Raggacore
Hardcore · 1998 · 170 à 200 BPM · aussi appelé Ragga Core, Ragga Hardcore
Le breakcore qui choisit le dancehall : Amen et kicks durs sous des toasts ragga accélérés, culture sound system passée au broyeur, humour et vitesse. Aaron Spectre, Bong-Ra et FFF en tiennent la scène au milieu des années 2000, entre squats européens et netlabels. C'est la descendance illégitime et joyeuse de la ragga jungle.
9 morceaux de référence
- DJ Scud : Total Destruction (1998)
- Aaron Spectre : Look Out Fi Liar (2006)
- Bong-Ra : Suicide Speed Machine Girl (2005)
- FFF : 20000 Hardcore Members Can't Be Wrong (2008)
- Shitmat : Killababylonkutz (2004)
- Bong-Ra : 666 MPH
- Bong-Ra : Blood & Fire
- FFF : Babylon Bwoy
- Shitmat : rough babylon
Fiche technique
- Tempo : 170 à 200 BPM
- Apparition : vers 1998
- Machines : Akai S950, FL Studio, Platines vinyle
- Le son : Accapellas ragga accélérées, Amen saturé, Kicks gabber ponctuels, Sirènes dancehall
- Labels : Death$ucker Records, PRSPCT Recordings, Peace Off, Sublight, Supertracks Records
- Artistes clés : Aaron Spectre, Bong-Ra, FFF, DJ Scud, Shitmat (frange)
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
Le raggacore tourne entre 160 et 220 BPM, souvent 175-190, c'est-à-dire le tempo de la ragga jungle poussé un cran plus loin. Ce qui le distingue du happy hardcore et du gabber, c'est que la grille n'est pas un 4/4 régulier : c'est un breakbeat, l'Amen le plus souvent, découpé, avec des kicks gabber qui tombent où le producteur veut. Le feel alterne entre le skank du dancehall (accent sur le 3, syncopes) et les rafales de breakcore. Un swing léger sur les découpes d'Amen (le break en a un naturellement) et aucun sur les kicks gabber. Programme à 180 BPM, grille en doubles croches, avec des sections en demi-tempo pour le skank.
La rythmique
L'Amen break accéléré à 180 BPM et découpé : dans Simpler en mode Slice, ou en découpant manuellement chaque coup, tu réordonnes le break sur 2 mesures avec des coups de caisse claire déplacés, des retrigs de doubles croches, des inversions. Par-dessus, un kick gabber écrasé qui remplace le kick du break sur certains temps, souvent le 1 et le 3, ou en rafale de 4 sur un temps comme un coup de poing. La caisse claire de l'Amen est saturée et doublée d'une caisse claire ragga sèche. Des rimshots de dancehall sur les contretemps. Beat Repeat en 1/16 et 1/32 pour les glitchs. Les sections de skank passent en demi-tempo, caisse claire sur le 3, avec le break qui continue à moitié.
La basse
La basse vient du dancehall et de la jungle : un sub sinusoïdal ou un reese (deux dents de scie désaccordées passées dans un passe-bas à 300 Hz) qui joue une ligne courte et syncopée, en mineur, avec des notes qui tombent sur les contretemps et le « et » du 3. Souvent un motif de 2 mesures, tonique, septième mineure, tonique, quinte. Dans Operator : sinusoïde plus une octave en dent de scie, filtre à 300 Hz. Elle est saturée légèrement et parfois distordue pendant les passages breakcore. Sidechain depuis le kick gabber, ratio 8:1, release 40 ms, pour que le kick passe. Sur les passages en demi-tempo, la basse prend plus de place et joue des notes plus longues, comme dans un riddim.
Les sons
Les accapellas ragga et dancehall, accélérées à 180 BPM (Warp en mode Complex ou Texture dans Ableton) et souvent pitchées de 2 ou 3 demi-tons vers le haut : le toast devient une mitraillette. Découpées en phrases de 2 mesures, répétées, hachées avec Beat Repeat. Des sirènes de sound system, des cornes, des cris de « brrap ». Des sons de dub : delay en croches pointées avec feedback à 60 pour cent, spring reverb, filtre qui balaye. Des stabs de skank (accord mineur court en orgue ou en guitare samplée) sur les contretemps. Des samples de films de kung-fu et de dessins animés. Tout est saturé et un peu lo-fi, comme si le sound system était trop poussé.
L’arrangement
Les morceaux font 3 à 5 minutes et suivent la logique du riddim et du dub plutôt que celle de la rave : intro avec le sample vocal et une sirène, entrée de l'Amen et de la basse, sections de 8 ou 16 mesures qui alternent breakbeat plein, skank en demi-tempo et rafales de kick gabber. Les breaks sont des moments de dub : la batterie s'arrête, le delay et la reverb prennent le vocal, puis tout revient d'un coup. Pas de montée classique, pas de roll de caisse claire de 4 mesures : les transitions sont brusques, un coup de sirène et c'est reparti. Ce qui rend la piste jouable, c'est le sample vocal identifiable et le retour régulier de l'Amen plein.
Le mix
Le mix raggacore est volontairement sale mais le bas doit rester lisible : sub en mono, coupé au-dessus de 120 Hz, à moins 6 dB de crête. Le kick gabber par-dessus à moins 3 dB, passe-haut à 45 Hz. L'Amen passe-haut à 150 Hz pour laisser la place, avec une saturation à 10 dB et une compression forte (ratio 8:1, attaque 3 ms) pour qu'il claque. La voix ragga en avant, compressée, avec un passe-haut à 300 Hz et le delay en send. Un Redux à 12 bits sur le bus batterie pour le grain. Master : limiteur vers moins 7 LUFS, plus sale que la jungle mais pas autant que le gabber. Écoute Aaron Spectre pour le dosage.
Les plugins et machines
- Akai S950 (machine) : L'Amen et les acapellas ragga samplés à 12 bits puis accélérés de 20 %, ce qui donne le toast pitché et le break granuleux du genre.
- Platines vinyle Technics SL-1200 (materiel) : Source des acapellas dancehall et des sirènes de sound system : samplées à partir des maxis, pitch poussé à plus 8 avant l'enregistrement.
- FL Studio (daw) : Le DAW le plus courant chez les producteurs breakcore des années 2000 pour découper l'Amen au Slicer et le réassembler vite.
- Renoise (daw) : Le tracker moderne, très présent en breakcore : retrigger, découpe de samples par ligne, vitesse des éditions au-dessus de 180 BPM.
- Ableton Beat Repeat (plugin) : Sur la piste Amen : Grid en doubles croches, Chance 30 %, Pitch Decay pour les bégaiements et les chutes de hauteur typiques.
- Ableton Redux (plugin) : 12 bits et sous-échantillonnage sur les voix ragga et le break pour retrouver le grain de sampler d'époque.
- Ableton Simpler (plugin) : Découpe l'Amen en mode Slice et rejoue les tranches au clavier ; Operator ajoute les kicks gabber ponctuels en sinus distordu.
Pour commencer
- Tempo 180 BPM. Charge un Amen dans Simpler en mode Slice, réordonne-le sur 2 mesures avec des retrigs de doubles croches.
- Ajoute un kick gabber écrasé sur les temps 1 et 3, plus une rafale de 4 doubles croches à la fin de chaque bloc de 4 mesures.
- Basse reese ou sub dans Operator, motif syncopé de 2 mesures en mineur, sidechainée depuis le kick.
- Sample une accapella dancehall, accélère-la à 180 en mode Complex, découpe-la en phrases de 2 mesures, hache-la avec Beat Repeat.
- Ajoute une sirène de sound system, un stab de skank en contretemps, et un delay dub en send avec feedback à 60 pour cent.
- Arrange par sections de 8 à 16 mesures qui alternent break plein, skank en demi-tempo et rafales, avec des breaks de dub. Limiteur modéré.
À écouter en travaillant
- DJ Scud : Total Destruction (1998) : le breakcore qui prend le ragga, Amen saturé et vocal haché.
- Aaron Spectre : Look Out Fi Liar (2006) : le raggacore défini, toast accéléré, Amen découpé et kicks gabber ponctuels.
- Bong-Ra : Suicide Speed Machine Girl (2005) : la version la plus violente, rafales et distorsion sur tout.
- Shitmat : Killababylonkutz (2004) : l'humour et le dub, sirènes et delay sur un Amen déchiré.
Sources : Melodigging, fiche Raggacore (melodigging.com) · connaissances générales
La filiation
Vient de
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Raggacore ?
Le breakcore qui choisit le dancehall : Amen et kicks durs sous des toasts ragga accélérés, culture sound system passée au broyeur, humour et vitesse. Aaron Spectre, Bong-Ra et FFF en tiennent la scène au milieu des années 2000, entre squats européens et netlabels. C'est la descendance illégitime…
À quel tempo joue-t-on le Raggacore ?
Entre 170 et 200 BPM. Le raggacore tourne entre 160 et 220 BPM, souvent 175-190, c'est-à-dire le tempo de la ragga jungle poussé un cran plus loin. Ce qui le distingue du happy hardcore et du gabber, c'est que la grille n'est pas un 4/4 régulier : c'est un…
Quels sont les artistes clés du Raggacore ?
Aaron Spectre, Bong-Ra, FFF, DJ Scud, Shitmat (frange).
Avec quoi produit-on du Raggacore ?
Akai S950, FL Studio, Platines vinyle, Platines vinyle Technics SL-1200, Renoise, Ableton Beat Repeat, Ableton Redux, Ableton Simpler.