Suomisaundi
Psy · 2003 · 140 à 150 BPM · aussi appelé Suomi, Finnish Psy
La psytrance freeform finlandaise, née à la fin des années 1990 autour de Texas Faggott : un refus joyeux de toutes les règles du genre. Mélodies tordues, samples absurdes, funk caché sous les kicks, production volontairement artisanale où l'on entend le studio et les blagues entre amis. Le nom veut littéralement dire « son finlandais » et la scène l'assume : c'est une musique locale, autoproduite, qui se moque gentiment du sérieux cosmique de la Goa. Culte partout, comprise nulle part, vivante encore aujourd'hui dans les forêts de Finlande.
7 morceaux de référence
- Texas Faggott : Impastil (2003)
- Haltya : Hero (2005)
- Haltya : Allways Ultra (2005)
- Luomuhappo : Rauhaa Veljet (2004)
- Texas Faggott : Harry Blotter (2005)
- Corkscrewed : Pelican Tekno (Antiscarp Warriors RMX) (2022)
- Killerbuzz & James Reipas : Sininen Maanantai (2025)
Fiche technique
- Tempo : 140 à 150 BPM
- Apparition : vers 2003
- Machines : Synthétiseur monophonique, Guitare électrique
- Le son : Synthés hardware dépareillés, Échantillonneurs pleins de samples farfelus, Guitares et basses jouées, Effets bon marché assumés, Production DIY
- Labels : Exogenic Records, Freakdance Records, Random Records, Antiscarp Records, 6-D Soundz
- Artistes clés : Texas Faggott, Squaremeat, Haltya, Luomuhappo, Eraser vs. Yöjalka, Salakavala
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Le suomisaundi tourne entre 140 et 150 BPM, mais c'est le seul sous-genre psy où le tempo n'est pas une règle : certains morceaux changent de tempo en cours de route, d'autres glissent une mesure en 7/8 ou un passage en demi-tempo. Le groove est aussi différent : il y a du funk caché là-dessous, donc un swing de 54 à 58 % sur les percussions et sur la basse est bienvenu. Ce qui change par rapport à toute la famille, c'est l'attitude : la structure est un jam, pas un plan. Compte en 8 mesures, mais laisse-toi des phrases de 6 ou 10 quand la blague le demande.
La rythmique
Le kick reste un kick psy, court et accordé, mais il cohabite avec des breaks de batterie samplés, des fills de caisse claire joués à la main, des cymbales de kit acoustique. Snare sur 2 et 4, mais parfois déplacé sur le « et » de 3 pour un temps. Les charleys jouent des doubles croches funk, avec des ouvertures sur les contretemps et des ghost notes. Ajoute des percussions absurdes : un sample de klaxon, une cuillère sur un verre, un rire coupé court. Les fills sont « tricky » : des roulements en triolets qui tombent une croche trop tôt, des Beat Repeat qui hachent une mesure entière. Le rythme doit surprendre au moins une fois par minute.
La basse
La basse suomi peut être une basse psy rolling, mais elle glisse souvent vers le funk : des lignes en croches et doubles croches avec des sauts de quinte et d'octave, des notes de passage chromatiques, des slides. Le brief mentionne un synthé monophonique : un SH-101, un Pro-One ou une émulation, dent de scie et carré mélangés, filtre passe-bas résonant à 300 Hz, portamento réglé pour les slides. Une basse électrique jouée et légèrement saturée peut la doubler ou la remplacer sur un passage. Fondamentale en E ou A, mais la basse suit des progressions d'accords, parfois majeures, ce que la psytrance ne fait jamais. Garde tout de même un sub sinus stable sous les folies.
Les sons
Le principe : des synthés hardware dépareillés, des samples farfelus, des effets bon marché. Prends ce que tu as : un Juno d'émulation pour des accords disco, un Operator pour des leads nasillards, une guitare électrique enregistrée dans une pédale de distorsion à 20 dollars. Les mélodies sont tordues : gammes majeures avec des notes fausses, mélodies de polka ou de jeu vidéo transposées, arpèges qui déraillent. Les samples viennent de dessins animés, d'émissions de télé finlandaise, de vieux disques : découpe-les et rejoue-les en pitch. Les effets sont assumés : un flanger de pédale, un delay numérique à la répétition qui dégrade, un vocodeur. L'auditeur doit entendre le studio et le sourire.
L’arrangement
Il n'y a pas de structure obligatoire, mais il y a un principe : le virage inattendu. Une intro de 16 mesures pose un motif psy normal, puis à la mesure 17 un sample absurde change tout. Alterne des passages de piste (kick, basse rolling, lead) et des passages de jam (guitare, basse funk, break de batterie samplé). Les breaks servent à raconter une blague : un sample de dialogue, un silence, un retour sur un sample de trompette. Prévois au moins un passage où le tempo ou la mesure change. Vise 7 à 9 minutes. Pour rester jouable, garde 32 mesures de psy droit au début et à la fin : la folie est au milieu.
Le mix
La production DIY n'est pas une excuse pour un mix sale, mais un choix esthétique : une saturation à bande sur le master, un peu de bruit de fond, des reverbs de plaque bon marché. Le kick et la basse restent propres et centrés, parce que le morceau doit quand même faire danser. Le reste peut être mixé « bizarre » : un lead uniquement à gauche, un sample soudain trop fort, une guitare compressée à mort. Compression parallèle sur les breaks de batterie samplés pour le funk. Évite le limiteur transparent moderne : un limiteur un peu coloré, réglé vers -9 LUFS, colle mieux au genre. Le test final : est-ce que ça sonne comme un groupe d'amis dans un sous-sol, mais avec un sub qui marche ?
Les plugins et machines
- Roland SH-101 (machine) : Le mono dépareillé du brief : dent de scie et carré mélangés, filtre résonant à 300 Hz, portamento pour les slides de basse funk.
- Sequential Pro-One (machine) : Autre mono d'occasion typique des studios finlandais ; leads nasillards et basses qui déraillent, joués à la main.
- Akai S3000XL (machine) : L'échantillonneur plein de samples farfelus : dessins animés, télé finlandaise, vieux disques, rejoués en pitch sur le clavier.
- Boss DS-1 Distortion (materiel) : La pédale bon marché assumée : guitare électrique ou synthé passé dedans, puis enregistré tel quel, bruit compris.
- Ableton Live (daw) : Beat Repeat pour hacher une mesure entière, Simpler pour les breaks samplés, Vocoder pour les voix absurdes ; le DIY moderne passe par là.
- TAL-U-NO-LX (plugin) : Émulation de Juno-60 pour les accords disco cachés sous les kicks, avec le chorus d'origine qui fait tout de suite vintage.
- Ableton Operator (plugin) : Leads nasillards et mélodies de jeu vidéo transposées : deux opérateurs, ratio entier, sans se soucier d'être joli.
Pour commencer
- Projet à 145 BPM. Pose un kick psy et une basse rolling classique sur E1, pour avoir une base qui danse.
- Charge un synthé mono (émulation SH-101), règle le portamento et écris une ligne de basse funk avec slides et sauts d'octave, swing à 56 %.
- Découpe trois samples absurdes (voix, dessin animé, vieux disque) et joue-les en pitch sur un sampler.
- Enregistre une guitare ou un synthé nasillard jouant une mélodie majeure avec une note fausse, dans une distorsion de pédale.
- Ajoute des breaks de batterie samplés, des fills en triolets décalés et un passage de 4 mesures en 7/8.
- Arrange en jam : 32 mesures de psy droit, virage absurde, passage funk, retour psy, blague en break, outro droite.
À écouter en travaillant
- Texas Faggott : Impastil (2003) : le funk sous le kick psy, les samples absurdes et le studio qu'on entend.
- Haltya : Hero (2005) : les mélodies tordues de jeu vidéo et les virages soudains d'arrangement.
- Luomuhappo : Rauhaa Veljet (2004) : la production artisanale assumée, avec des synthés dépareillés.
- Texas Faggott : Harry Blotter (2005) : la blague comme structure de morceau.
Sources : connaissances générales · suomisaundi.fi (traits de production : samples, effets, fills) · thesoundatlas.org, fiche Suomisaundi · suomisaundi.fi, fiche Texas Faggott · The Sound Atlas, fiche Suomisaundi · Wikipedia, article Suomisaundi
La filiation
Vient de
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Suomisaundi ?
La psytrance freeform finlandaise, née à la fin des années 1990 autour de Texas Faggott : un refus joyeux de toutes les règles du genre. Mélodies tordues, samples absurdes, funk caché sous les kicks, production volontairement artisanale où l'on entend le studio et les blagues entre amis. Le nom…
À quel tempo joue-t-on le Suomisaundi ?
Entre 140 et 150 BPM. Le suomisaundi tourne entre 140 et 150 BPM, mais c'est le seul sous-genre psy où le tempo n'est pas une règle : certains morceaux changent de tempo en cours de route, d'autres glissent une mesure en 7/8 ou un passage en demi-tempo. Le…
Quels sont les artistes clés du Suomisaundi ?
Texas Faggott, Squaremeat, Haltya, Luomuhappo, Eraser vs. Yöjalka, Salakavala.
Avec quoi produit-on du Suomisaundi ?
Synthétiseur monophonique, Guitare électrique, Roland SH-101, Sequential Pro-One, Akai S3000XL, Boss DS-1 Distortion, Ableton Live, TAL-U-NO-LX, Ableton Operator.