Rhythmic Noise

Industrial · 1994 · 120 à 150 BPM · aussi appelé Power Noise, Rhythmic Industrial

Le bruit mis au pas : distorsion massive organisée en rythmiques dansables, quatre temps écrasés, textures de ferraille. Esplendor Geométrico l'annonce dès les années 1980, la scène se structure dans les années 1990 autour d'Ant-Zen et Hands, avec le festival Maschinenfest pour cathédrale. C'est la piste de danse de l'industriel dur, physique et cathartique.

16 morceaux de référence

  1. P·A·L : Gelöbnis (1994)
  2. Imminent Starvation : Nord (1999)
  3. Imminent Starvation : Tentack One (1999)
  4. Converter : Denogginizer (2000)
  5. Converter : Coma (2001)
  6. Stahlschlag Feat. Ultra : Doomed (2022)
  7. Dulce Liquido : Dystopia (2024)
  8. Riotmiloo : Folie À Deux (2024)
  9. Dulce Liquido : Signs Of Decay (2025)
  10. Dulce Liquido : Get On Your Knees (2025)
  11. Dulce Liquido : Incubos
  12. Dulce Liquido : Humid Dreams
  13. Imminent Starvation : Arles
  14. Dulce Liquido : Dementia
  15. Imminent Starvation : Ire
  16. Dulce Liquido : Psicosis

Fiche technique

Produire ce style

Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.

Tempo et groove

Entre 120 et 150 BPM, quatre temps écrasés, droit, sans aucun swing. Certains morceaux tournent à 90 BPM avec un motif en double vitesse, ce qui revient au même feel. Ce qui distingue le rhythmic noise du power electronics dont il descend : la grille est revenue, et elle est implacable. Ce qui le distingue de la techno industrielle voisine : le kick n'est plus un kick, c'est un bloc de distorsion. Dans ton DAW, pars à 135 BPM, quantification totale, et pense à la manière des trackers Amiga de la scène : des motifs de 64 pas, répétés, avec des variations par mute et par retrigger plutôt que par nuance.

La rythmique

Le kick est un produit de distorsion. Prends un 909 ou un kick synthétique, puis empile trois ou quatre étages : Overdrive à 15 dB, Saturator en Hard Curve à 12 dB, Pedal en Fuzz, Redux à 6 bits. Le kick devient une onde carrée avec une queue qui bourdonne : c'est le son. Quatre temps, plus des kicks syncopés sur les doubles croches 2 à 4 de certains temps, comme le galop décrit dans le livre pour la techno processed. La caisse claire est une salve de bruit blanc distordu, 80 ms, sur 2 et 4. Les charleys sont des clics de bruit en doubles croches. Ajoute des boucles de métal (chaîne, tôle) samplées et bouclées en croches, saturées. Pas de nuances de vélocité : tout est à 127.

La basse

Il n'y a souvent pas de basse séparée : le kick distordu est la basse, sa queue saturée remplit 60 à 200 Hz. Si tu veux un sub, mets une sinusoïde tenue sur la fondamentale du kick (souvent Fa0 ou Mi0), très courte, uniquement sur les temps, et coupe le kick distordu sous 50 Hz pour qu'ils ne se battent pas. Une autre option : un bourdon de bruit filtré en passe-bande autour de 150 Hz, qui pompe en sidechain sur le kick avec un release de 150 ms. Le résultat est un grave qui n'a pas de note, seulement du poids. Pas de mélodie de basse : la moindre ligne mélodique ramènerait vers l'EBM.

Les sons

La distorsion sur toute la chaîne est l'instrument. Reaktor, cité dans le brief, sert pour les générateurs de bruit granulaire et les processeurs de boucles ; dans Ableton, Grain Delay avec un pitch aléatoire et Spectral Time font un travail proche. Les boucles de métal, les moteurs, les sirènes, les balayages de bruit blanc filtré remplacent les synthés. Si une mélodie apparaît, c'est un bruit passé dans un filtre résonant dont la fréquence est séquencée, ou un Vocoder avec le bruit en porteuse. Les trackers historiques ont laissé une habitude : sampler court, jouer les samples à différents pitchs, retriggers en triples croches. Vérifie le spectre après chaque repitch extrême, les aliasings au-dessus de 16 kHz sont fréquents.

L’arrangement

Comptes 6 à 8 minutes, mixable. Intro de 16 mesures sur une boucle de métal seule, puis le kick distordu entre d'un coup, sans montée. Chaque 16 mesures ajoute ou enlève un élément par mute. Les breaks retirent le kick et laissent les textures de bruit tourner 8 ou 16 mesures, souvent avec un balayage de filtre sur le bruit, puis le kick revient brutalement, parfois avec un retrigger en triples croches sur la dernière mesure. Pas de refrain, pas de mélodie qui structure : la forme est celle de la techno, mais la tension vient de la densité du bruit. Termine par le kick seul pendant 16 mesures, puis un arrêt sec.

Le mix

La difficulté est de garder du poids malgré l'écrêtage. Traite le kick en trois bandes, comme le livre le décrit pour la techno dure : garde le sub sous 70 Hz propre et non saturé, écrase les médiums, et ajoute une pointe d'air au-dessus de 7 kHz. Passe-haut à 150 Hz sur tout ce qui n'est pas le kick. Utilise un Saturator en Analog Clip comme limiteur sur le bus batterie, 2 à 3 dB de drive. Un limiteur final sur le master, mais avec seulement 2 dB de réduction : la saturation a déjà fait le travail. Chasse les pics résonants entre 1 et 5 kHz créés par les distorsions en série, avec un EQ étroit. Vise moins 6 LUFS. Vérifie en mono.

Les plugins et machines

Pour commencer

  1. À 135 BPM, prends un kick 909 et empile Overdrive 15 dB, Saturator Hard Curve 12 dB, Pedal Fuzz et Redux 6 bits, jusqu'à obtenir un bloc carré.
  2. Programme quatre temps plus des kicks sur les doubles croches 2 à 4 du troisième temps, tout à vélocité 127. Ajoute une salve de bruit blanc de 80 ms sur 2 et 4.
  3. Sample une chaîne ou une tôle, boucle-la en croches, sature-la, et ajoute des clics de bruit en doubles croches comme charleys.
  4. Traite le kick en trois bandes : sub propre sous 70 Hz, médiums écrasés, air au-dessus de 7 kHz.
  5. Arrange sur 7 minutes par mutes de 16 mesures, avec deux breaks sans kick où le bruit tourne, et des retours brutaux.
  6. Sature le bus batterie en Analog Clip, coupe les pics résonants entre 1 et 5 kHz, et vérifie le mix en mono.

À écouter en travaillant

Sources : Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitres Hard Techno et Processed Techno : kick multibande, distorsions en série, galop de kicks, aliasing après repitch) · Gearspace, fil Rhythmic Noise/Power Noise Techniques and Theory · connaissances générales · Attack Magazine, The Secrets of Techno Production (chapitres Hard Techno et Processed Techno) · Gearspace (fils Good Software/Hardware For Rhythmic/Power Noise et Rhythmic Noise/Power Noise Techniques and Theory) · Native Instruments Blog (ensembles Reaktor) · Discogs (Rhythmic Noise)

La filiation

Vient de

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Rhythmic Noise ?

Le bruit mis au pas : distorsion massive organisée en rythmiques dansables, quatre temps écrasés, textures de ferraille. Esplendor Geométrico l'annonce dès les années 1980, la scène se structure dans les années 1990 autour d'Ant-Zen et Hands, avec le festival Maschinenfest pour cathédrale. C'est…

À quel tempo joue-t-on le Rhythmic Noise ?

Entre 120 et 150 BPM. Entre 120 et 150 BPM, quatre temps écrasés, droit, sans aucun swing. Certains morceaux tournent à 90 BPM avec un motif en double vitesse, ce qui revient au même feel. Ce qui distingue le rhythmic noise du power electronics dont il descend…

Quels sont les artistes clés du Rhythmic Noise ?

Esplendor Geométrico, Winterkälte, Converter, Imminent, Orphx (frange).

Avec quoi produit-on du Rhythmic Noise ?

Trackers (Amiga), Ordinateur, Pédale de distorsion, Native Instruments Reaktor, Native Instruments Reaktor 6, ProTracker, D16 Devastor 2, Ohm Force Ohmicide, iZotope Trash, OTO Machines Biscuit.

Dans la même famille

Écouter Rhythmic Noise dans l’atlas · This page in English

SONAA

chargement de l’atlas