Reggae

Roots · 1968 · 60 à 90 BPM

Racine d'ancrage, pas une branche. Le reggae jamaïcain apporte le sound system, la basse comme fondation, la version instrumentale et la culture du remix avant le mot : le dub en sort directement, et avec lui la moitié des musiques de basse britanniques. SONAA ne développe pas cette lignée, son périmètre étant la musique électronique ; le reggae figure ici comme parent de ce qu'il a donné, du dub à l'UK funky.

11 morceaux de référence

  1. The Upsetters : Return of Django (1969)
  2. Toots & The Maytals : Pressure Drop (1969)
  3. Burning Spear : Marcus Garvey (1975)
  4. Junior Murvin : Police and Thieves (1976)
  5. Bob Marley & The Wailers : Could You Be Loved (1980)
  6. Desmond Dekker & The Aces : Israelites (1968)
  7. The Abyssinians : Satta Massagana (1969)
  8. Augustus Pablo : King Tubby Meets Rockers Uptown (1976)
  9. Culture : Two Sevens Clash (1977)
  10. Gregory Isaacs : Night Nurse (1982)
  11. The Congos : Fisherman (1977)

Fiche technique

Produire ce style

Un cours écrit pour SONAA, en français, à partir des sources citées : un point de départ, pas une recette.

Tempo et groove

Le reggae joue entre 60 et 90 BPM ressentis, souvent noté 120 à 180 en double croche par les producteurs électroniques. Israelites ou Pressure Drop, encore proches du rocksteady et du ska, filent à 120 en pulsation binaire ; Marcus Garvey et Police and Thieves ralentissent vers 70 à 75 ressentis. Le feel repose sur deux choses : le one drop, avec le poids sur le 3 et non sur le 1, et le skank, ces accords de guitare et d'orgue tapés sur les contretemps. Le swing est léger, 52 à 55 pour cent, et le groupe joue légèrement en avance sur les contretemps et en retard sur le 3. Dans Ableton, règle 72 BPM, grille en doubles croches, et décale les skanks de 8 ms vers la gauche.

La rythmique

Trois patterns de batterie à connaître, tous joués sur un kit acoustique sec avec caisse claire au rimshot (cercle) : le one drop, kick et rimshot ensemble sur le 3, rien sur le 1, charley en croches avec accents sur les contretemps ; le rockers, kick sur les quatre temps avec le rimshot sur le 3 ; le steppers, kick sur les quatre temps, plus lourd, qui donnera le dub steppers. Programme avec des vélocités variées (kick 100, rimshot 90, charleys 60 à 85) et ajoute des roulements de caisse claire courts avant les changements de section. Les percussions, bongos, cabasa, cloche, jouent en continu à bas volume. Le charley est sec et court. Pas de clap, pas de boîte à rythmes : la batterie de Sly Dunbar ou de Carlton Barrett est celle d'un musicien.

La basse

La basse est la fondation : une Fender jouée au doigt, sourde, grave, avec un riff de 2 mesures qui définit le riddim entier. Elle joue peu de notes : fondamentale, quinte, octave, parfois la tierce mineure, avec de longs silences et une note tenue sur le 3. Aston Familyman Barrett chez Marley ou Robbie Shakespeare en sont les références. Utilise une basse fingerstyle échantillonnée (Trilian, packs Ableton), coupe tout au-dessus de 1,2 kHz, boost à 80 Hz de 3 dB, et compresse à 5:1 avec 5 dB de réduction et un release de 250 ms pour un sustain égal. Écris le riff avant tout le reste : c'est lui qui donne son nom au riddim et que dix chansons différentes reprendront. Aucun sidechain, aucune saturation.

Les sons

Le brief donne le sound system, la console, la reverb à ressort, la chambre d'écho et la basse électrique. Le skank est le son harmonique : une guitare en accords courts sur les contretemps, coupée sec, doublée par un orgue (Hammond ou Farfisa) qui joue le bubble, un motif en doubles croches alterné main gauche main droite. Dans Ableton, Electric en mode orgue ou un sample d'orgue avec un Auto Filter, et une guitare échantillonnée ou jouée. Les cuivres jouent des lignes courtes en réponse à la voix. La reverb à ressort courte est posée sur la caisse claire et les cuivres, la chambre d'écho sur la voix pour un doublage. Le mélodica, le nyabinghi (tambours à main) et les chœurs en tierces complètent la palette. La voix est devant, chaleureuse, avec des chœurs en réponse.

L’arrangement

Un morceau reggae est une chanson sur un riddim : intro de 4 mesures souvent jouée par les cuivres ou l'orgue, couplet de 8 ou 16, refrain de 8 avec chœurs, second couplet, refrain, pont ou solo de cuivres, refrain, sortie sur le riddim avec la face B instrumentale en tête. La version instrumentale, la version, est produite en même temps que la chanson : garde tes stems pour la faire. Durée 3 à 4 minutes. Le riddim ne change pas d'accords pendant tout le morceau, ou n'en a que deux : la variation vient de la mélodie chantée, des cuivres, et des entrées et sorties d'instruments. Les roulements de caisse claire annoncent chaque section. Pour un producteur électronique, le riddim de 2 mesures est le module de base sur lequel tout se construit.

Le mix

Le mix reggae est fait pour le sound system : basse et kick au centre, énormes, secs, le reste plus léger et un peu plus haut dans le spectre. Coupe sous 35 Hz, boost la basse à 80 Hz, garde-la mono. Le kick est sourd, feutré, avec peu d'attaque : passe-bas à 4 kHz sur le kick. La caisse claire au rimshot reçoit la reverb à ressort (courte, 0,6 seconde). Le skank de guitare et l'orgue sont panoramiqués de chaque côté, avec un passe-haut à 300 Hz. La voix reçoit un doublage par écho court (80 ms) et une compression 4:1. Le master reste dynamique, moins 14 LUFS, avec un Glue à 2 dB : sur un sound system, c'est l'ampli qui fait le volume, pas le limiteur. Vérifie sur un caisson que la basse est ronde et non boueuse.

Les plugins et machines

Pour commencer

  1. Écris d'abord un riff de basse de 2 mesures sur deux accords, fingerstyle, avec des silences et une note tenue sur le 3, à 72 BPM.
  2. Programme un one drop sur kit acoustique avec rimshot, charleys accentués sur les contretemps, vélocités variées.
  3. Ajoute un skank de guitare et un bubble d'orgue sur les contretemps, décalés de 8 ms en avance.
  4. Pose des cuivres en phrases courtes en réponse et une reverb à ressort sur la caisse claire.
  5. Structure la chanson sur 3 minutes 30, puis exporte une version instrumentale à partir des mêmes stems.
  6. Mixe pour le sound system : basse mono à 80 Hz, kick feutré, master dynamique à moins 14 LUFS.

À écouter en travaillant

Sources : connaissances générales · Guitar World (entrevue Aston Familyman Barrett) · KVR Audio (forum VST reggae et dub) · SoundFingers · Integraudio

La filiation

Vient de

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Reggae ?

Racine d'ancrage, pas une branche. Le reggae jamaïcain apporte le sound system, la basse comme fondation, la version instrumentale et la culture du remix avant le mot : le dub en sort directement, et avec lui la moitié des musiques de basse britanniques. SONAA ne développe pas cette lignée, son…

À quel tempo joue-t-on le Reggae ?

Entre 60 et 90 BPM. Le reggae joue entre 60 et 90 BPM ressentis, souvent noté 120 à 180 en double croche par les producteurs électroniques. Israelites ou Pressure Drop, encore proches du rocksteady et du ska, filent à 120 en pulsation binaire ; Marcus Garvey…

Quels sont les artistes clés du Reggae ?

Bob Marley, Toots & The Maytals, Lee « Scratch » Perry, King Tubby, Junior Murvin, Burning Spear.

Avec quoi produit-on du Reggae ?

Sound system, Console de mixage, Réverbération à ressort, Chambre d'écho, Basse électrique, Fender Jazz Bass et Ampeg SVT, Hammond B-3, Grampian Type 636 (réverbération à ressort), Roland RE-201 Space Echo, Spectrasonics Trilian.

Dans la même famille

Écouter Reggae dans l’atlas · This page in English

SONAA

chargement de l’atlas