite dans un Saturator à 6 dB.
- Steinberg Cubase (daw) : Le DAW de la scène Out of Line et NoiTekk, pour les roulements de kick en triples croches et les drops à 140 BPM.
- Clavia Nord Lead (machine) : Leads et nappes courtes de la scène, en dent de scie très brillante, hérités du dark electro dont le genre descend.
- Ableton Redux (plugin) : 8 bits sur les percussions et certains leads, filtrés ensuite à 5 kHz pour ne pas agresser : le bitcrush du brief.
Pour commencer
- À 140 BPM, programme un kick de club saturé à 6 dB sur chaque temps, caisse claire et clap sur 2 et 4, charleys en doubles croches, charley ouvert sur les contretemps.
- Crée une basse distordue sur Massive ou Wavetable en doubles croches, filtre à 600 Hz avec résonance, sidechain de 8 dB sur le kick.
- Enregistre une voix hurlée, puis Overdrive 20 dB, pitch shift à l'octave inférieure à 50 %, Vocoder à 40 %, délai.
- Écris un lead de trance mineur sur Massive en Unison pour le refrain, et bitcrushe quelques percussions en contretemps.
- Programme un roulement de kick en triples croches et une montée de caisse claire avant chaque drop.
- Arrange sur 4 minutes 30 : intro courte avec sample d'horreur, couplet, refrain, break de 16 mesures, drop, dernier refrain doublé.
À écouter en travaillant
- Combichrist : This Shit Will Fuck You Up (2005) : le kick de club, la voix grognée, le refrain conçu pour la piste.
- Hocico : Born to Be Hated (2002) : la basse sale, les samples d'horreur, l'excès assumé.
- Grendel : Zombie Nation (2006) : le lead de trance mineur sur une structure de chanson de club.
- Suicide Commando : Bind Torture Kill (2006) : la voix hurlée vocodée et la montée avant le drop.
Sources : connaissances générales · forums KVR Audio et Gearspace (fils sur les voix harsh EBM et aggrotech) · Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (Ask The Pros : Favourite bit of kit) · KVR Audio (fils Harsh EBM/aggrotech vocal effects et Vocal Effects Industrial/Harsh EBM) · Gearspace (fil What are you guys harsh EBM guys doing for vocals) · Loopmasters (Mechanized EBM, presets Massive)
La filiation
Vient de
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Aggrotech ?
Le durcissement dancefloor du dark electro dans les années 2000 : voix hurlées vocodées, kicks club, mélodies trance mineures, imagerie apocalyptique. Hellfest gothique et clubs cybers en font leur carburant, Combichrist et Hocico les têtes d'affiche. Le style assume l'excès, c'est sa définition…
À quel tempo joue-t-on le Aggrotech ?
Entre 130 et 145 BPM. Entre 130 et 150 BPM, le plus souvent 140, droit, sans swing. Ce qui distingue l'aggrotech du dark electro dont il descend : le tempo monte de 10 à 15 BPM et tout est pensé pour le dancefloor, avec des kicks et des relances de club. Le…
Quels sont les artistes clés du Aggrotech ?
Combichrist, Hocico, Suicide Commando, Grendel, Agonoize.
Avec quoi produit-on du Aggrotech ?
Vocodeur, Clavia Nord Lead, Native Instruments Massive, Steinberg Cubase, Ableton Vocoder, FabFilter Saturn 2, Sherman Filterbank 2, D16 PunchBOX, Ableton Redux.