Krautrock

Roots · 1968 · 90 à 140 BPM · aussi appelé Kraut Rock, Kosmische Rock

L'Allemagne des années 1970 refuse le blues anglo-saxon et invente sa propre transe : le motorik, cette pulsation droite et obstinée de Neu! et Can, des studios communautaires, une électronique naissante. C'est l'école du groove répétitif européen, celle que la techno de Detroit citera comme une évidence.

17 morceaux de référence

  1. Ash Ra Tempel : Traummaschine (1971)
  2. Neu! : Hallogallo (1972)
  3. Can : Vitamin C (1972)
  4. Faust : It's a Rainy Day Sunshine Girl (1972)
  5. Harmonia : Watussi (1974)
  6. Cluster : Hollywood (1974)
  7. Föllakzoid : I (2019)
  8. Harvey Sutherland : Jouissance (2022)
  9. Squid : Swing (In A Dream) (2023)
  10. Les Big Byrd : Diamonds, Rhinestones and Hard Rain (2023)
  11. Can : Live In Keele 1977 (2024)
  12. Can : Moonshake
  13. Can : Future Days
  14. Can : Mushroom
  15. NEU! : ISI
  16. Can : Paperhouse
  17. Can : Bel Air

Fiche technique

Produire ce style

Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.

Tempo et groove

Le motorik tourne entre 120 et 140 BPM, droit, sans swing, mais joué par un batteur humain : Klaus Dinger chez Neu! ou Jaki Liebezeit chez Can. Ce qui fait la transe, c'est la constance sur dix minutes avec des micro-variations d'intensité, jamais de fill spectaculaire. En production, garde une grille stricte à 130 BPM et ajoute 4 à 8 ms de retard aléatoire sur les charleys avec Velocity et Note Length ou le Groove Pool à 20 pour cent seulement. Le feel doit rester en avant, presque pressé. Certains morceaux, comme Vitamin C, tirent plutôt vers un funk sec à 100 BPM avec une batterie qui reste sur le one. Choisis un des deux camps : motorik ou funk cassé, pas les deux.

La rythmique

Le pattern motorik est simple : kick sur 1, 2, 3 et 4 doublé d'un kick supplémentaire sur le et du 4, caisse claire sur 2 et 4, charley en croches continues. Toute la richesse vient de la constance du charley et des variations de vélocité. Pour le reproduire sans batteur, prends un kit acoustique échantillonné (Drum Rack, kit Session ou un kit 70s), joue le pattern au doigt sur un pad ou un clavier plutôt qu'à la souris, puis garde les imperfections. Ajoute une deuxième piste de charley ouvert qui entre par phrases de 8 mesures. Chez Can, le jeu est plus percussif et tribal : ajoute des congas et une caisse claire au rimshot. Pas de clap, pas de 808 : c'est une batterie dans une pièce, avec deux micros d'ambiance.

La basse

La basse krautrock est une basse électrique jouée en croches ou en noires sur une seule note, parfois deux, pendant des minutes. Elle est le pilier hypnotique : Hallogallo tient presque tout le morceau sur un seul accord. Pour la produire, utilise une basse échantillonnée (Electric Bass dans les packs Ableton, ou Trilian en mode Fingered) sur un Mi (E1) ou un Ré (D1), en croches à vélocité constante 90, avec une note qui monte à la quinte ou à la septième mineure toutes les 8 mesures. Ajoute un Amp en mode Bass, un léger Compressor ratio 4:1 attaque 10 ms, et une coupure passe-bas à 3 kHz pour le côté rond. La basse et le kick doivent se mélanger, pas se ducker : aucun sidechain.

Les sons

Le brief parle d'orgue, de Moog modulaire, d'EMS Synthi AKS, de bande et d'écho à bande. L'orgue est central : un Farfisa ou un Vox Continental tenu en accords ouverts, reproduit avec Electric ou avec un sample d'orgue combo passé dans un Chorus-Ensemble et un Amp. Le Synthi AKS donne les bruits électroniques qui glissent et sifflent : recrée-les avec Analog, un oscillateur, filtre en auto-oscillation, et une automation de coupure dessinée à la main. La guitare, souvent traitée par des délais à bande et du phasing, s'imite avec un sample de guitare tenue, Echo en mode tape à la noire pointée et un Phaser lent. Conny Plank est le producteur qui a défini le son : de la reverb à plaque et des échos courts sur tout, une couleur légèrement sale.

L’arrangement

Un morceau krautrock dure 6 à 12 minutes et évolue par accumulation, pas par sections marquées. Pose la batterie et la basse dès la première mesure et ne les enlève jamais, ou presque. Ajoute un élément toutes les 16 ou 32 mesures : l'orgue, puis la guitare, puis les bruits de synthé, puis une deuxième guitare. À mi-parcours, retire tout sauf batterie et basse pendant 8 mesures, puis fais tout revenir d'un coup. La fin est souvent un fondu ou un effondrement de bande ralentie. Pour la rendre jouable par un DJ, garde une intro de 16 mesures avec batterie seule et une fin identique. Les pièces de Faust, plus déstructurées, collent des fragments enregistrés séparément : tu peux l'imiter en coupant la piste en deux ambiances différentes reliées par un bruit.

Le mix

Le mix vise le son d'un groupe dans une pièce en 1972 : peu de graves profonds, un médium dense et une stéréo assez large. Passe le bus batterie dans Drum Buss avec un peu de Drive et le paramètre Boom à zéro, puis une compression de bus visible (Glue Compressor, ratio 4:1, attaque 10 ms, release Auto, 3 à 4 dB de réduction) pour pomper doucement. Une saturation de bande sur le master, Saturator en mode Analog Clip ou un plugin de bande, arrondit les transitoires. Coupe tout sous 40 Hz. La reverb est courte et partout : envoi commun vers une Reverb de 1,2 seconde en type Plate. Le niveau final reste modeste, autour de moins 12 LUFS, avec de la dynamique. Un léger bruit de fond de bande sur tout le mix est bienvenu.

Les plugins et machines

Pour commencer

  1. Règle Ableton à 130 BPM et joue le pattern motorik au pad sur un kit acoustique pendant 8 mesures, sans quantiser à 100 pour cent.
  2. Enregistre une basse sur une seule note en croches, avec un changement de note toutes les 8 mesures.
  3. Pose un orgue tenu sur deux accords et une guitare ou un sample de guitare dans un écho à bande.
  4. Crée un son de Synthi avec Analog : filtre résonant en auto-oscillation, coupure automatisée à la main.
  5. Étire le tout sur 8 minutes en ajoutant un élément toutes les 16 mesures et une coupure à mi-parcours.
  6. Mixe avec Glue Compressor sur la batterie, Saturator sur le master, une reverb plate commune.

À écouter en travaillant

Sources : connaissances générales · Tape Op (entrevue Michael Rother) · Gearspace · Reverb News

La filiation

Vient de

A donné

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Krautrock ?

L'Allemagne des années 1970 refuse le blues anglo-saxon et invente sa propre transe : le motorik, cette pulsation droite et obstinée de Neu! et Can, des studios communautaires, une électronique naissante. C'est l'école du groove répétitif européen, celle que la techno de Detroit citera comme une…

À quel tempo joue-t-on le Krautrock ?

Entre 90 et 140 BPM. Le motorik tourne entre 120 et 140 BPM, droit, sans swing, mais joué par un batteur humain : Klaus Dinger chez Neu! ou Jaki Liebezeit chez Can. Ce qui fait la transe, c'est la constance sur dix minutes avec des micro-variations…

Quels sont les artistes clés du Krautrock ?

Can, Neu!, Faust, Cluster, Harmonia.

Avec quoi produit-on du Krautrock ?

Orgue, Moog modulaire, EMS Synthi AKS, Magnétophone à bande, Écho à bande, Orgue Farfisa Compact / Professional, Revox A77, EMT 140 (réverbération à plaque), Ableton Analog, Ableton Session Drums (Drum Rack).

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