Deep Techno

Techno · 2008 · 125 à 135 BPM · aussi appelé Hypnotic Techno, Hypnotic, Deep Hypnotic Techno

Une techno de la répétition patiente, héritière du minimalisme et du dub, portée dans les années 2010 par la scène italienne autour de Donato Dozzy et Neel. Les variations sont infimes, les textures organiques, le temps s'étire jusqu'à la transe véritable. C'est la techno des afters et des clairières, celle qui se déplie sur des heures. Deep techno ou hypnotic techno, c'est le même courant sous deux noms : les labels disent « deep », les danseurs disent « hypnotique », et l'atlas compte un seul genre.

7 morceaux de référence

  1. Abdulla Rashim : Weldiya (2011)
  2. Rrose : Merchant of Salt (2011)
  3. Voices from the Lake : Iyo (2012)
  4. Voices From The Lake : Circe (2012)
  5. Mike Parker : 17 Steps (Donato Dozzy Remix) (2013)
  6. Donato Dozzy & Nuel : Aqua 1 (2008)
  7. Claudio PRC : Volumi Dinamici (2015)

Fiche technique

Produire ce style

Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.

Tempo et groove

De 124 à 132 BPM, souvent 127 ou 128. Groove très léger, un template à 10 % seulement, parce que le mouvement ne vient pas du swing mais des doubles croches qui tournent et des variations infimes. Le temps s'étire : pense en sections de 32 ou 64 mesures, pas de 8. Le feel est celui des afters et des clairières : tout pulse mais rien ne pousse. Une bassline en doubles croches et un click en doubles croches suffisent à donner la vitesse ; le kick peut être presque inaudible. À 128 BPM, une reverb de 1,9 s couvre exactement une mesure : cale tes espaces sur ces durées pour que les queues reviennent sur le temps.

La rythmique

Un kick fabriqué au bruit blanc : Simpler avec un sample de bruit, filtre SMP passe-bas fermé à 39 Hz (Ré#) avec résonance à 115 %, l'auto-oscillation crée la note. Un coup sur chaque temps, Drum Buss derrière. Un tom bas acoustique (Tom JupiterMop) en doubles croches avec des trous là où le kick frappe et sur les contretemps des temps 2 et 4 ; point de départ du sample reculé dans la queue pour un son aéré, attaque 10 ms, decay 30 ms. Un click organique en doubles croches continues avec Random (chance 10 %) et Velocity (random 15) pour des variations subtiles. Un wood block en cadence de trois coups toutes les deux noires, dans un écho. Un charley de synthèse sur les contretemps, decay à 1,5 %.

La basse

Une bassline sombre en doubles croches continues sur la tonique, filtrée à 200 Hz, avec les notes qui tombent sous le kick atténuées plutôt que supprimées. Ou un sub qui ondule : Operator, un seul oscillateur sinus en FM, un LFO synchronisé sur le beat qui module le filtre, deux notes de Sol bémol : une courte sur le temps 1, une longue sur les temps 3 et 4. Auto Pan en mode tremolo à 40 % pour un pompage doux qui dégage le kick. Drum Buss sur le bus avec Boom à 60 % calé sur Fa# (46 Hz) pour la chaleur. La basse ne bouge presque jamais ; elle peut changer d'une note tous les 64 mesures, et ce sera l'événement du morceau. Mono, sans reverb.

Les sons

Des séquences de modulaire longues : une mélodie de cinq pas contre une mesure de quatre temps, qui se recale toutes les cinq mesures, avec des gates manquants qui baissent la vélocité de certaines notes. Un drone tenu quatre mesures sur un rack type Stutter Pad, qui ajoute un mouvement rythmique dans l'aigu. Des field recordings de forêt ou d'eau, filtrés, en fond. Des percussions feutrées passées dans Echo à la croche pointée avec la reverb placée dans le feedback (8 %), filtrées entre 300 Hz et 4 kHz : l'effet grotte. Un Auto Filter à 6 kHz avec un LFO à 4 Hz sur le wood block. Octatrack ou Simpler pour boucler et resampler. Aucune stab, aucun hoover.

L’arrangement

Huit à douze minutes. Intro de 32 mesures de textures et click. Kick à 33, tom à 65, basse à 97. Ensuite les variations sont infimes : une automation de cutoff sur 64 mesures, un delay dont le feedback monte de 30 à 60 % sur 32 mesures, une note de basse qui change à la mesure 161. Pas de drop, pas de break franc ; tout au plus 16 mesures sans kick vers les deux tiers, où le tom et le click continuent. Les éléments sortent aussi lentement qu'ils sont entrés. Pour Dozzy et Neel, un morceau est une heure de set compressée en dix minutes : chaque changement doit passer inaperçu sur le moment et être évident après coup.

Le mix

Un mix profond et dynamique. Kick modeste, vers -12 dB, la basse à -10, les percussions entre -14 et -20. Une reverb de haute qualité ou une convolution sur un retour, qui ne touche que le médium et l'aigu (coupe-bas à 400 Hz), pour la distance : plus de reverb, plus de profondeur. Drum Buss avec Boom sur la tonique et un Glue doux à 2:1. Pas de saturation lourde. Le master vers -10 LUFS avec la dynamique préservée. Vérifie que le click et le tom en doubles croches ne saturent pas le médium : un creux léger à 800 Hz sur le tom aide. Les textures de fond restent sous -24 dB, presque inaudibles seules, indispensables ensemble.

Les plugins et machines

Pour commencer

  1. À 128 BPM, fabrique un kick au bruit blanc : Simpler, filtre SMP à 39 Hz, résonance 115 %, un coup par temps.
  2. Programme un tom acoustique en doubles croches avec des trous sous le kick, point de départ reculé dans la queue.
  3. Ajoute un click en doubles croches avec Random et Velocity pour les variations, puis Echo ping-pong.
  4. Pose une bassline sombre en doubles croches sur la tonique, filtrée à 200 Hz, mono.
  5. Crée un wood block en cadence de trois coups toutes les deux noires, dans Echo avec reverb dans le feedback.
  6. Arrange sur dix minutes avec des automations de 64 mesures, sans drop, groove à 10 %.

À écouter en travaillant

Sources : Attack Magazine, The Secrets of Techno Production · connaissances générales · XLR8R · DJ Mag · Equipboard

La filiation

Vient de

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Deep Techno ?

Une techno de la répétition patiente, héritière du minimalisme et du dub, portée dans les années 2010 par la scène italienne autour de Donato Dozzy et Neel. Les variations sont infimes, les textures organiques, le temps s'étire jusqu'à la transe véritable. C'est la techno des afters et des…

À quel tempo joue-t-on le Deep Techno ?

Entre 125 et 135 BPM. De 124 à 132 BPM, souvent 127 ou 128. Groove très léger, un template à 10 % seulement, parce que le mouvement ne vient pas du swing mais des doubles croches qui tournent et des variations infimes. Le temps s'étire : pense en sections de…

Quels sont les artistes clés du Deep Techno ?

Donato Dozzy, Neel, Voices From The Lake, Claudio PRC, Evigt Mörker.

Avec quoi produit-on du Deep Techno ?

Synthétiseur modulaire, Roland TR-909, Elektron Octatrack, Ableton Live, Système modulaire, Lexicon PCM 91, Roland Juno-60, Zoom H4n.

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