Synth-pop
Roots · 1979 · 105 à 135 BPM · aussi appelé Synthpop, Electropop, New Romantic
La pop réécrite entière au synthétiseur, Angleterre et Allemagne 1978-1984 : mélodies imparables sur machines apparentes, romantisme froid, format chanson conservé. Depeche Mode, Human League, Soft Cell : la génération qui a prouvé que les machines pouvaient faire pleurer. Racine mélodique de l'italo, de la freestyle, de la minimal wave et de tout ce que la dance music garde de chanté.
17 morceaux de référence
- Gary Numan : Cars (1979)
- Orchestral Manoeuvres in the Dark : Enola Gay (1980)
- The Human League : Don't You Want Me (1981)
- Depeche Mode : Just Cant Get Enough (1981)
- Soft Cell : Tainted Love (1981)
- Yazoo : Only You (1982)
- The Weeknd : Blinding Lights (2019)
- Dua Lipa : Physical (2020)
- Sam Smith (12) Feat. Kim Petras : Unholy (2022)
- Taylor Swift Featuring Post Malone : Fortnight (2024)
- Chappell Roan : Good Luck, Babe! (2024)
- The Weeknd : Less Than Zero
- The Weeknd : Best Friends
- Soft Cell : Forever The Same
- The Weeknd : Dancing in the Flames
- Soft Cell : Martin
- Soft Cell : Down In The Subway
Fiche technique
- Tempo : 105 à 135 BPM
- Apparition : vers 1979
- Machines : Roland Juno-60, Roland Juno-106, Yamaha DX7, Roland TR-808, LinnDrum, Fairlight CMI
- Le son : LinnDrum et TR-808, Séquenceurs MIDI précoces, Fairlight (frange riche)
- Labels : Mute, Some Bizzare, Virgin, ZTT, Italians Do It Better, XO
- Artistes clés : Depeche Mode, The Human League, Soft Cell, Yazoo, OMD, New Order (charnière)
Produire ce style
Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.
Tempo et groove
La synth-pop garde le format chanson : tempos de 100 à 135 BPM, avec un centre autour de 120. Don't You Want Me tourne vers 118, Just Can't Get Enough vers 126, Tainted Love vers 145. Le beat est quantifié à la machine (LinnDrum ou TR-808) mais la mélodie chantée porte l'expression : le tempo est donc au service de la voix, pas de la piste de danse. Une différence avec le proto-techno parent : la structure couplet-refrain impose des changements d'énergie toutes les 8 mesures, donc le feel varie à l'intérieur du même tempo. Un léger shuffle de 54 pour cent sur les charleys apparaît chez certains groupes, mais la norme reste droite. Programme d'abord le refrain : si le beat ne porte pas la mélodie du refrain, change de tempo.
La rythmique
Le brief cite la LinnDrum et la TR-808. La LinnDrum (1982) apporte des samples de vraie batterie à 8 bits : kick sec, caisse claire claquante, charley court. La 808 apporte le kick profond et les claps. Charge un kit LinnDrum ou 808 dans Drum Rack et programme : kick sur 1 et 3 (ou sur chaque temps pour les titres dance), caisse claire ou clap sur 2 et 4, charleys en croches, avec un charley ouvert sur le et du 4. Ajoute des toms électroniques en fill à la fin de chaque section de 8 mesures : c'est la signature de l'époque, un roulement de toms de LinnDrum descendant. Les percussions doivent rester propres et réverbérées avec une reverb gated : Reverb avec Gate activé, decay 1,5 seconde, gate qui coupe à 200 ms.
La basse
La basse est jouée au synthé, souvent en croches ou en doubles croches, et suit les accords de la chanson : elle change de note toutes les 2 ou 4 mesures. Le brief donne les Juno-60 et Juno-106 : un oscillateur dent de scie plus sub, filtre à 500 Hz, enveloppe rapide, un peu de chorus Juno pour la largeur. Dans Ableton, Analog ou un plugin Juno (TAL-U-NO-LX) fait l'affaire . La ligne typique : fondamentale en croches avec passage à l'octave sur le et du 4, ou une ligne de doubles croches à la Moroder pour les titres dance. Le DX7 apporte les basses FM claquantes, le preset Bass 1 avec son attaque de médiator : dans Operator, un ratio 1:1 avec un index de modulation en enveloppe très courte.
Les sons
Les machines : Juno-60, Juno-106, DX7, TR-808, LinnDrum, Fairlight. Le Juno donne les nappes chorusées et les accords en plaqué, la couleur chaude du genre : dent de scie, filtre à 3 kHz, Chorus II. Le DX7 donne les cloches, les pianos électriques et les basses FM des années 1983-1985, à recréer avec Operator en FM 2 opérateurs, ratio 1:3,5 pour les cloches. Le Fairlight apporte les samples orchestraux et vocaux courts, : Simpler avec un sample réduit en 8 bits via Redux, joué en accords. Les leads sont simples, une onde carrée ou une dent de scie mono avec vibrato. Effets d'époque : chorus sur tout, delay en croche pointée sur les leads, reverb gated sur la batterie. La voix est en avant, avec une reverb à plaque de 2 secondes.
L’arrangement
Format chanson strict, 3 minutes 30 à 4 minutes 30 : intro instrumentale de 8 mesures qui expose le riff de synthé, couplet de 16, pré-refrain de 8, refrain de 8 ou 16, second couplet, refrain, pont de 8 avec modulation ou nouvelle nappe, dernier refrain doublé, sortie sur le riff. Le riff instrumental est aussi important que la mélodie chantée : Just Can't Get Enough et Enola Gay sont identifiés par leur riff avant la voix. Les breaks de toms en fin de section annoncent chaque changement. Pour une version jouable en club, prépare un remix étendu à la manière des maxi 45 tours de 1982 : intro de 32 mesures de beat et basse, chanson, puis sortie de 32 mesures avec le riff répété.
Le mix
Le mix synth-pop est brillant, très stéréo sur les nappes chorusées, avec la voix au centre et devant. Le kick et la basse partagent le grave sans sidechain marqué, mais avec un EQ complémentaire : kick bosse à 60 Hz, basse bosse à 100 Hz. La reverb gated sur la caisse claire est l'effet signature de 1982 à 1985 : Reverb en mode Gate, ou Hybrid Reverb avec un Gate derrière. Les nappes reçoivent une reverb Hall de 3 secondes. Compresse la voix fermement (ratio 4:1, 6 dB de réduction) et ajoute un delay en croche à 15 pour cent. Sur le master, un Glue Compressor à 2 dB et une saturation de bande légère. Cible moins 11 LUFS pour une version moderne, mais conserve les transitoires de la LinnDrum, qui doivent rester claquants.
Les plugins et machines
- Roland Juno-60 (machine) : Les nappes chorusées et la basse en croches : dent de scie plus sub, filtre à 500 Hz, Chorus II ; TAL-U-NO-LX ou Roland Cloud Juno-60 aujourd'hui.
- LinnDrum (machine) : Les samples 8 bits de vraie batterie sur Don't You Want Me : kick sec, caisse claire claquante, roulements de toms descendants ; Linn From Mars dans Drum Rack.
- Roland TR-808 (machine) : Le kick profond et les claps des titres plus dance ; Roland Cloud TR-808 ou D16 Nepheton, kick sur chaque temps, clap sur 2 et 4.
- Yamaha DX7 (machine) : Les cloches, pianos électriques et la basse FM claquante de 1983 à 1985 (preset Bass 1) ; Dexed gratuit ou Arturia DX7 V.
- Fairlight CMI (machine) : Les samples orchestraux et vocaux courts joués en accords, le luxe de ZTT et d'OMD ; Simpler avec un sample réduit en 8 bits via Redux.
- TAL-U-No-LX (plugin) : L'émulation Juno la plus répandue et peu chère : oscillateur, sub, chorus I et II, pour la basse qui suit les accords et les nappes larges.
- Dexed (plugin) : Le DX7 libre et gratuit qui lit les banques SysEx d'origine : charge les presets d'usine pour les cloches et les basses FM d'époque.
- Ableton Operator (plugin) : La FM native pour les cloches (ratio 1:3,5) et la basse claquante (ratio 1:1, index en enveloppe très courte), sans plugin tiers.
Pour commencer
- Écris d'abord un riff de synthé de 2 mesures et une mélodie de refrain chantable, sur quatre accords.
- Programme un beat LinnDrum ou 808 à 120 BPM avec un roulement de toms à la fin de chaque 8 mesures.
- Pose une basse Juno en croches qui suit les accords, avec passage à l'octave sur le et du 4.
- Ajoute des nappes chorusées et une cloche DX7 en Operator pour les contre-mélodies.
- Enregistre la voix, compresse-la fort, et construis le format couplet-refrain-pont sur 4 minutes.
- Mixe avec reverb gated sur la caisse claire, chorus large sur les nappes, voix devant.
À écouter en travaillant
- The Human League : Don't You Want Me (1981) : la LinnDrum, la basse de synthé qui suit les accords, la structure pop parfaite.
- Depeche Mode : Just Can't Get Enough (1981) : le riff de synthé identifiable en une seconde, les nappes chorusées.
- Soft Cell : Tainted Love (1981) : deux notes de synthé comme gimmick, le minimalisme au service de la voix.
- Orchestral Manoeuvres in the Dark : Enola Gay (1980) : le beat de boîte à rythmes en avant et la mélodie qui ne lâche pas.
Sources : connaissances générales · MusicTech (émulations Juno) · KVR Audio · Reverb News (matériel de la synth-pop) · Vintage Synth Explorer
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Synth-pop ?
La pop réécrite entière au synthétiseur, Angleterre et Allemagne 1978-1984 : mélodies imparables sur machines apparentes, romantisme froid, format chanson conservé. Depeche Mode, Human League, Soft Cell : la génération qui a prouvé que les machines pouvaient faire pleurer. Racine mélodique de…
À quel tempo joue-t-on le Synth-pop ?
Entre 105 et 135 BPM. La synth-pop garde le format chanson : tempos de 100 à 135 BPM, avec un centre autour de 120. Don't You Want Me tourne vers 118, Just Can't Get Enough vers 126, Tainted Love vers 145. Le beat est quantifié à la machine (LinnDrum ou…
Quels sont les artistes clés du Synth-pop ?
Depeche Mode, The Human League, Soft Cell, Yazoo, OMD, New Order (charnière).
Avec quoi produit-on du Synth-pop ?
Roland Juno-60, Roland Juno-106, Yamaha DX7, Roland TR-808, LinnDrum, Fairlight CMI, TAL-U-No-LX, Dexed, Ableton Operator.